
Exclus, rejetés, solitaires ... si vous ne trouvez pas votre place, essayer ici ... vous n'avez rien à perdre. |
| | | Auteur | Message |
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Brendan Mc Orsen Lofteur ( 23 ans )

Inscrit le : 11 Jan 2007 Messages : 37
| Sujet: Un jour, l'eau... Sam 23 Fév - 0:59 | |
| Une santé de fer !
Oui, c'était bien l'état actuel de Brendan Mc Orsen aujourd'hui, il était en pleine forme. Certes, il sortait d'un long, pénible et douloureux rhume qui l'avait cloué au lit à contrecoeur pendant 3 à 4 jours, le forçant à cesser de travailler et à succomber aux dires de ses collègues sur son incapacité à travailler dans un environnement étranger au sien. Oui, il n'était pas un japonais pure souche... Dossiers rendus quand même un jour avant de rester alité, Brendan avait reçu quelques compliments d'un patron forcé d'avouer qu'il avait quand même du mérite et du courage de venir dans son état. Mais Brendan s'en fichait de sa pitié, il voulait des appréciations, un travail bien fait, une augmentation si tel était le souhait de son supérieur et un regard différent mais il en était bien loin... Et pourtant, il se portait bien !
Un petit tour sur la météo ? Oui ? Eh bien, elle semblait sur sa lignée, soit aussi en forme que lui : un superbe soleil accompagné de nuages perdus en cours de route, un très (trop ?) léger vent qui aurait donné envie de sortir à n'importe qui ! Et donc, Brendan se trouvait dehors aujourd'hui, en ce Dimanche déjà bien avancé dans l'après-midi, bien décidé à piquer quelques têtes dans une piscine extérieure tout à fait à son goût. Malgré le temps clément, il n'y avait pas grand monde à se joindre à sa motivation, juste quelques solitaires assez civilisés pour sortir d'un loft intérieur sûrement trop avantageux. Une serviette sous le bras, des vêtements restés dans sa chambre, Brendan ne portait déjà plus que son caleçon blanc sur lui. Motivation !
Déposant son unique serviette à quelques mètres de l'eau turquoise, Brendan ne s'y reposa pas quelques secondes et se dirigea aussitôt vers l'eau, curieux d'en savoir la température. Elle ne devait pas être super chaude mais vu le temps, elle devait tout de même être agréable. S'accroupissant au bord, saluant les quelques personnes présentes, Brendan y plongea une main sincère, appréciant la fraîcheur qui s'empara de lui à l'instant. Fermant les yeux, il pataugea comme un gamin en s'installant en tailleur sans rien mettre d'autre dans l'eau que 2 jambes peu musclées. Les bras posés derrière son dos, le visage levé vers ce ciel trop bleu, il pensa...
Que devenait-il ? Était-il seul ? Faisait-il toujours la même chose ? Lui pardonnait-il son acte égoïste ?
Devan n'était pas le principal centre des pensées de Brendan en général mais depuis peu, il devait bien avouer qu'il y pensait tout de même souvent. Ce revirement n'était dû qu'à ce sentiment de solitude qui le prenait quand il regardait les différents lofteurs ici. Ils n'étaient pas tous malheureux, encore heureux, mais ils avaient pratiquement tous cet air décalé, cet air autre qui les rendaient justement aussi différent que lui. Il aurait pu tenter une quelconque approche pour se familiariser avec certains, créer des liens qui l'aideraient à surmonter son retard frontalier mais Brendan n'aimait pas spécialement compter sur les autres. Certes, il donnait l'impression d'un gars naïf, limite ange et généreux (ce qu'il était finalement) mais derrière tout ça, il restait un homme en pleine croissance, un homme dont le caractère l'avait mené jusqu'ici. Il ne pouvait pas faire marche arrière. S'il repensait à Devan aujourd'hui, ce n'était pas pour rien... C'était sous un tel beau jour, en plein milieu du mois comme ici qu'ils s'étaient rencontrés. Pas près d'une piscine, mais dans une école, pas en souriant mais en paniquant et ça restait un jour gravé. Là, Brendan n'était que nostalgie...
Rouvrant les yeux quand une vague un peu plus forte vint lui mouiller les jambes un peu plus haut, il remarqua qu'un des lofteurs venait de faire un plongeon mouvementé. Retrouvant une activité comme sa santé passée, il se redressa et se dirigea à son tour vers l'un des plongeoirs à disposition. Quelques regards croisèrent le sien, se questionnant sûrement s'il allait sauter ou pas, vers quel endroit, s'ils devaient se pousser ou pas. Brendan fit simplement un vague signe de la main, il n'avait pas l'intention de tenter un record, juste de se faire plaisir à lui-même. Arrivé au bout du plongeoir, il se pencha un peu en avant pour voir s'il n'y avait vraiment aucun danger et une fois toute sécurité assurée, il se laissa aller, pliant légèrement les genoux, élevant les bras au-dessus de sa tête et se servant des ressorts du plongeoir pour avoir l'impression de voler quelques secondes avant de se fondre dans l'eau transparente de la piscine. Les yeux ouvertes sous l'eau, il ne remonta pas de suite à la surface, profitant de cet instant de solitude volontaire, d'un autre monde pour faire quelques brasses à sa façon. Nager ? Brendan ? Il n'était pas le pire mais ce n'était pas non plus le meilleur... Une basse moyenne, dirons-nous !
Ressortant enfin de l'eau au bout de courtes secondes, il s'accrocha au bord de sa main gauche, enlevant les mèches gênantes de son visage et se secouant la tête pour faire disparaître les gouttes les plus tenaces, il se mit dos au bord et resta là, silencieux, à admirer ce qu'il se passait sous ses yeux, battant dans un rythme coordonné des jambes pour ne pas couler.
(privé) _________________
C'est sûrement l'Amour qui me fait courir sous la pluie et me glisser dans ton ombre à la faveur de la nuit. |
|  | | Eden Indentshi Tougen'kyou ( 29 ans )

Inscrit le : 26 Mar 2006 Messages : 384 Localisation : Dans le pire de vos cauchemars
| Sujet: Re: Un jour, l'eau... Dim 24 Fév - 23:06 | |
| Tout était donc parfait dans le meilleur des mondes, alors ? Eden Indentshi, le scientifique tordu, n’en aurait pas douté, aujourd’hui, en voyant le ciel bleu et le temps magnifique. Décidemment, il faisait de plus en plus beau ! Les nuits étaient moins fraîches et les petits culs moins couverts. Un temps idéal pour toutes sortes d’activités : rester enfermé dans sa chambre et travailler. C’était le programme longuet de la journée de l’homme brun qui consistait à rester à la même place, et à ne surtout pas sortir : trop de personne dehors, trop de jeunes sur qui sauter, il avait peur d’en mettre encore un dans son lit ! Il avait déjà dépassé son quota autorisé dans le loft cette semaine. Après ça, Munoto allait le tuer : trop de plaintes à son sujet la même semaine, c’était ennuyant. Munoto en avait déjà reçu trois hier : il a couché avec moi et il m’a largué, il s’est amusé avec moi et il n’a pas couché et je suis sûr qu’il m’a drogué ! Mais bien sûr ! Autant dire qu’il n’avait pas prévu d’aller à la piscine, ni ailleurs. Ce matin, il s’était levé de bonne heure. Il avait prit une douche froide, et il s’était peu habillé, avant de revenir dans sa chambre où il avait bloqué la porte d’entrée avec la clé et les verrous qu’il avait fait installé ! Il voulait être tranquille et cela signifiait : que les colocataires allaient devoir faire un tour ailleurs le temps qu’il travaillerait. Indentshi était de bonne humeur, évidemment. Ses mains sur son clavier sombre, le café noir fumant à coté de lui, il écrivait rapidement d’un air obscur, ses cheveux ébène lui tombant sur sa peau halée. Presque noire.
Aujourd’hui c’était facile, il n’avait qu’à recopier bêtement ses notes. Ce travail n’était pas fastidieux car Eden aimait sentir qu’il arrivait bientôt à la fin du but qu’il s’était fixé en décidant de faire ce projet sur la recherche de Cd+ dans le corsus de l’AE. Au final, c’était comme-ci mot après mot, il trouvait que toutes les solutions qu’il avait mit autant de temps à découvrir n’étaient que des évidences.
