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Eden Indentshi
Tougen'kyou ( 29 ans )



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Localisation : Dans le pire de vos cauchemars

MessageSujet: Là   Dim 6 Mai - 23:51

Eden s’était installé dans une chambre vide. Il changerait de chambre bientôt, mais pour le moment, il ne s’en préoccupait pas. Il avait passé ces deux derniers jours à lire et écrire. Son travail lui prenait beaucoup de temps et il avait du s’y consacrer avec minutie. Il était d’humeur sérieusr. Aucune envie de draguer, aucune envie de séduire, ou de s’amuser. Ce n’était pas rare chez lui, mais ce n’était pas très drôle pour les personnes qui venaient lui parler, ou qui souhaitait l’aborder. Eden ne s’en préoccupait pas, il n’était pas de ceux qu’on juge, ou auquel on impose des règles. Il n’aimait pas ça, quand la partie est pipée, et quand le jeu ait faussé.
Ce n’était au fond pas ses soucis. Eden serait toujours Eden. Ici, il prenait un peu de repos. Il aimait cet endroit. Ces murs blancs, ces décorations simples. Ce lieu accueillant et calme. Eden se souvenait parfaitement avoir penser que le gérant de cet endroit devait être un égoïste profond. Il le pensait encore, mais il y rajouter l’altruisme. Ce garçon le scientifique l’avait déjà vu une fois, ou deux. C’était un beau jeune homme d’une vingtaine d’années il semblait qui avait du courage à revendre, mais un sale caractère. C’était son ami Haji qui lui avait dit combien cet homme était parfois effronté et enfantin.


Cependant Eden comptait aller le remercier de lui avoir permit de revenir. Il ne lui demanderait pas des nouvelles de Jaak. Jaak avait disparu de sa vie sans raison : par sa faute, oui. Mais Eden était un joli cœur, un homme, un idiot parfois. Il ne pouvait pas s’occuper d’un chaton sensible, de peur de le briser. Regrettait-il ? Non. Les regrets ne servent à rien. Jaak était heureux là où il devait être, et si ce n’était pas le cas, Eden le prendrait mal : car le gamin qu’il avait connu ne méritait pas d’être un homme malheureux.
Qque pouvait-il y faire ? Eden ne pouvait pas changer simplement pour donner des sourires à des personnes. N’être plus lui, être quelqu’un d’autre. Rentrer dans un moule, respecter les lois de la convenance. Etre ce qu’on lui demande d’être.

Assit sur ce piano à queue au couleur noir, il laisse ses doigts passer sur les touches blanches et sombres. Il appuie, il lève la main, la paume, les doigts. Il écoute, il ferme les yeux. Presse la musique ; la stoppe ; reprend. Mélange les genres, et les styles, mais garde ce plaisir, et cette légèreté qu’on les virtuoses. Il ne joue pas de la musique, il ait cette musique, et cette musique devient Eden.

Son cœur demeure, mais le bonheur se meurt.

Ca aussi, ça à changer. Avant Eden ne jouait pas en ouvrant son cœur. La musique était belle mais fade. Il ne se donnait pas à elle, il la contrôlait. Ici, c’est différent. Il se donne à elle, il se donne corps et âme. Il n’a pas besoin des autres, désormais. Il vit dans son monde : le monde d’Eden.

La salle de musique ait déserte. Eden a fait partir le jeune homme qui s’y trouvait quand il y ait rentré. Il n’a pas fermé la porte à clé : la journée est belle et claire, personne n’irait s’enterrer dans les bâtiments. Et puis, il n’en craint personne. Pas même lui-même. Plus maintenant. Eden ait devenu un autre homme, tout en restant le même. Sans le vouloir, il ne juge plus les autres, car ils les a tous juger déjà inférieur à lui-même. Il vaudrait bien les voir comme des égaux : mais les hommes sont stupides. Ils se laissent contrôler, ils tentent de contrôler, lui a dépassé ce stade :
Il prend, il donne. Il impose, il s’offre.
Il demeure l’être le plus étrange qu’on puisse rencontrer. Non, pas le plus étrange. Il y a des hommes plus beaux. Des hommes plus bizarres. Des hommes plus grands.
Mais personne ne peut se vanter d’être Eden. Tout comme Eden ne peut pas vanter d’être quelqu’un d’autre. Et si on doute de ces phrases, de ses mots, lui ne doute de rien : pourquoi douterait-il ?
Il a toujours eut raison, et quand il avait tord, il avait raison.