Et dans cette atmosphère tranquille, Eden entendit brutalement un petit bruit étrange ; très audible pourtant, qui sortit de sa machine infernale dans laquelle il tapait. Un bruit qu’il connaissait bien et qui se confirma par note apparaissant sur son écran : vous avez un nouveau message !
Le scientifique écrasa sa cigarette et ouvrit la fenêtre de conversation à fond violet qui clignotait en rouge vif. Au départ, cela ne servait qu’à correspondre avec certains employés et partenaires, et puis petit à petit, des amis s’étaient rajoutés. Seulement, il y a avait un fantôme. Une personne qu’Eden ne connaissait pas, et qui refusait de donner son nom. L’autre ne savait pas non plus qui était Eden : il s’était trouvé car ils étaient connectés au même endroit : le loft.
Et depuis ils parlaient ensemble. Coïncidence du réseau Internet, l’homme inconnu était carrément dans le loft des homosexuels. Autant dire qu’Eden s’amusait énormément à essayer de deviner qui s’était : et sans tricher. Il n’avait même pas essayé de prendre l’IP de l’autre. Ce ne serait pas drôle sinon.
Phantom: Hello! Eternel: Idem. Phantom: Et comment va le petit ? Eternel: 1m89. Je vais très bien, exactement comme toi ? Phantom: Huhu ! Nouvel indice. Phantom: Ouaip ! Je vais bien ! Eternel: T’es con. Pourquoi es-tu sur un ordinateur avec un tel temps ? Phantom: Toi d’abord. Eternel: Je travaille. Phantom: Encore ! Je devrais chercher en permanence à la bibliothèque. Eternel: Peut-être. Alors ? Phantom: Je suis à la piscine Eternel : Pourquoi t’es là ? Phantom: j’ai pas pu résister en te voyant connecter ! Eternel: Nu ? Eternel: Tu ne devrais pas venir rien que pour moi. C’est idiot, puisque je serais toujours là. Aimes-tu l’eau ? Phantom: Maillot de bain. Oui, j’aime l’eau sur ma peau. J’aime nager des heures. Eternel: Je connais ce sentiment, une liberté infinie, n’est-ce pas ? Eternel: Du loft ? Phantom: Bien sûr ! Monsieur je suis au travail tout le temps. Phantom: Tu y viendras quand y rentrera ? Eternel: J’ai dit que je travaillais, pas que j’étais au travail. Phantom: Viens. Et trouves-moi ! Eternel : C’est à toi de me trouver.
Sans remarquer qu’Eden ne se prenait pas pour rien en se nommant Eternel qui était une des nombreuses significations de son prénom, il fallait aussi remarquer qu’il était peut-être plus loquace par écrit que par parole. Il ne s’en rendait pas compte, c’était simplement plus facile d’échanger ainsi avec quelqu’un dont il ignorait tout. Il savait juste qu’il vivait au loft, qu’il aimait la piscine, et qu’il ne fumait pas. C’était stupide comme relation, mais c’était la meilleure qu’il avait car il n’y avait jamais aucune dispute. C’était impossible pour le moment, heureusement.
Le scientifique continua de consigner ses travaux calmement, de temps à autre son partenaire d’écriture disparaissait pour revenir un quart d’heure plus tard, lui écrire ce qu’il faisait.
Brutalement, l’homme se leva sans terminer sa phrase, ni prévenir con correspondant, et il partit rapidement dans le couloir, laissant la porte de la chambre grande ouverte.
C’était une bonne idée d’aller à la piscine finalement. Il y avait quelques personnes sorties, beaucoup était encore habillées, au niveau de la terrasse, attablées sur un ordinateur. Dans l’eau, il n’y avait vraiment que peu de monde. Eden en avait que faire, il alla s’asseoir paisiblement sur une serviette et il se mit à continuer de taper ses recherches. Il était un peu fatigué, mais moins qu’avant. Il pensait, parfois à Brendan, peu. Car ça ne servait à rien. Le garçon vivait dans le loft, certes, mais c’était un endroit très grand. Il y avait peu de chances qu’ils se croissent, et que se diraient-ils ?
Il était habillé de son jean, mais il avait un caleçon noir sous lui. Au cas où l’envie d’aller faire une tête le prendrait. Il avait prit une serviette, qu’il posa à coté de lui, et une bouteille d’eau, ne pouvait pas faire l’aller et retour à la machine à café installée près de son lit.
Devan … Bredan … Vraiment. Deux noms parfaitement assemblés non ?
Eden ne l’avait pas vu. Il n’avait pas remarqué ce jeune homme si étrange, et s’il retourna vers lui à un moment, ce n’est qu’en entendant quelqu’un s’exclamer : « ho, il va sauter. » Ironiquement Eden pensa : il va sauter qui, mais, il ne vit rien. Il entendit simplement le bruit caractéristique d’un homme arrivant dans l’eau après un saut. Il le chercha un temps du regard, sans le voir, et finalement le scientifique perdit cette idée.
Torse nu en plein soleil, il remarqua qu’il n’avait pas froid. Malgré le vent qui glissait en caresses sur sa peau. Eden referma son ordinateur, qu’il rangea dans sa petite valise, puis il s’assit bien en face du soleil. Il du fermer les yeux devant l’éclat de l’astre. Il était amusé par ses différentes rencontres de ses derniers jours, mais il n’était pas heureux. Il se sentait seul. Vraiment, étrangement seul. Cela faisait maintenant cinq ans qu’il avait fait sa rupture avec Jaak, et exactement dix ans qu’il s’était marié avec Kanmi. Sur le point sexuel, ça allait toujours, mais … C’était si vide. Jamais il ne pourrait retrouver un amour aussi grand que les autres n’est-ce pas ? Il était trop vieux maintenant. C’était trop tard.
L’idée stupide, revenue souvent ces derniers temps, revint à lui. Il devrait peut-être se marier à une femme et avoir des enfants à lui. C’était peut-être idiot, mais, pour tout le monde il était l’hétérosexuel parfait : un partit prisé ! Quand penserait donc les autres, finalement ?
C’était peut-être le mieux. Trouver une femme conciliante, qui accepterait qu’il couche ailleurs, et qui ne serrait intéressé que par l’argent. La seule chose qui le bloquait vraiment dans cette entreprise c’était les enfants :
Les enfants nés dans un tel couple peuvent-ils être heureux ?
Oui, Eden y songeait sérieusement. Il allait bientôt se pencher plus ouvertement sur la question : mourir seul le tentait de moins en moins, et puisqu’il était trop vieux pour aimer un homme, il était peut-être encore assez jeunes pour avoir un enfant à élever. _________________
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Un jour, ... peut-être. Ou pas. |
|  | | Brendan Mc Orsen Lofteur ( 23 ans )

Inscrit le : 11 Jan 2007 Messages : 37
| Sujet: Re: Un jour, l'eau... Sam 15 Mar - 23:38 | |
| L'ambiance qui régnait au sein de cett piscine était bien plus que plaisant. Brendan s'y plaisait beaucoup sous ce soleil de plomb et regrettait sincèrement de ne pas y être venu plus tôt. Bien sûr, il savait très bien qu'il ne pouvait pas se le permettre à toute heure de la journée, que son travail l'accaparait encore plus qu'avant depuis sa maladie mais lorsqu'enfin il rentrait au loft pour une journée qu'il avait décidé comme une journée de repos, il n'avait guère envie de rester à dormir ou à farnienter dans son lit. Il n'était pas hyperactif comme personnage mais il aimait se dire qu'il avait quand même fait quelque chose de sa journée et rien que de se dire qu'il avait trouvé le courage d'aller à la piscine, au milieu d'inconnus, c'était un grand pas dans son avancée personnelle. Les pensées de Brendan étaient bien différentes de l'image qu'il donnait, il le savait parfaitement mais ses problèmes n'intéressaient personne alors pourquoi en parlerait-il ? Et à qui ? Tyler ? Ce vaurien de frangin n'était pas encore venu le voir une seule fois depuis qu'ils étaient arrivés et ça faisait bien des mois. Brendan avait cherché à le voir, le trouver, rien que pour savoir comment il allait mais les messages qu'il laissait à la porte de sa chambre étaient introuvables au retour. Il n'avait pas cherché à insister, le propriétaire connaissait très bien leur relation et s'il lui était arrivé quelque chose, il l'aurait mis au courant.
Battant toujours des jambes dans l'eau pour échapper à une noyade, Brendan sentit un début de fatigue musculaire le prendre et sortit de l'eau aussitôt, préférant retourner auprès de ses affaires et profiter de ce soleil sûrement revigorant. Il y avait pas mal de monde dehors par ce beau temps, aussi Brendan ne prêta pas attention à chaque visage et se baissa en avant pour récupérer sa serviette et se sécher le visage. L'étalant sur le sol, il s'y assit et replia les jambes vers son torse, les entourant de ses bras avant de regarder, enfin les alentours. Une compagnie lui aurait tout de même fait du bien, il ne pouvait pas le nier ...
"Ah !"
Ouvrant de grands yeux, Brendan ne mit pas deux secondes à reconnaître Monsieur Eden cette fois-ci ! Incroyable qu'il soit là ! Ce n'était pourtant pas du tout le genre ... Avait-il un rendez-vous ici même ? Ou venait-il seulement bronzer comme la plupart ? Il était torse-nu, une première de ce côté-là aussi.
Se relevant sans chercher plus longtemps, Brendan se dirigea vers lui d'un pas décidé, s'excusant auprès des personnes qu'il devait parfois pousser pour ne pas retomber dans l'eau. Bien sûr, il aurait pu se demander s'il avait le droit ou non de le déranger mais il avait une chose à lui dire, alors il n'avait pas de gène à avoir, c'était une visite avec un but et pas juste pour dire "je ne suis pas seul" même si cette idée n'était pas forcément fausse non plus.
Arrivé à sa hauteur, il se mit en sorte de ne pas lui cacher le soleil et se pencha un peu en avant, les mains derrière le dos et le sourire aux lèvres en disant :
"Bonjour Monsieur Eden ! Vous venez bronzer ?"
Sa question, comme d'habitude, n'aurait sûrement pas de réponse. Après tout, elle était assez logique dans son genre, il était torse-nu alors il cherchait sûrement le bronzage. Certes, il pouvait juste avoir chaud mais il y aurait bronzage quand même !
Cette fois-ci et sûrement avec beaucoup plus d'audace que d'habitude, Brendan se permit de s'installer à ses côtés sans lui demander son avis. Après tout, le piscine était à tout le monde et si cela dérangeait monsieur, il pouvait lui répondre qu'il n'en n'avait pas pour longtemps. On sait jamais ...
Le regard fixé droit devant lui, Brendan ajouta :
"Pour une fois, je n'ai pas eu à attendre plusieurs mois avant de vous revoir."
Il avait failli ajouter "comment allez-vous ?" mais il s'était rappelé que cet homme à côté de lui ne semblait guère apprécier cette question alors il l'avala tout au fond de sa gorge, se contentant de sourire à la place, ça comblait le vide de s bouche ouverte pourtant prête à parler.
L'eau qu'il avait encore sur le corps tout à l'heure, en quittant la piscine, avait séché depuis un bon moment. Seul son maillot était encore un peu humide mais il faisait tellement beau qu'il n'avait pas le moindre frisson aujourd'hui. La maladie l'avait complètement quitté et même si ce n'était sûrement pas très conseillé de s'exposer ainsi au soleil à cause de sa peau fragile, tout comme sa santé, il avait eut envie de se dire qu'il était comme tout le monde aujourd'hui. Pourtant, quand il regardait la peau du torse d'Eden, il se trouvait vraiment pâle, pâle à faire peur ... Il n'avait pas grand chose d'un asiatique, il n'avait pas cette couleur de peau hâlée qu'il aimait pourtant ... Haussant les épaules, il se rassura en se disant qu'il allait sûrement prendre quelques couleurs aujourd'hui et qu'avec de la persévérance, sa peau allait devenir bronzée ! _________________
C'est sûrement l'Amour qui me fait courir sous la pluie et me glisser dans ton ombre à la faveur de la nuit. |
|  | | Eden Indentshi Tougen'kyou ( 29 ans )

Inscrit le : 26 Mar 2006 Messages : 384 Localisation : Dans le pire de vos cauchemars
| Sujet: Re: Un jour, l'eau... Jeu 20 Mar - 12:48 | |
| "Bonjour Monsieur Eden ! Vous venez bronzer ?"
C’était assez rare qu’on le nomme par son prénom. Indentshi releva les yeux en direction d’un jeune homme qu’il connaissait depuis peu de temps. Brendan. Le jeune étranger, qui n’aimait pas qu’on lui dise, et qui était de plus albinos. La venue bien que sympathique ne le renseigna pas sur le fait de savoir pourquoi le jeune américain était ici. Que pouvait-il bien faire dans un tel endroit ? Se baigner. Bien sûr. C’était un bon point pour lui, la natation entretenait le corps, et de plus, était un très bon moyen de se défouler. Et cela signifiait surtout qu’il n’était plus du tout malade. Ou qu’il était inconscient. Ca ne le concernait pas. Il avait déjà fait attention à ce qu’il ne se fasse pas violer, à ce qu’il se soigne correctement, il n’allait pas lui servir tout le temps de chien de garde ou d’ange gardien. C’était assez dégradant comme rôle et un peu humiliant, surtout pour un scientifique, tout homme à tout faire qu’il soit.
"Je suis déjà bronzé. " Fit simplement remarquer Eden sur un ton calme.
Ce qui n’était pas le cas de Brendan. Si on avait été des siècles plus tôt, on aurait même dit qu’Eden avait une peau de paysan travaillant dans les champs de blés et que Brendan avait une peau de prince, n’allant jamais au soleil. Eden partageait cette idée : il aimait bien la blancheur de cette peau d’ivoire, elle donnait l’impression que le jeune homme était aussi pur qu’une page blanche. Lui n’aurait jamais la peau aspirine, même en étant malade. Etre blanc comme neige n’a de signification que lorsqu’on a un corps comme l’américain. Lui, il était halé par tous les temps, et dès qu’un peu de soleil pointait son nez, il était carrément bronzé. Ca devait être la partie japonaise de ses origines. Brendan devait avoir la peau des fesses encore plus blanche que celle du corps : une peau de bébé, songea Eden avec un sourire moqueur. Mais il garda cette pensée pour lui, leurs rencontres étaient déjà assez brèves comme ça à chaque fois, il n’allait pas encore raccourcir le temps.
Indentshi laissa Brendan s’installer, l’écoutant. Il se mit à sourire affectueusement. Il l’avait traité d’enfant, Eden n’avait oublié, et cela l’amusait encore maintenant. Seulement, il perdit son sourire quand la seconde phrase vint. La chaleur n’était pas à ce point torride pour qu’il ait trop chaud, ni trop froide pour qu’il ait besoin de mettre des cols roulés. Seulement, le jeune homme aurait la chair de poule s’il restait dans un courant d’air. Ca ne faisait rien : ce n’était pas ça qui allait le tuer. Par contre la phrase qu’il venait de prononcer, aurait pu provoquer un frisson à Eden, s’il n’était pas un homme indifférent en règle général, et pas tant que ça à cet instant, puisqu’il était vraiment intrigué !
"Pour une fois, je n'ai pas eu à attendre plusieurs mois avant de vous revoir."
Les cris de quelques personnes sautant dans l’eau parvinrent aux oreilles d’Eden, qui resta silencieux, analysant la phrase. Brendan était un jeune homme étrange, et il ne devait pas se rendre compte de ce qu’il venait de dire. Aussi pour en être certain, Eden posa son ordinateur dans l’herbe, se tourna en direction du jeune homme et le fixa sérieusement dans les yeux.
Puis il demanda, en essayant de ne pas mettre trop de gravité dans sa voix :
"Vous attendiez de me revoir. Pourquoi ?"
Brendan n’était pas complètement sec. Il devait sans nul doute avoir nagé. Son maillot de bain était encore mouillé, et quelques gouttes rebelles tombaient de ses cheveux sur son torse, accentuant sa beauté. C’était peut-être la jeunesse, l’Amérique, ou simplement sa particularité physique qui le rendait beau aux yeux d’Eden, mais ce dernier était plus éblouit pourtant par l’étrange sincérité du garçon. Cela le rendait différent, sans l’être. C’était peut-être la première fois qu’Eden s’intéressait à une personne aussi simple, avec un métier banal, et une vie de famille certainement tout autant terne.