Les doigts parcourent de plus en plus vite le clavier, on dirait qu’ils volent, qu’ils dansent, qu’ils sautent, et s’entrechoquent. Et le rythme ralentit. Eden a fermé les yeux, il laisse la musique l’emporter, il sent son cœur démarrer. C’est comme faire l’amour, mais avec la musique. Il fait l’amour aux notes, il faut l’amour en rythme, parfois c’est langoureux, parfois c’est furieux. Il se donne, et il prend, mais qu’elle : que la musique. Et rien d’autre. Rien d'autres que le plaisir d'être lui-même. L'homme sourit tendrement, un peu tristement. Le sentiment revient : il va bientôt mourrir. Pourtant, il n'ait pas suicidaire, mais il le sent. Il sent que quelque chose de grave va arriver dans sa vie, et qu'il n'y pourra rien.
Il pourra juste se laisser porter, comme il le fait à cet instant, sur cette musique. Qu'avec elle, car elle et lui, ne font qu'un.
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Un jour, ... peut-être.
Ou pas.
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Munoto Abe
Mun a n'Em ( 21 ans )



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MessageSujet: Re: Là   Mar 8 Mai - 17:50

La solitude ... A cet instant, c'était ce à quoi Munoto devait faire face. Dans ce loft, il y avait pleins de personnes, il en croisait plusieurs par jour, certains ignoraient qui il était et ne le regardaient pas différemment. A ce moment-là, Munoto se sentait enfin chez lui, ici ... Ce n'était pas parce qu'il avait "bâti" ce loft qu'il s'y sentait à l'aise tous les jours. Comment dire ? Un besoin d'appartenance ?! Munmun cherchait des repères, des lieux où il pourrait avoir des souvenirs. Ce loft en lui-même était un futur souvenir de sa vie mais se rappellerait-il de toutes les pièces ? Jusque-là, il n'avait pas visité tous les endroits de celui-ci, bien qu'il le connaisse sur le bout des doigts ...
C'est pour cela que, maintenant, il se promenait seul dans les couloirs d'Hateshinai. Il avait prétexté avoir quelque chose à faire, alors qu'il sentait juste un besoin de revenir chez lui. Un bon maître des lieux ne se devait-il pas de pouvoir décrire chaque pièce ? C'était un peu chiant, il fallait le dire ...

*Première étape.*

La salle de musique était un de ces endroits où Munoto n'avait jamais, ou pas souvent, mis les pieds. Pourquoi ? Parce que lui-même, il ne savait pas spécialement jouer de la musique et puis, il s'intéressait pas vraiment au sujet. Il n'avait absolument rien contre ceux qui adoreraient passer leur journée à jouer ici, mais il ne se joindrait pas à eux ...

Il se trouvait quand même là aujourd'hui ... à se demander s'il devait entrer ou non ? Non. Il était en train de fixer cet homme de dos ... Qui était-il ? Un lofteur, sans aucun doute ... L'avait-il déjà rencontré ? Non, sûrement. Il avait eut tous les visages et les noms des personnes qui se trouvaient ici mais il ne pouvait, évidemment, pas se rappeler de tous. Pourtant, il avait l'impression que cet homme, là, lui était familier ...
Appuyé contre le chambranle de la porte, les mains dans les poches, Munoto colla sa tête contre le mur et écouta cette musique qui s'échappait des doigts du lofteur à quelques mètres de lui. Il jouait bien, c'était très agréable à entrendre ... Est-ce que c'était triste ? Passionné ? Munmun ne pouvait le dire, mais il savait juste qu'il n'avait pas envie d'y mettre un terme avec des bribes de mots inutiles ... Parce que oui, il devait se présenter. Il était assez bien élevé pour ne pas rester à contempler quelqu'un dans un espace "privé". Cet homme ne savait pas qu'il était là mais ... comment allait-il réagir en le voyant ? Allait-il cesser sa musique et s'en aller ? Lui demander de partir en fermant la porte ? L'ignorer ?!

Peu enclin à y réfléchir de lui-même, Munoto franchit enfin le seuil de la porte et pénétra dans la salle de musique, sans réellement faire de bruit. Le piano qu'il y avait au centre de la pièce se rapprochait inexorablement de lui et il savait très bien ce que ça voulait dire ...

S'arrêtant enfin à une distance raisonnable du seul lofteur sur les lieux, Munoto enleva ses mains de ses poches et les frotta entre elles avant de se décider :

"Tu penses pouvoir la rendre plus joyeuse ?"

Munmun savait bien qu'un genre de musique jouée ne se changeait pas comme cela, et que ça dépendait généralement de l'humeur de l'artiste mais il avait quand même eut envie de demander. Les joies et peines des lofteurs ici étaient son quotidien mais aujourd'hui ... ras le bol.

S'avançant encore un peu et même si on ne lui avait rien demandé, il posa son index sur une touche au hasard et appuya doucement dessus, en tremblant un peu avant d'ajouter, sans jamais le regarder directement dans les yeux :

"Une musique, c'est personnel ... mais j'aimerais que tu joues celle que je ne peux jouer ..."

Laissant un silence d'1/2 seconde après ce qu'il venait de dire, Munoto esquissa un sourire et se recula d'un coup sec en portant sa main derrière sa tête, avec un sourire gêné :

"Qu'est-ce que je raconte, moi ? Continue, je t'en prie !"
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Eden Indentshi
Tougen'kyou ( 29 ans )



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MessageSujet: Re: Là   Mer 9 Mai - 2:36

Qu'aurait fait Eden s'il avait su qu'il était regardé ? Il se serait stoppé. Il se serait retourné, et son regard lumineux serait devenu noir de colère. Il aurait alors clairement fait comprendre au jeune homme qu'on ne rentrait pas dans son intimité comme dans une foire à animaux. Qu'il n'était pas un pianiste de restaurant, et qu'on ne restait pas à l'observer sans raison. Peut-être qu'il serait partit. Pas certain. Comme bien des prédateurs Eden ne partait pas d'un lieu où il était à l'arrivé d'un autre mâle : c'était signe d'abandon et de faiblesse.
Mais il ne vit pas Munoto. Absorbé par la passion de la musique, ses doigts parcouraient, volaient, et s'amusaient sur les touches. Ce n'était pas gai, certes, mais il aimait s'entendre. Ouvrir son cœur et se laisser aller. C'était Akamu qui lui avait apprit ça. Akamu qui allait bientôt se marier avec Olivier. Eden avait sourit en apprenant que le jeune homme s'était mit avec un écrivain : ça lui allait bien. Un rêveur et un écrivain. Il leur souhaitait tout le bonheur du monde. Il était simplement désolé, pour un autre petit bonhomme. Un petit groupie qui aimait la star : un garçon du nom de Maeki Oyuki qui traînait dans les bars à la fin des concerts de l'autre homme, et qui espérait le voir entrer.
Ca c'était la vie d'Eden en France. Passer du temps avec Akamu, finir dans les bars à observer le gamin : pas pour le baiser, mais au contraire, pour le protégé. Maeki était un petit garçon encore, il n'avait que dix-huit ans et été atteint d'une maladie du cœur. Il allait mourir. Eden l'avait opéré … Une fois. Puis deux. Avoir le cœur de quelqu'un concrètement entre les mains, ça peut changer la vision du monde.
Ils allaient lui manquer, même s'il savait que le gamin était au Japon maintenant, il ne pourrait pas aller le voir avant un mois ou deux. La vie en France allait lui manquer, mais Eden savait une chose : le lieu qui lui avait le plus manqué, devait être ici. Et la maison de ses oncles, mais elle, elle demeurait un lieu trop sombre de mort pour héberger un homme seul. Quelque fois, Eden se trouvait fou, là-bas, il deviendrait cinglé.

Eden l'entendit cette fois-ci. Les faibles pas de l'homme légers sur le sol. La respiration courte et régulière. Il ne cessa pas de jouer, mais son oreille se tendit en direction de l'inconnu. Il l'entendit se rapprocher de nouveau. Pas trop près. Juste assez pour pouvoir lui parler, mais Eden ne pourrait pas tendre la main et le toucher. Il n'en avait par ailleurs pas l'intention. Il cherchait à deviner ce que l'homme comptait faire : rester, partir ? Finalement, deux mains se frottèrent l'une contre l'autre et une voix s'éleva.
Cette voix, Eden la reconnu tout de suite. C'était celle d'un jeune homme qui vivait ici depuis longtemps : oui, c'était celle du plus vieux locataire de l'endroit : puisque c'était celle du propriétaire des liens. Munoto. Eden lui avait déjà parlé, il y a longtemps certes. Il l'avait déjà eut une fois, ou deux peut-être, au téléphone. Et lui avait déjà écrit. Après autant de lettres, de mots, et de messages, Eden ne pouvait pas l'oublier. C'était aussi parce que Munoto faisait partit des hommes qu'on n'oublie pas : il avait un étrange sentiment en lui qui faisait qu'on pouvait l'aimer, ou le haïr, mais qu'on ne pouvait jamais effacer son image de sa tête. Tous ses amis devaient s'en souvenir, de ceux de la maternels à l'université, s'il y avait été.


Le jeune homme parla. Le tutoyant, mais il ne semblait pas l'avoir reconnu. Eden cessa de bouger, mais il ne tourna pas la tête. Il ne sortit pas non plus de cigarette, chose extraordinaire, mais il était difficile de jouer à deux mains et de fumer en même temps : il pouvait le faire, mais pas devant le maître des lieux. Ce serait vexant de reconnaître qu'il était accro à la nicotine comme son vieil ami le docteur.
Quelque de plus joyeux ? Eden sourit tristement, gardant cette fois son visage dans l'ombre pour une autre raison : il ne voulait pas être malheureux. Ce serait irrationnel et illogique. Pouvait-il rendre plus joyeux tout ceci ?

Bien sur qu'il le pouvait ! Ca dépendait de lui, non de ses sentiments. Bien sur, une musique pouvait naître de la tristesse, mais un sentiment pouvait également naître d'une musique. C'était un fait vrai que certaines chansons nous rendent mélancoliques et d'autre pleine d'énergie et de joie.

"Peut-être … "

Eden le sentit de nouveau approcher, et cette fois, il tourna son regard pour voir le jeune homme poser son index sur une des touches qui sonna doucement. Eden regarda la touche qui avait été appuyé, et il sourit amusé. Une musique est personnelle et universelle. Tout le monde ne comprend pas le français, mais tout le monde sait faire de la musique. Pas besoin pour cela d'avoir apprit, comme Eden les rudiments des solfèges. De grands pianistes et musiciens ne savent rien des notes et des accords et ils s'en sortent très bien.

Celle qu'il ne pouvait pas jouer ? Etait-il malheureux ?