Au fait, non. Il y avait une autre personne qu’Eden trouvait intéressante dans ce loft. Un certain Tyler. Lui aussi Eden l’aimait bien. C’était différent de Brendan. Tyler était plus comme un petit rat bourru qu’il pouvait observer à son aise. Mais pour Indentshi ce sentiment s’apparentait à un début d’amitié. Il aimait beaucoup le garçon : sa rage de vaincre, son coté homophobe, et le scientifique se demandait sincèrement ce qui avait pu poussé un crétin à venir ici. Dans le cas de Brendan, qui ressemblait plus à une souris blanche qu’à un rat, le problème était différent. Eden ne comprenait pas qu’il soit venu dans le loft. Il avait l’air gentil, mignon. Il n’aurait pas eut de mal à trouver un ami. De plus, il semblait bien élevé et timide. Autant d’attribut qui ne favorise pas sa vie au loft.
Mais Brendan venait vers lui et disait des phrases sans y penser qui avait le don de le surprendre.
"Je suis heureux de vous revoir." Fit simplement remarquer Eden,
Il ne reprit par l’ordinateur. Il avait envie de parler à Brendan. Il avait envie de comprendre ce qui passait dans cette petite tête d’écureuil pour venir ainsi le provoquer sans cesse, sans le voir. Il allait finir par attirer trop l’attention, et Eden ne pourrait pas contrôler son envie d’en savoir plus.
Il devrait faire attention. _________________
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Un jour, ... peut-être. Ou pas. |
|  | | Brendan Mc Orsen Lofteur ( 23 ans )

Inscrit le : 11 Jan 2007 Messages : 37
| Sujet: Re: Un jour, l'eau... Dim 30 Mar - 16:01 | |
| Brendan avait osé défier son caractère timide sur certains points pour avoir, de nouveau, le courage de venir parler à Eden. Il aimait bien sa compagnie, elle était vraiment différente des autres. Mieux ? Il ne le savait pas lui-même, ils n'étaient pas toujours sur la même longueur d'onde mais ils avaient quand même réussi à échanger quelques points de vue, à se "disputer" sur d'autres. Brendan n'en savait pas beaucoup sur Eden mais c'était ce qui entretenait le mystère, il se plaisait à penser qu'Eden était l'homme mystère. Il ne l'appellerait jamais comme ça, c'était assez dégradant et Eden faisait ce qu'il voulait dans sa vie, mais il le pensait quand même.
Ca n'empêchait pas que, même avec 2 "rendez-vous" ou plutôt rencontres, Brendan ne savait pas ce qu'allait lui répondre Eden. Là, il aurait parié toute sa fortune sur le fait que monsieur Eden allait rester silencieux comme souvent et pourtant...
"Je suis déjà bronzé."
Cette réponse fit sourire Brendan. Décidément, ils avaient aussi énormément de différences tous les deux. L'humeur d'Eden jouait-elle sur ses réponses ? Etait-il de bonne ou mauvaise humeur aujourd'hui ? Il semblait être de bonne humeur alors était-ce la raison qui l'avait poussé à répondre quelque chose ? Ou bien, cherchait-il à faire comprendre à Brendan qu'il posait des questions débiles les unes après les autres ? Il fallait bien engager la conversation par quelque chose et lancer le sujet qu'il voulait aborder directement, sans "préliminaires", ça lui donnait l'impression d'être malpoli.
Il secoua la tête de droite à gauche, conscient qu'il avait encore beaucoup à faire avant de répondre à son tour :
"J'ai remarqué, je vous remercie. Vous saviez aussi bien que moi que cette interrogation n'était point d'une importance capitale, n'est-ce pas ?"
C'était une approche différente que la franchise. Brendan n'avait pas décidé d'utiliser chaque carte l'une après l'autre pour voir quand est-ce qu'Eden semblait le plus enjoué. Il avait juste décidé de mettre à jour un caractère un peu plus fort pour cesser de lui causer des ennuis. Pourquoi ? Parce qu'à chaque rencontre, Eden prenait le rôle de son sauveur et ça pesait sur les épaules de Brendan, qui n'aimait pas être prit pour faible. Il allait tout faire pour être comme son égal ou presque puisque c'était sûrement impossible...
Malgré tous ses efforts, les nouveaux principes de Brendan étaient encore maladroits et à sa prochaine exclamation, la réaction de son interlocuteur fut sans appel : un mouvement. Prêtant davantage attention à ce qu'il se passait à cet instant, Brendan cessa de sourire pour tenter de comprendre. Eden avait-il besoin de poser son ordinateur sur l'herbe à côté de lui pour lui répondre avec sa bouche ? Ou alors le souffle de son PC lui chauffait-il trop les jambes ? Mais quand il vit l'homme se tourner vers lui et le fixer avec une expression sincèrement sérieuse, Brendan avala sa salive en prenant conscience de l'instant : il avait dit quelque chose de trop.
Plissant les yeux, prêt à s'en prendre plein la figure, la question qu'il enregistra l'emmena un peu plus haut, dans ses pensées. Il aurait pu prendre le temps de rougir ou d'être embarrassé mais il venait de se rendre que cette question en était vraiment une, et qu'il ne se l'était jamais posée... Fronçant les sourcils, il porta un doigt à son menton et se mit sérieusement à réfléchir. Tout en y pensant, il parla :
"Je ne sais pas réellement. Vous êtes spécialement intéressant à mes yeux, vous dégagez quelque chose que les autres n'ont pas et même si nos discussion sont brèves, je me plais à être à vos côtés... Vous... vous ne vouliez pas me revoir, Eden ?"
Cette dernière question, Brendan l'avait posé avec un sourire en coin. Il ne cherchait pas une réponse, c'était juste une taquinerie de sa part. Après tout, la vie d'Eden devait sûrement être plus passionnante que la sienne, il ne devait pas avoir le temps de penser alors sûrement ne pensait-il pas à lui. Brendan pensait à Eden, souvent, se demandant ce qu'un homme comme lui pouvait faire dans un tel endroit, mais c'était une question qu'il ne pouvait se résoudre à poser et ce, pour encore longtemps.
Ca y est, Brendan était gêné. Il venait enfin de se rendre compte de sa phrase de toute à l'heure et passa sa main dans ses cheveux encore mouillés, cachant son visage embarrassé quelques demi-secondes. Il aurait dû se douter qu'avec son air ailleurs, il allait faire une gaffe. Après tout, ils étaient deux hommes et Brendan allait sûrement passer pour un dragueur... Eden pouvait-il penser à ce genre de choses sérieusement ? Ils ne se connaissaient pas beaucoup mais pouvait-il deviner tout seul que ce n'avait été que franchise de sa part et non pas, envie détournée ?
Pour être certain de clarifier les choses, il ajouta bien vite :
"Le sens caché de ma phrase n'était pas à prendre en compte. Je voulais juste... vraiment vous revoir."
Mais cette jolie couleur rose qui était venue s'installer sur ses joues ne voulait plus partir. Il eut l'impression de s'enfoncer encore plus dans la gêne avec sa clarification. Il n'avait pas vraiment répondu à ce "pourquoi ?" il voulait le revoir. - Pour chasser sa solitude oppressante ? Brendan était assez bien élevé pour éviter de prendre quelqu'un en "bouche-trou". Eden méritait mieux, ce n'était pas ça et la solitude, il l'avait combattu en venant à la piscine. - Pour faire comme les autres, et discuter avec quelqu'un autour de la piscine ? Brendan n'était pas de ce genre-là non plus. Il aimait discuter de temps en temps mais il n'était pas un grand parleur et les discussions forcées qui ne mènent à rien lui glacent le sang. Non, vraiment, il n'avait pas cherché à venir lui parler pour faire style mais encore par politesse. Il devait au moins le saluer puisqu'il l'avait vu de loin, non ? - Pour venir le taquiner ? Jamais. - Par envie intérieure ? Oui, tout simplement. Son coeur lui faisait un petit boum quand il croisait Eden dans le même lieu que lui. Et ce n'était pas étonnant qu'il ne ressente pas ça pour d'autres personnes, il n'avcait jusque-là rencontrer personnes d'autres. Ce "pourquoi ?" était un peu trop prémédité, il ne pouvait pas lui répondre vraiment, il ne savait pas lui-même. Pas encore.