Eden le regarda, bien que Munoto ne le regardait pas. Il s'était reculé soudainement, et abordait un sourire gêné. Le scientifique haussa des épaules, hocha de la tête, et la détourna de nouveau pour fixer le du piano alors que son petit doigt se posait sur la touche que Munoto avait appuyé, se mettant à jouer. D'abord, doucement, n'y pouvant rien. Puis, petit à petit, il changea. Allant de plus en plus vite, se stoppant parfois, mais restant dans les tons chauds. Un sourire arborant ses lèvres. Ses doigts parcouraient les notes blanches, et Aki souriait assit sur le piano. Se posant sur les notes noirs. Eden, cesses de rire, cette araignée était vraiment énorme. Changeant du rythme endiablé, au rythme du fou. Plus doucement … Vas plus doucement. Pour se ralentir, se stopper. Mon dieu plus vite … Eden. Et enfin pour se stopper. Méangeant les tons graves, et ton aigus. Eden ... Ho, oui ...

Le scientifique cessa, fermant les yeux, c'était indécent de penser à ça en jouant. Surtout devant un gamin.

"Ravi de vous revoir, monsieur Munoto."
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Un jour, ... peut-être.
Ou pas.
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Munoto Abe
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MessageSujet: Re: Là   Sam 16 Juin - 20:03

( Milles excuses ! J'ai peu de temps ... et peu d'inspi ... )

Munoto, qui après quelques questions personnelles et muettes était entré dans la salle de musique, venait de parler à cet homme qu'il n'avait pas encore reconnu et par la suite, venait de le faire cesser de jouer. Ce fut là-dessus qu'il fut le plus gêné. Non seulement, il était entré dans prévenir de son arrivée, sans demander s'il avait le droit mais en plus, il le coupait dans son élan musical ... la seule chose qui lui restait à faire était un brin logique :

"Excuse-moi, je voulais pas te déranger ..."

Munoto, même s'il ne l'était pas vraiment, semblait fatigué, las de certaines choses qu'il n'avouerait jamais. Un bon maître des lieux ne doit pas se plaindre et doit toujours montrer un visage souriant mais ce n'était pas aussi simple que cela. Tous les lofteurs avaient des coups de blues et Munoto, avant d'être le maître des lieux, était aussi un lofteur ...

Détournant un peu le regard parce qu'il ne souhaitait pas voir le visage de cet homme qui devait le trouver fgranchement sans gêne, Mun s'avança à nouveau pour poser son doigt sur une touche "au hasard" avant de reculer, gêné. La suite fut rapide et prenante. Cet homme s'était remis à jouer à partir de la touche qu'il avait effleuré, comme s'il jouait enfin une musique que Munoto ne pouvait jouer.
Son visage se redressa enfin et alors que cette mélodie avait tout d'une chanson rechauffante, Munoto sentit une larme couler sur sa joue droite, une seule. Il n'était pas malheureux, ni triste, ni en colère ou émerveillé. Il était juste ... vidé. Cette chanson qu'il ne connaissait pas, il avait eut l'impression qu'elle le transperçait de toutes parts pour lui voler tous ses secrets ... Pourquoi ? Simplement parce qu'elle avait commencé par la touche qu'il avait touché ...

Ce fut uniquement quand la musique se stoppa que Munoto essuya cette unique et honteuse larme avant de redresser la tête, feintant le geste pour dire :

"Tu sais qui je suis ... on s'est déjà rencontrés, alors ?"

Sachant qu'il s'était sentit un peu agressé par cette musique, Munoto venait de perdre cette gène qui l'accompgnait depuis le début de son entrée ici. Cet homme qu'il n'avait toujours pas reconnu devait le trouver bien étrange ...
Se grattant le front, il vint s'appuyer près du piano et laissa un soupir passer ses deux lèvres avant d'ajouter :

"J'ai oublié ton visage ... peux-tu me dire ton nom ?"

Ce n'était franchement pas glorieux d'avouer quelque chose comme ça, mais Munoto n'avait pas envie de faire des manières juste parce qu'il était Munoto. Tous les deux, ils se connaissaient apparemment, alors cet homme devait aussi connaître son caractère.

Laissant glisser son regard sur les touches maudites du piano, Munoto se mordit la lèvre en se rendant compte qu'il avait comme une d'attraction pour l'instrument mais était trop fier pour le dire ...
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Eden Indentshi
Tougen'kyou ( 29 ans )



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MessageSujet: Re: Là   Sam 16 Juin - 22:15

[Tu acceptes déjà le jeu avec moi ^_^ c'est suffisant, Mun]

Eden n'aimait pas les excuses, s'était ennuyant. Stupide, et ça ne servait à rien, il ne répondit pas à celle-ci et se remit à jouer. Il se stoppa, pour parler au maître des lieux. Indentshi n'avait pas aimé ce sale gamin trop fier, au départ. Il l'avait jugé arrogant, ignare, enfantin et imbu de lui-même. De plus, il était utopique, rêvant d'un monde parfait, où tout le monde s'aimerait, et tout le monde serait heureux ! Stupide. Et pathétique.
Petit à petit, son idée envers l'homme avait changé. Les heures, les jours et même les secondes avaient transformé son idée de ce frêle garçon. Il était sensible, doux, raffiné, mais terriblement renfermé. Il pouvait baisé avec presque n'importe qui semble-t-il, mais ne parlait que rarement de lui, et pourtant il semblait distant sur les sentiments. Dans cette part de Munoto, Eden se reconnaissait. Mais les choses avaient certainement changé et avait du se transformer depuis sa dernière visite. Cependant l'homme restait attaché à ce personnage étrange !

Il fut donc blessé, sincèrement blessé de savoir que Munoto ne l'avait pas reconnu. Autant dans son orgueil, que plus profondément dans son cœur. Cela ne pu se voir si dans son regard, ni dans ses mots, encore moins dans son visage, mais il fut eut profondément mal d'avoir été oublié aussi facilement. Il était homme de pouvoir, on ne pouvait pas se défaire de son visage. On le détestait bien souvent, le haïssait, jusqu'à vouloir sa mort, mais on ne tirait pas un trait sur lui comme-ci il n'était rien d'autre qu'un individu non identifiable. Et puis. Munoto avait été l'amant de son cousin, et donc par conséquent, il aurait pu se souvenir, ne serait-ce qu'un peu de lieu. Quoiqu'il est vrai qu'ils ne soient rencontré que très rarement, et pratiquement jamais parlé. Eden n'entretenait pas particulièrement de grands liens avec son cousin : gamins il avait joué avec, adolescents il l'avait taquiné, adulte ils avaient discutés, mais ils n'étaient pas proche au point de se téléphoner régulièrement.

"Vous n'avez pas changé …"

Même visage. Même regard. Même air. Eden leva les yeux au ciel, souriant de plus belle, avant de se détourner de propriétaire de cet établissement, et donc propriétaire du sublime piano par la même occasion, pour se remettre à jouer de l'instrument. Il était bon. Cela il le savait. S'il n'avait pas été dans un camp de militaire, et s'il n'avait pas autant aimé être un scientifique, il aurait souhaité être musicien dans un quelconque bar, fumant, buvant et jouant. Ca aurait été le pied. Quelque soit la musique. Sans paroles cependant, ou alors, des bonnes paroles. Pas les starlettes de la télévision empoissonnant son existence. Même dans un bar de débauche, à jouer de la musique bandante lui aurait été. Mais, c'était maintenant trop tard. On ne referait pas son passé, si cela été possible, Eden changerait sa naissance. Oui, il changerait sa naissance, il se tuerait. Ca éviterait bien de désastre tien … Quoique.
Quoique non. Il ne se tuerait pas. Il sauverait simplement Aki. Il le sauverait de tous ses êtres, et resterait sa vie avec lui. Il abandonnerait tout, les études, les amis, le travail, mais il resterait avec lui, à lui faire l'amour, et à jouer de la musique, ou à le voir. Même, s'il ne pouvait plus lui faire l'amour, il resterait sur le balcon, à devenir un pervers, à fumer, et à le fixer.

Le piano est un objet simple et compliqué. Simple à jouer, mais compliqué à comprendre. Il a presque une âme, comme tous les instruments. Et c'est un métier que de savoir faire vivre cette âme. Ca, Eden savait le faire. Autant il pouvait être froid, horrible, et parfois con, totalement monstrueux. Autant, la musique était chaleureuse et parfaite entre ses longs doigts. Seulement, il jouait peu en public. Voir jamais. Il acceptait la présence de Munoto pour une raison qui lui était encore inconnue : peut-être simplement, parce qu'il ne pouvait pas le rejeter. Le repousser, et le mettre dehors. Peut-être simplement, parce qu'il avait considéré pendant un temps Munoto comme un ami …
Il cessa, souriant, un peu provoquant dans ses gestes.

"Vous m'avez donc oubliez, monsieur Munoto ? Je suis Indentshi"

Eden ne lui parla pas de son cousin. De son oncle, ou d'un autre rapport. Le scientifique ne se souvenait que peu de son cousin, et il était décédé il y a déjà deux ans. Peut-être que Munoto l'avait oublié, barré de sa mémoire. Indentshi s'était toujours demandé si l'homme avait été là le jour de la mort de son cousin, mais peut-être pas. Peut-être n'avait-il été qu'un amant d'un mois, ou deux, et qu'il ne se souvenait même plus de cet homme.

" Nous nous sommes peu rencontré. Je tenais à vous remercier d'avoir accepté ma venue."

Le scientifique fronça les sourcils, captant un des regards de Munoto en direction du piano. Voulait-il jouer ? Il pencha le visage, scrutant l'homme, le pénétrant de ses prunelles noirs de loup de la nuit, tentant de s'insinuer en lui pour comprendre la raison de sa venue dans cette pièce.
Savoir ce qu'il désirait. Voulait-il qu'il parte ? Voulait-il jouer ?

Le scientifique haussa des épaules, posant la question la plus importante qui lui venait en tête.

"Comment vas votre père ?"