"Voulez-vous vous baigner en ma compagnie ?"
Changer le sujet, c'était sa devise de l'instant. M&ais Brendan était encore maladroit... Eden ne pouvait sûrement pas laisser son ordinateur en plein milieu de l'herbe, aux yeux de tous et sous un soleil de plomb. Non vraiment, il fallait vraiment qu'il apprenne à tourner 7 fois sa langue dans sa bouche ou Eden allait finir par le fuir. _________________
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|  | | Eden Indentshi Tougen'kyou ( 29 ans )

Inscrit le : 26 Mar 2006 Messages : 384 Localisation : Dans le pire de vos cauchemars
| Sujet: Re: Un jour, l'eau... Dim 30 Mar - 18:42 | |
| Si Eden avait su, il l’aurait laissé parier avant de répondre. Gagner toute une fortune, c’était un bon investissement. Il ne serait dire pourtant pourquoi il avait répondu. Il avait envie de répondre à la question, tout simplement. Elle lui avait été posé par une personne dont il avait ne serait-ce qu’un peu d’intérêt, et pour cette raison, il ne pouvait l’ignorer. Et c’était vrai qu’il était d’une humeur égal, mais assez bonne, aujourd’hui. C’était le beau temps, et plus logiquement, le fait qu’il ait mangé correctement et dormit un peu qui le rendait plus sociable qu’à son habitude. Cela ne l’empêchait pas d’être moqueur, irascible, égocentrique, et franchement fatiguant à supporter pour son entourage. Mais au moins, aujourd’hui, il était supportable et c’était déjà un grand pas à l’avant.
Deux rencontres ? Non six. Eden en comptait six : le retour du cinéma, la rencontre dans le parc, et puis il y avait l’autre soir. Le scientifique l’avait vu rentrer du travail avec un sourire sur les lèvres et un affreux habit banal qui lui donnait un air d’employé de bureau. Seulement, Indentshi ne s’était pas attardé pour lui parler. Il était simplement resté à l’observer en train de monter les marches blanches. Brendan s’était stoppé devant la porte, et il avait mit les mains dans ses cheveux de neige. Il avait soudain semblé moins jeune qu’à l’habitude, mais, il ne semblait pas aussi fatigué que dans le parc. Peut-être parce que son sourire était différent que lorsqu’il le regardait, cela avait marqué le scientifique habitué à garder chaque détail de sa vie. Il l’avait également vu en train de discuter, pour une raison obscure, avec un groupe d’étudiant dans la cuisine, un mardi matin. Il avait encore les cheveux un peu mouillés à cause de la douche et il portait un pull blanc, un peu trop grand pour lui, et légèrement délavé. C’était la cinquième fois. La sixième ce fut à la sortit d’une boutique en ville. Eden était en train de discuter avec un responsable d’un magasin d’arme, au caractère brusque et violent, qui était furieux envers Indentshi car ce dernier avait refusé la dernière livraison, et alors que l’homme cherchait à le frapper, Eden avait vu au travers du carreau de l’immeuble, le jeune homme sortir d’une supérette. Il avait dans la main un sac plastique, et son cou était à découvert alors que le temps, lui, était couvert.
Pour lui, c’était donc la septième rencontre.
L’observant le scientifique eut un petit sourire pensif. Oui, il savait que ce n’était pas une question importante. Pourtant elle avait été posée, et il y avait répondu. Ignorant le jeune homme, il répondit avec un sourire taquin :
- Je sais.
Il savait que ce n’était pas une vraie question, et il savait aussi que Brendan l’avait posé comme un prélude à une suite. Ca ne l’empêchait pas d’avoir eut envie d’y répondre avec la logique qui veut : si tu me parles, alors je te réponds. Si tu mets un point d’interrogation dans ta phrase, c’est que tu t’attends à ce que je répondes au problème que tu as soulevé et si ce n’est pas le cas :
- Ne posez pas de question, si vous ne voulez pas la réponse.
Il ne pouvait pas s’en empêcher de faire des sermons sur la manière de parler des personnes. Ce n’était pourtant pas nouveau : il y avait des centaines de questions dont on n’attendait pas une vraie réponse. Comme : ça va ? Que cela soit oui, ou non, ça n’a pas la moindre importance. Que fais-tu demain ? Une question posée dans l’unique but de savoir si la personne peut venir avec nous. Non, les questions des êtres humains ne sont pas logiques car elles manquent de sincérités. Si Brendan voulait lui parler, il lui aurait suffit de parler, sans poser la moindre question. Simplement, il n’y pouvait rien. Et pour tout dire, Eden aimait bien l’entendre parler d’une façon aussi banal : il avait l’impression que tout était simple dans la tête de ce charmant garçon.
Eden n’avait pas besoin pour parler de poser son ordinateur. Seulement, s’il gardait l’ordinateur sur lui, et qu’il continuait de travailler, ce ne serait pas respectueux envers Brendan. A choisir, Eden avait choisit Brendan. Aujourd’hui. Il ne quitterait jamais son ordinateur, bien trop important, dans sa vie. Son PC était son amant, sa femme, sa maîtresse, son enfant, et son aïeul. Il ne serait peut-être pas perdu sans, et ce ne serait certainement pas ce qu’il prendrait pour aller dans une île déserte, mais pourtant c’était un objet de tous les jours comme le gel douche, la brosse dent, le préservatif, le téléphone portable, la clope, la nourriture, et la boite d'analgésique.
Non. Eden attendait sa réponse, un peu surprit de la phrase de Brendan. En général, on ne cherchait pas à le voir. Et si le jeune homme voulait le voir, il aurait aussi bien pu aller frapper à la porte de sa chambre et le demander. Ou bien, prendre son numéro de téléphone grâce à Munoto, et lui téléphoner. Ce que d’ailleurs Eden n’aurait certainement pas apprécié : il n’aimait pas qu’on le dérange pour des bêtises aussi stupides que celles-ci. Cela l’étonnait d’autant plus que Brendan soit loin d’être un chaton qui avait besoin de quelqu’un. Il était fragile, sous ses airs de jeune homme, mais il avait également une véritable force. Il devait l’avoir pour avoir traverser le monde entier dans le but de travailler, et pour oser vivre dans un loft pour gay.
Sans nul doute.
Alors il n’avait pas besoin d’un protecteur. Que cherchait-il donc en Eden ? Un ami. Il n’était l’ami de personne. Il ne voulait être l’ami de personne, et il ne lierait aucune amitié ici. Il aimait beaucoup Munoto, comme un petit cousin peut-être, il appréciait énormément d’autres personnes. Seulement ce n’était pas ses amis. Des connaissances, tout au plus. Rien qui justifierait qu’on veille le voir. Eden le laissa réfléchir, fixant le doigt sur le menton du garçon, et songea qu’il n’avait pas besoin de se raser : il n’y avait pas l’ombre d’un poil sur ce visage de jeune gens. Il devait se raser tous les matins, et y faire particulièrement attention. Pas comme lui, qui n’y faisait attention qu’une fois tous les trois mois, quand vraiment, il avait envie de prendre le temps de se raser correctement, et en s’en fichant royalement.
La réponse n’était pas franchement une réponse correct : spécialement intéressant à ses yeux.
Pourquoi ? Ce n’était pas logique. Cela semblait pourtant l’être pour le garçon. Eden songea que c’était ce qu’il ressentait pour ses cobayes, en règle général. Les jeunes gens intéressant à ses yeux étaient ceux qu’il pouvait utiliser pour jouer à des expériences sur les sentiments humains, et leurs réactions. Seulement, cela lui apporta une seconde question : pourquoi lui s’intéressait-il à Brendan ?
- Vous ne vouliez pas me revoir, Eden ?