Il n'aurait pas posé la question s'il savait que Munoto et son père ne s'entendaient pas, mais le père parlait toujours très bien de son fils, et c'était un homme assez remarquable autant dans les affaires que dans les sentiments. Eden l'avait toujours beaucoup apprécié en tant qu'individu et il avait toujours été embarrassé lors des dîners d'affaires quand il apprenait que sa femme avait eut, de nouveau, des soucis de santé. Régulièrement, il s'était demandé si le fils avait également des problèmes dans ce sens-là, mais Indentshi ne se mêlait pas de la vie privée des autres. Seulement, Eden ne l'avait pas revu depuis trois mois déjà.
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Munoto Abe
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MessageSujet: Re: Là   Dim 17 Juin - 18:06

( Tout de même, je vais faire des efforts. Tu les mérites ^_^ )

"Vous n'avez pas changé ..."

Cette simple phrase comme unique réponse de la part de cet homme venait de stopper Munoto dans ses pensées. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Changer ... c'était un mot bien vaste, un mot qui reliait passé et présent, un mot que l'on ne pouvait employer que lors d'une rencontre passée.
Munoto plissa les yeux, sans répondre. Il cherchait. Cet individu, il l'avait déjà vu, c'était de source sûre maintenant mais il était incapable de mettre un nom sur ce visage, visage pourtant familier. Il avait peut-être les traits de quelqu'un ? Confondait-il avec un autre lofteur ? Une autre connaissance ? Il avait beau se creuser les méninges, aucun nom ne lui venait à l'esprit. Même cette voix ne lui disait rien ... Que devait-il répondre ? "vous, si !" ? Cet homme devait déjà avoir compris qu'il ne l'avait pas reconnu à sa question alors il était inutile de tenter de dissimuler ce manque.

Baissant les yeux, il répondit simplement :

"A quand remonte notre dernière rencontre ?"

Ainsi, à cette réponse, Munoto allait peut-être retrouver ces souvenirs qui lui manquaient et remettre un nom sur ce visage avant que celui-ci ne se présente. Il se sentirait un peu moins con de dire le nom de cet homme avant celui-ci mais il sentait d'avance que c'était peine perdue ...

Après cette magnifique mélodie qui soutira une larme à Munoto sans qu'il ne puisse l'expliquer, la "conversation" continua et enfin, Munoto su le nom de cet homme. Indentshi. Sur le coup, il faillit lui répondre "Navré, mais ça ne me dit rien" mais en cherchant bien dans ses souvenirs, ses yeux s'aggrandirent enfin et Munoto porta une main à sa bouche en murmurant :

"Eden ..."

Oh là là, il avait encore plus honte que prévu. Commnt avait-il pu oublier le visage d'un membre de la famille de cet homme qu'il avait aimé à en mourir ? Eden Indentshi, cousin de son amant disparu ...
Laissant ses oreilles rougir avec force, il laissa passer un soupir d'exaspération en ajoutant :

"J'aurais pas dû t'oublier ... Ca fait longtemps. Ton nom ne m'était pas inconnu, j'avais simplement oublié ton visage. Tu as aussi changé, tu es si ... homme."

Munoto, qui n'était pas forcément doué pour s'expliquer, ne voulait pas dire par-là qu'Eden avait toujours ressemblé à une femme mais plutôt que là, il faisait vraiment mature, qu'il n'avait plus rien d'un quelconque adolescent, qu'il était devenu franchement respectable au point que Munoto avait envie de s'agenouiller devant lui. Mr Eden Indentshi était revenu au loft après quelques temps, lui demandant en plus s'il avait le droit. Cet homme ne devait pas le considérer comme supérieur, il n'en n'avait pas le droit. Munoto n'était rien à côté de celui-ci ...

Cependant, même si la présence de quelqu'un comme Eden lui faisait rudement plaisir, elle était aussi extrêmement douloureuse. Munoto refusait de revenir sur le passé et là, sans le vouloir, il était revenu en arrière, dans cette période de sa vie où il avait tout apprit, où il aurait voulu vivre le reste de ses années, où il en était partit trop tôt.
Se mordillant la lèvre alors qu'il sentait que ça lui gâchait un peu l'humeur de retrouver toutes ces sensations dissimulées mais pas oubliées, Munoto releva la tête quand une nouvelle question fut posée et un sourire tendre se forma sur ses lèvres :

"Oh, il va très bien, je te remercie. Son travail lui plaît toujours autant et même s'il fatigue à vue d'oeil selon moi, il est toujours aussi jovial. Je m'inquiète davantage pour ma mère ..."

Munoto esquissa un infime sourire légèrement triste. Kitana, sa mère, était encore retournée à l'hôpital dernièrement et d'après le coup de fil que son paternel lui avait passé, ce n'était pas une simple visite. Il ne lui en avait pas dit davantage pour ne pas l'inquiéter mais depuis, Munoto y pensait jour et nuit et n'avait personne pour en parler ...

Décidant qu'il n'avait pas non plus envie de rendre son humeur franchement désastreuse en partant sur ce sujet très peu joyeux, Munoto s'approcha d'Eden jusqu'à se mettre accroupi à ses côtés et lui demanda, dans la plus stricte intimité et en vérifiant que personne d'autre n'était entré dans la salle :

"Es-tu revenu pour quelqu'un ? Je ne souhaite pas me mêler de tes affaires, mais ton soudain départ a fait des malheureux ... Je ne te demande pas d'explication, ce serait injustifié de ma part, mais je m'inquiète simplement pour toi."