Eden ne répondit pas à la question. Il le revoyait sans le vouloir, et il n’avait jamais cherché à le croiser plus que cela. Pourtant, c’était vrai qu’il le remarquait dans la foule, et qu’en règle générale si on lui disait américain et albinos, il pensait directement à Brendan. Cela signifiait simplement qu’il pensait au garçon, pas qu’il souhaitait le revoir. Il s’en fichait. Brendan faisait des apparitions dans sa vie comme un fantôme. Ils échangeaient dix mots, ou aucun, et il disparaissait aussitôt. Eden savait pertinemment qu’il reviendrait pour disparaître à nouveau, et cela tant qu’ils vivraient dans le même lieu.
Jusqu’au jour ou l’un des deux partirait de cet endroit. Alors, ils ne se verraient plus et l’histoire, la leur, serait terminée. C’était aussi simple que cela.
Le scientifique sourit en voyant le visage embarrassé du jeune homme qui rattrapa sa phrase comme il pu. Seulement Eden avait comprit. Il n’y avait aucune ambiguïté à son esprit : déjà parce que Brendan n’était pas un dragueur. S’il l’avait été, il y aurait sur sa peau blanche des marques rouges de suçon, et Eden l’avait scrupuleuse regardé. Il ne voyait aucune marque significative d’une vie sexuelle débridée. Ensuite, Brendan était bien trop timide pour oser parler de cette façon, et, Eden pensait que si un jour le garçon devenait amoureux qu’une personne, il n’irait pas vers elle. Il serait trop gêné pour oser l’aborder. D’autant plus si les sentiments n’étaient pas partagés.
Brendan devait être ce type de personne, songea Eden.
- Le sens caché de ma phrase n'était pas à prendre en compte. Je voulais juste... vraiment vous revoir. - Il y avait un sens caché ? Demanda d’une voix taquine le scientifique qui préféra ne pas souligner que Brendan n’avait pas répondu à sa question. Ce n’était pas une raison pour vouloir le revoir, et elle devait bien exister. Alors il faudrait la trouver. Avant qu’Eden ne trouve une raison pour vouloir le voir. Car pour le moment, il n’en n’avait pas. Il laissait le fantôme décidé de quand il souhaitait venir, et partir. Il le laissait entrer et sortir de sa vie, facilement. Ce qui ne serait pas toujours le cas.
Car on ne peut pas toujours accepter d’être un moulin à vent pour les jeunes.
- Voulez-vous vous baigner en ma compagnie ? - Hm?
Eden se releva lentement, tendant la main pour aider le jeune homme à en faire de même. Il prit sa serviette, posée sur le sol, et la jeta sur l’ordinateur portable pour le cacher. De toute façon, il s’était déjà mit en veille, et si quelqu’un lui voulait, il devra avant tout trouver le mot de passe de ce PC pour pouvoir en jouir. Ou alors le reconfigurer. Dans ce cas-là, Eden s’en foutait. La seule chose qui l’inquiétait c’était qu’on puisse avoir accès à des informations confidentielles. Ce qui ne pouvait en être le cas maintenant.
Le scientifique après avoir ainsi dissimulé son ordinateur, eut un sourire moqueur envers lui-même : il n’allait peut-être pas se baigner en jean. Ce ne serait pas très agréable, ni très appréciable pour les autres. Lentement, il défit son jean, le jetant sur la serviette. Il était prêt.
Indentshi se rapprocha du jeune homme, son visage noir se posant sur lui. Sans le moindre sourire, car sinon cela n’aurait pas été drôle, il demanda :
- Vous savez nager ?
Il sourit ensuite goguenard et le suivit jusqu’au bord de la piscine. _________________
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Un jour, ... peut-être. Ou pas. |
|  | | Brendan Mc Orsen Lofteur ( 23 ans )

Inscrit le : 11 Jan 2007 Messages : 37
| Sujet: Re: Un jour, l'eau... Dim 13 Avr - 20:04 | |
| Que se passait-il dans la tête de cet homme ? Les yeux d'Eden ne reflétaient en rien ses pensées mais ils montraient pourtant clairement qu'il n'en pensait pas moins. Une question avait été posée et les secondes écoulées avant la réponse confortaient Brendan dans son choix. Est-ce qu'il pensait autant que lui ? Est-ce que le fait de se poser autant de questions sur un homme s'apparentait à "penser" ? Eden se posait-il aussi des questions sur lui ? Impossible de savoir, et encore plus impossible de demander... Ce n'était pas par égoïsme qu'il voulait demander cela mais seulement par curiosité.
En effet, depuis qu'il était arrivé au Japon, et surtout au Loft, Brendan avait découvert ce trait de sa personnalité, sa curiosité maladive mais sélective. Au travail, il ne se révélait pas plus curieux que d'habitude, peut-être parce qu'il n'y avait pas grand chose d'intéressant. Il ne voulait pas dire par-là qu'Eden était comme un cobaye pour ses questions mais il ne pouvait pas s'empêcher de vouloir toujours en savoir plus sur celui-ci. Donnait-il cette envie à tout le monde ?
Ignorant la réponse logique d'Eden à sa question taquine, Brendan détourna les yeux pour regarder les quelques autres personnes qui s'amusaient, bronzaient ou fainéantaient devant la piscine. Y en avait-il ne serait-ce qu'un à vouloir lui aussi parler à Eden ? Avait-il été vu en arrivant ici par quelques regards ? Il était imposant et dégageait quelque chose d'important dans sa façon d'être. Brendan ne prenait-il pas simplement trop de place en venant lui parler alors qu'il semblait en plein travail ?
Il fut sortit de ses pensées par la remarque suivant de son interlocuteur. Qu'est-ce que c'était que cette phrase ? Eden le cherchait ? Intéressant, Brendan venait de découvrir un autre trait de sa personnalité, une sorte de franchise mal placée mais pas forcément méchante... Une logique à toute épreuve. Esquissant un sourire qui montrait clairement qu'il n'en n'avait que faire, il répondit en enlevant une goutte d'eau glissant de ses cheveux jusqu'à son cou, qui avait tendance à le chatouiller :
"Ne prenez pas la peine de répondre si vous n'appréciez pas mes interrogations."
A quoi jouaient-ils tous les deux ? Pour Brendan, ce n'était pas réellement un jeu. Il ne savait pas trop comment définir son attitude à l'instant, ce n'était pas un défi qu'il lui lançait pour avoir le dernier mot mais ce n'était pas non plus une manière de montrer son caractère un peu changeant. Il avait juste eut envie de le dire, c'était sorti tout seul et il n'avait pas de regret.
La suite des événements le fit se remettre un peu en questions. Après une interrogation sincère suivie d'un quiproquo, Brendan resta songeur. Il avait joué la carte de la taquinerie une fois de plus pour poser une question qui, malgré tout, lui tenait à coeur : Est-ce que Eden voulait le revoir ? C'était privé, personnel, il le savait bien, il n'était pas en droit de demander une réponse mais il aurait vraiment aimé savoir si cet homme avait déjà eut envie de le revoir. A chaque fois qu'ils se voyaient tous les deux, Eden ne semblait pas surprit, ou ennuyé. Il était assez neutre comme mec, sans vraies expressions sur le visage et c'était peut-être ce qui poussait Brendan à poser de telles questions. Eden avait-il, dans sa vie, eut une fois envie de revoir quelqu'un ? Etait-ce le souhait d'être aimé de tout le monde qui donnait à Brendan l'envie d'être apprécié par Eden ? C'était compliqué et ce manque de réponse lui fit légèrement de la peine.
Détournant les yeux, il n'entendit même pas la question taquine d'Eden, perdu dans ses interrogations un peu néfastes. Il devait se ressaisir, il ne voulait pas qu'Eden le voie dans cet état, il s'était promis d'être toujours gai et vivant devant les autres, de garder ses problèmes pour lui.
Sa première déviation fut la proposition la plus simple dans un tel endroit, allez se baigner. Il s'apprêta ensuite à décliner son offre à la vue de l'ordinateur d'Eden mais celui-ci se leva et lui tendit la main. Qu'à cela ne tienne, c'était une occasion inespérée d'oublier sa peine légère. Glissant 5 de ses 10 doigts dans la main d'Eden, Brendan poussa un peu sur ses jambes pour se redresser et se tenir bien droit aux côtés de l'homme. Par la suite, il le regarda enlever son jean, après avoir caché son ordinateur. Oui, caché ainsi, il était presque invisible.