Avant tout, Munoto était un mec, certes, mais un mec gay et c'en était toute l'origine de ce loft. Il ne se doutait pas du tout de la raison du départ d'Eden mais craignait que celui-ci ait rapport avec sa possible homosexualité. Avait-il eut des ennuis ?
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Eden Indentshi
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MessageSujet: Re: Là   Mar 19 Juin - 16:51

A quand remontait la dernière rencontre entre Eden et Munoto ? Cette question posée par ce dernier fit ciller le scientifique. Il lui semblait que ça remontait à quelques années. Munoto était presque un enfant. Eden se souvenait de lui, et il n'avait pas réellement changé. Toujours ailleurs. Le propriétaire du Loft ne changerait certainement jamais, resterait la même personne. Celle que son cousin avait tenue dans ses bras. Indentshi n'engagerait pas cette conversation-là. C'était des pensées propres. Il aimait beaucoup le disparu mais, Munoto avait peut-être plus souffert que lui. A moins, qu'il l'est oublié. Ca arrive. Un amant … Un simple amant … Eden se souvenait de lui. Il se souvenait de ce qui lui disait. Il est merveilleux, Eden. Tu vas voir, il est vraiment ….

"A quelques années !" Répondit Eden posément, observant Munoto pour capter des changements. Toujours un peu sonné et blessé d'avoir pu être aussi facilement oublié. Lui n'était pas son cousin, il n'était pas mort. Qu'on l'oubli ce jour-là et pas avant.
"Deux ans, trois mois, et dix-sept jours …." Finit-il par dire, terminant de compter dans sa tête. "Ha non … dix-huit jours."

La précision c'était exactement la tasse de thé d'Eden, bien qu'il ait toujours préféré le café. C'était la fin de l'automne, les feuilles tombaient, et les pommes dégringolaient. Il pleuvait. Une belle pluie. Munoto était sur un sofa, il souriait. Indentshi cherchait un lieu pour faire des comptes. Ca devait être leur dernière rencontre. Ensuite, son oncle était mort. Cet oncle, le père de ce garçon. Et il était partit.
La première c'était passé un hiver. Le garçon avait les joues rougis par le froid, et le bout du nez. Il riait. Il riait de tout son cœur, et Eden regardait son cousin avec un peu de gronderie de se comporter tout deux comme des enfants. Non. Des amoureux. Ils n'avaient pas le droit d'étaler leur bonheur avec autant de grandeur ! Le scientifique avait été jaloux. Puis, il avait rit. A l'époque, il venait d'aimer …. Mais c'était du passé.

Indentshi se permit de donner son nom. Il n'avait pas envie de jouer à qui est-ce qui. Voir le regard s'agrandir et la main se poser sur sa bouche c'était un amusement pour cette mélancolique journée. Une lueur malicieuse vint s'incruster dans le regard du vieux scientifique. En effet, il trouvait ça très amusant de voir le jeune homme se souvenir soudainement de lui. Ca effaçait presque la blessure de son ego d'avoir été oublié.
Eden. Oui … Ce fut étrange. De l'entendre dire. C'est vrai … Munoto savait son prénom. Ca fait un bout de temps, qu'il ne l'avait pas entendu. On le nommait monsieur, Indentshi, patron, chef, boss, et parfois on ne nommait pas des surnoms. Mais son prénom, n'était autorisé que pour les proches, et Eden n'avait plus qu'un proche, dans un pensionnat, qui l'appelait Oni-san.

Le scientifique regarda les oreilles rougir, puis le soupir. Et son ego disparu. C'était finalement plutôt amusant d'avoir oublié, mais pourtant son regard se fit heurté, un peu curieux, quoique toujours dur. Si homme ? Hu ? Voulait-il dire qu'avant il ne faisait pas homme ? Qu'il faisait femme ? Eden eut un sourire amusé, croissant les bras, son regard se fessant curieux.

"Si homme …" Répéta-t-il. : "Que voulez-vous dire monsieur Abe ? Je ne me souviens guère avoir porter des robes ni des porte-jarretelles … "

C'était faux. Il se souvenait parfaitement avoir porter une robe. Mais c'était différent, il avait quatorze ans, et il avait à l'époque une petite amie qui aimait prendre des photographies. Une gentille gamine de seize ans, qui avaient pleuré quand Eden l'avait trompé. L'avait quitté. Comme-lui. Ca n'avait absolument rien à voir avec Munoto qu'il n'avait pas connu à quatorze ans. Non, c'était quelques années plus tard qu'avait commencé l'histoire entre lui et son cousin. Et par la même occasion, leur première rencontre que Munoto devait avoir oublié, comme tout le reste.

Eden se doutait bien que Munoto ne voulait pas dire qu'il était une femme avant ! Il ne l'avait jamais été, et il ne ressemblerait jamais à un nana. Bien qu'étant enfant, il avait de longs cheveux noirs, ça ne changeait au fait qu'il était un homme.