Arrivés aux bords de la piscine, Brendan esquissa un faible sourire pour répondre en se penchant pour faire patauger sa main, histoire de dire qu'il faisait quelque chose :
"J'ai appris à nager en compagnie de mon frère, quand nous étions encore jeunes. Ne vous inquiétez pas... Monsieur Eden."
C'était sûrement encore trop lui dire que de ne pas s'inquiéter, il ne le faisait sûrement pas, mais Brendan préférait garder cet air poli avec lequel ils s'étaient rencontrés. Leur relation ne devait pas changer, il l'aimait comme elle était maintenant et ressentait aussitôt de la peine dès qu'il tentait de l'améliorer ne serait-ce que d'un petit pas.
Se redressant, il ne prit pas le chemin du plongeoir et préféra l'escalier qui descendait lentement sous l'eau. Il y posa doucement un pied puis l'autre, se réhabituant à la fraicheur de cette eau extérieure. Jetant un regard à Eden, il lui fit un signe de la main, à peine visible, pour qu'il le rejoigne, avant d'avoir de l'eau jusqu'au nombril. Il avait choisi l'approche douce de cet élément, préférant laisser le choix à Eden d'être mouillé entièrement ou non.
En attendant qu'il le rejoigne, Brendan s'autorisa un regard scruteur sur le corps de celui-ci. Le premier mot fut aussitôt : homme. A côté de lui, il avait vraiment tout d'un homme, des jambes musclées et droites, avec quelques veines par-ci, bronzées et sûres. Pourquoi est-ce que, lui, il avait l'impression d'avoir une peau de bébé, douce et soyeuse ? Il ne voulait pas dire que celle d'Eden n'était pas douce, mais elles semblaient si différentes...
Détournant les yeux, il resta à regarder un des autres mecs sauter du plongeoir sans réel intérêt. _________________
C'est sûrement l'Amour qui me fait courir sous la pluie et me glisser dans ton ombre à la faveur de la nuit. |
|  | | Eden Indentshi Tougen'kyou ( 29 ans )

Inscrit le : 26 Mar 2006 Messages : 384 Localisation : Dans le pire de vos cauchemars
| Sujet: Re: Un jour, l'eau... Jeu 1 Mai - 21:05 | |
| Un bonjour. Un bonsoir. Une longue journée. Des rendez-vous d’affaire. Et des monsieur Indentshi. Beaucoup. Des rapports d’informations, et le contre rendu de la bourse. Des excuses minables et des fuites vers la sortie. Quelques phrases de dragues. Une question : où ? Parfois, des gémissements. C’était le quotidien d’Eden. Sa vie se résumait à entendre une suite successive de phrases banales. Il faisait peur. Il le savait. Il était important. Influent. On ne lui parlait qu’affaire, ou sexe. On mélangeait parfois les deux autour d’un verre de whisky, et quand la journée se terminait on baisait, et on se taisait. C’était la vie d’Indentshi. Alors pourquoi ? Pourquoi Brendan n’était-il pas comme ça ? Banal. Déroutant. Comme tout le monde. Pas riche. Pas complètement sexy. Même pas un chaton. Tout au plus, un homme. Un banal homme qui ne sait même pas assumer toutes ses décisions. Un timide. Un petit cœur facile qui n’a jamais goûté au plaisir de faire l’amour sous un torrent de pluie et de vent.
Une feuille tombant dans une mare, provoque des centaines de petites rides sur l’eau et trouble cet endroit si paisible. Brendan n’est qu’une feuille, il ne peut pas faire de mal. Il en fait. Il rappelle à Eden que ce dernier n’est pas mort. Qu’il est vivant. Fait d’os et de chair. Eden l’oublie souvent. A force d’être tout-puissant, on se prend pour dieu. On finit par voir dans les autres que des jouets manipulables et fragiles qui cassent trop vite, et dont on se lasse souvent bien avant. Eden devait le reconnaître Brendan était différent : car il voyait en Eden une énigme, un homme mystérieux, solitaire. Un être humain. Un loup dans sa tanière, non pas un dieu vivant au-dessus de tout, et capable de tout faire. Eden aimait ce coté, naïf, de Brendan. De ne pas voir qu’il s’approchait à chaque fois du loup et risquait d’être mordu à tout instant. C’était doux. Mignon. Un peu comme-ci, Brendan s’autorisait le droit de franchir cette barrière que les habitants du loft avaient mit entre eux et Eden : on s’approche pas. On regarde. On bande parfois en y pensant, mais pas plus. Trop dangereux. Trop peur de souffrir, de mourir. On ne joue pas avec la hache des revenants, on ne joue pas avec l’épée de la mort. On se sauve. On se cache. On tend les deux bras en l’air, et on dit : non. On ne met pas la baguette à l’envers, on ne passe pas sous les échelles, on ne parle pas à Eden.
Brendan ne disait ni oui, ni non. Il était là. Et pourquoi le scientifique s’autorisait-il le droit de s’intéresser à lui ? Eden le suivit près de l’eau, s’asseyant au bord, pour le fixer avec un sourire. Pourquoi avait-il l’impression d’être un père de famille en train de fixer son fils ? C’était indécent. Et franchement déroutant. Brendan était la jeunesse incarnée, souriant, imprévisible, plein d’énergie et de vitalité. Il sentait la fraîcheur et le soleil. Il sentait la piscine et les rires d’enfant. Quel âge avait-il déjà ? Un adulte, si enfant. Petit et innocent. Tendre et doux. Brendan était vraiment l’opposé d’Eden. L’un charismatique, l’autre beau. L’un jeune, l’autre dont la vieillesse commençait à toucher les traits. L’un connu, l’autre méconnu. Un moins et un plus. Un enfant soleil, et un enfant nuit. Qu’est-ce qu’ils pouvaient bien faire ensemble ? A part se rencontrer et se séparer comme l’astre du jour. Eclipse de quelques secondes.
La ville était vraiment immense, et loft tout autant. Il y avait des personnes qu’Eden n’avait jamais rencontrées. Et ce Brendan ? Au fond Eden l’enviait. Il était juvénile, ingénu, candide. Il n’avait peut-être jamais connu de véritable amour. Il ne sait pas encore combien de fois il aura mal, et comment le monde est cruel. Il ne sait pas qu’il ne pourra jamais être heureux. Jamais sourire. Que le bonheur est court, et la souffrance longue. Que l’amour n’existe plus. Que nous ne sommes plus que des hommes prisonniers dans un monde qui n’a plus rien à offrir. Eden est dieu. Et Dieu n’a plus sa place dans le monde. Il n’est rien. Et rien n’a jamais existé. Alors comment survivre ?
Il tape sur sa machine, publie, et accepte parfois de revenir à la vie quotidienne pour des affaires. Ce n’est pourtant qu’un fantôme effroyablement riche qui vit ici. Mais quand est-ce la dernière fois, qu’Eden est sorti, juste par envie, pas pour se faire voir. Quand est-ce la dernière fois, qu’il était allé à la piscine, sans avoir pour but d’acheter l’endroit ?
- Vous avez un frère, remarqua Eden avec un sourire.
Lui était enfant unique. Ce n’était pas triste. Il avait été gâté par ses deux oncles. S’il avait été deux Eden, il y aurait certainement eut un enfant de trop. Un enfant qui aurait souffert. L’amour peut se partager, mais, dans le cas de la folie, il est unique et rare. Eden aurait pourtant apprécié de savoir à quoi aurait pu ressembler son frère, ou sa sœur. Aurait-ce été son semblable, ou son contraire ? Auraient-ils sombré dans la folie comme leurs parents ? Ou non ?
Il avait un frère. Un seul. Unique. Demi-frère. Eden ne s’en était occupé que pour lui trouver une famille. Trente minutes, pas plus, à le voir, et à lui parler. Pas de demandes de renseignement. Une fois par an, il embauchait un détective privé pour enquêtait. Lisait le rapport. Et c’est tout. Aucun lien. Les frères ? Lien du sang. Foutaise. On aime ceux avec qui on vit. On aime, on s’attache, à ceux qui viennent à nous. Les autres, on s’en fout. Les informations, la télévision, les guerres, les carnages. On dit : c’est triste. Mais, ce qui nous rend réellement triste c’est la mort de notre chat.
Eden entra dans l’eau, laissant cette texture si particulière enveloppée ses muscles, et le poids de l’apesanteur disparaître un peu. Il se rapprocha de Brendan avec de faibles brasses. Il n’était pas pressé. Pas fatigué non plus. Brendan lui ne manquait pas d’énergie. A bien y penser, ce garçon avait un coté sombre.
Son besoin d’être aimé était-il trop fort ? Un chaton perdu. Un chaton innocent dans ce loft. Brendan était un homme de l’amour. Ce genre de type stupide capable d’aimer quelqu’un à en crever. Il n’avait rien à faire dans ce loft. Il était con, mais il était gentil. Il serait accepté de ses collègues puisqu’il était sincère. Et il trouverait l’amour, car il le méritait. Il avait eut tord de venir s’enfermer à Hateshinai. Là, il risquait de croiser que des êtres différents, incapables de sentiments. Des chatons en soif d’amour, des pervers, des envieux. Des paumés, sans un sou en poche. Des profiteurs et des salauds. Des comme Eden, et des comme Jaak. Aucune chance d’être heureux. Juste de faire du mal aux autres. Les autres, comme Tyler ou Brendan. Ils n’étaient pas fait pour ce monde différence.
Brendan aimait bien détourner son regard. Avait-il peur que le scientifique y voit autre chose qu’un amical sourire ? Eden n’aimait pas qu’on détourne sans cesse le regard de lui. C’était comme le fuir, sans bouger, et sans les jambes qui suivent. C’était cruel. Il se rapprocha de Brendan, glissa ses doigts sur son corps, et le tira contre lui.
Sans le voir, il gronda. Enserrant son emprise, touchant terre.
- On ne vous a jamais apprit à ne pas regarder d’autres hommes quand vous êtes accompagné ?
C’était irritant la manie qu’avait Brendan de ne pas voir qu’Eden était là. Après tout, il semblait bien plus passionné par Miki, les arbres, et les plongeurs que par Indentshi. Est-ce que c’était poli et correct ça ? Est-ce que c’était un comportement convenable ?
Indentshi, bien que sa voix ait été rieuse, était sérieux dans sa question. Il relâcha le corps, pour ne pas le faire couler, mais sa main se leva, et une tape fut donnée sur le haut du crâne de Brendan alors qu’il se reculait de quelques pas.
… Le problème dans les piscines c’est qu’on ne peut pas fumer. _________________
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Un jour, ... peut-être. Ou pas. |
|  | | Brendan Mc Orsen Lofteur ( 23 ans )

Inscrit le : 11 Jan 2007 Messages : 37
| Sujet: Re: Un jour, l'eau... Ven 9 Mai - 0:42 | |
| Il était indéniable que leurs deux vies n'avaient rien en commun, Brendan ne possédait pas le quart de la richesse de l'homme qui se tenait à ses côtés, n'avait pas connu la moitié des sentiments qu'il gardait pour lui, ne ferait dans sa vie pas le tiers de ce qu'Eden accomplirait en une journée. Ils étaient en tout point différent mais ils s'étaient quand même rencontrés par on ne sait quel destin, ou quel chemin. Est-ce que leur rencontre devait avoir lieu ou un des deux s'était-il trouvé au mauvais endroit au mauvais moment ? A bien y réfléchir, ils avaient tous deux droit d'aller au cinéma mais Brendan n'aurait pas dû y aller seul, pas à cette heure de la nuit, pas avec ce visage et pas avec cette peur de l'inconnu qui le faisait avancer malgré tout. Était-il donc le seul fautif de ce qu'il arrivait aujourd'hui ? Vous pouvez le lui demander franchement, il ne prend pas cette rencontre comme une faute, mais comme une chance. Eden ne ressemble à personne d'autre ici, c'était la meilleure rencontre qu'il pouvait faire. Il n'était pas venu pour étudier Eden, il n'en connaissait même pas l'existence mais c'était la perspective de mieux le comprendre aujourd'hui qui le faisait se lever de bonne humeur le matin. Il ne pensait pas constamment à Eden mais assez souvent pour ne pas l'oublier et avoir envie de le revoir. Un homme simple et répondant sans souci aux questions ne l'aurait pas désintéressé mais il n'aurait sûrement pas passer d'aussi bons moments avec celui-ci. Tous deux, ils s'étaient déjà engueulés, s'étaient suivi sans le vouloir, s'étaient serrés l'un contre l'autre contre toute attente et allaient maintenant prendre un bain extérieur ensembles. Leur relation pouvait se définir par étrange comme par banalement normale, ils ne se parlaient pas, mais se posaient des questions, ils n'échangeait pas de bonjour, mais se testaient sans arrêt. Brendan ne pouvait pas se rappeler du nom de famille d'Eden, le lui avait-il dit un jour ? Un soir ? C'était un détail pourtant qu'il ne souhaitait pas oublier, mais si tel était le cas, il ne pouvait rien y changer. Certaines informations sont plus importantes que d'autres et c'est partout pareil...
L'information du moment relatait la vie fraternelle et enfantine de Brendan. Oui, il savait nager et oui, il avait un frère. Pas n'importe lequel et alors que Brendan l'ignorait encore, certain qu'Eden ne connaissait pas ce détail de sa vie, l'homme en face de lui connaissait déjà cet homme qu'était son frère, ce truc qu'il arrivait de mieux en mieux à appeler frère. Juste avant d'aller dans l'eau, en se redressant pour se diriger vers la piscine, il répondit :
"Oui, un unique frère amplement suffisant. Il se trouve dans le loft, sûrement l'avez-vous déjà aperçu..."
Il n'en rajouta pas davantage, il n'était pas encore dit que sa vie personnelle intéresse cet homme. Il était difficile de le savoir comme cela et puis, après tout, Brendan lui-même n'était pas certain d'avoir envie de parler de Tyler. Si Eden, par curiosité soudaine, décidait d'aller le voir, il risquait d'être choqué et Brendan ne souhaitait pas que son frérot gâche ce qu'il commençait tout juste à bâtir ici.
Le monde tourne plus vite qu'on ne le pense, on n'y fait pas attention mais les secondes passent et la nuit finit toujours pas retomber. Les secondes... Brendan croyait qu'il les contrôlait doucement en cet instant, qu'aucun détail ne lui échappait dans l'attente de l'homme à qui il tenait compagnie mais quand il sentit des doigts mi-chauds, mi-humides sur son corps, son regard reprit son lieu d'origine avant de fixer ces doigts étonnants. Qu'il y réfléchisse calmement, que se passait-il de suite ? Relevant les yeux vers ceux d'Eden, il n'y vit pas grand chose sinon peut-être un peu de colère. Une colère sincère mais pas énorme, un peu d'agacement peut-être. Fronçant les sourcils, il ne fit aucun mouvement, attendant les explications. Brendan n'était pas tactil ni rapide dans ses gestes, il ne pensa même pas à repousser cet homme ou à fuir de ses griffes. Il préférait prendre le temps de comprendre et éventuellement de penser à un échappatoire si le résultat ne lui plaisait pas. Là, il attendit et...
Brendant devait-il prendre cela comme de la jalousie ? Comme une mauvaise habitude de la part d'Eden ? Comme de la taquinerie ? Comme une... menace ? Proches l'un de l'autre, il attendit et acceuilla sans grand plaisir cette tape sur sa tête sans rien dire. Plissant les yeux en soupirant, son désespoir pouvait se ressentir à des kilomètres. Passant doucement sa main là où les doigts inconnus avaient touché sa peau de bébé, il avança un peu dans l'eau pour suivre l'homme et répondre :
"Mon regard se disperse quand je manque d'attention. Pouvez-vous vraiment vous définir comme l'homme qui m'accompagne ? Je pense sincèrement que l'inverse prend plus son sens ici."
Brendan avait peur de ce qu'il était en train de dire, mais il ne ferait jamais machine arrière. Il avait plusieurs fois eut ce comportement dans sa vie et ses décisions avaient toujours menées à quelque chose de différent, à des changements radicaux qui n'étaient pas forcément tous positifs...
Dépassant Eden parce qu'il était assez remonté pour mériter cette place devant, il ajouta en passant :
"Ne me traîtez pas en enfant, vos doigts savent maintenant que j'ai le corps d'un homme." _________________
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