Après l'évocation de son inquiétude pour sa mère, Munoto voulu visiblement changer de sujet. Eden fronça les sourcils. Kitana Abe ? Elle allait mal ? Cette femme n'était pas toujours très agréable, surtout au sujet de l'homosexualité de son fils qu'elle ne semblait pas profondément approuvé, mais c'était une belle femme cultivée tout de même. Eden ne l'avait rencontré que très rarement, vraiment. Mais elle était comme son fils, ravissante, belle, et séduisante. La pomme n'était pas tombé loin de l'arbre visiblement …
Seulement. Munoto avait-il des soucis de santé ? La question revint. Plus présente dans l'esprit du scientifique. Que deviendrait cet établissement et ses occupants si Munoto partait et les abandonnait.
Lui, Eden, aurait toujours sa maison. Il aurait toujours ses demeures, ses gardes du corps, son argent. Sa vie. Il aurait toujours un souffle de vie mais les autres ? Les malheureux, les pauvres, ceux qui se sont reconstruits, ceux qui sont encore détruit ? Ceux qui mérite de vivre ici pour longtemps ? Et ceux qui aiment le garçon. Eden ne pensait pas que Munoto soit capable de prendre soin de lui-même. Son amant devait avoir forte affaire pour l'obliger à manger. Eden n'était stupide, il était au courant de l'anorexie du garçon – et à dormir correctement.
Que deviendrait Hateshinai sans Munoto ? Ce serait comme retirer le soleil sur le drapeau japonais. Retirer les touches du pianos, et faire des expériences sont prendre aucune donnée ! Que deviendrait Hateshinai sans Munoto et que deviendrait la vie sans la mort ? Ce sont des questions où on n'espère jamais trouver de réponses.


Munoto se rapprocha de lui, et se mit à chuchoter. Eden le gratifia d'un regard un peu perplexe avant de froncer des sourcils. Des malheureux ? De quoi pouvait bien parler Munoto ? De Jaak ? Il devait être heureux là où il était. Il avait peut-être retrouvé la jeune fille qui avait un enfant de lui, et ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants. Amère pensée, regrettable douleur. Mais, vieille douleur. Indentshi avait choisit pour eux deux, il avait décidé de partir, et de ne plus risquer inutilement la vie de ceux qui l'entoure : Aki décédé, Kanmi violé, et Jaak accidenté par une voiture ! Ca suffisait !
Mais Munoto a dit DES malheureux ? Il ne parlait certainement pas d'Haji qui avait du fêter son départ en fumant une trentaine de clopes, et en baisant deux fois plus. Et puis, le médecin était constamment malheureux.
Alors qui d'autre ? Munoto ? Non. Lui l'avait oublié.
Eden était réaliste, il n'avait pas fait des malheureux, il avait fait un choix, son choix. De toute façon, il devait partir. S'il était resté, qui aurait reprit la maison Indentshi ? Il était le chef, maintenant. Il était le grand patron, celui qu'on respecte. Celui qui n'a plus aucun droit. Ni celui de pleurer, ni celui d'aimer. Que ce serait-il passé s'il était resté, et qu'il avait laissé le petit s'occuper de tout ? Ce dernier aurait souffert. Que ce serait-il passé si Eden était partit avec Jaak, ou un autre ? Ils auraient souffert. Non. La situation était très bien comme ça !

Eden tendit la main, posant trois doigts sur la joue du jeune garçon, lui donnant une faible caresse, avant de retirer sa main, la reposant sur le piano, se dégageant de l'emprise des yeux pour accorder un sourire sage et bienfaiteur, voulant rassurer le jeune homme.

"Non. Munoto, je ne suis revenu pour personne."

Trois notes d'appuyées, avant qu'Eden ne soupire, regardant presque tendrement Munoto, désolé de son arrogance passée et future. Non. Ne me demandes pas Mun, car je n'ai rien à te dire. Qui veux-tu que je retrouve ? Moi, qui suis partit ?

"Je suis désolé de mon départ précipité. J'avais des affaires urgentes à régler. Et toi, es-tu heureux ?"

Eden lui aurait bien évoqué ses soucis. Lui parler de son oncle mort, de son fils mort avant. De l'héritage, de sa vie en sommes. Mais, cela ne servirait à rien. Ce serait ridicule. Il ne pouvait plus se permettre de l'être. Tout juste si ce n'était pas un crime d'avoir abandonné la société un temps pour venir se reposer ici.

"As-tu trouvé une moitié dans toutes les âmes égarées que tu accueillis ?"
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Un jour, ... peut-être.
Ou pas.
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Munoto Abe
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MessageSujet: Re: Là   Jeu 21 Juin - 0:38

Quelques années ... Et Eden trouvait drôle que Munoto ne se rappelle pas de lui ? Ils n'avaient jamais vraiment été proches tous les deux, Eden était simplement un cousin à l'époque. Aujourd'hui, il était davantage qu'un cousin dans son esprit et dans son coeur et il ne pourrait plus l'oublier mais avant ... Évidemment, Mun n'avait pas tiré un trait sur les événements et les personnages de cette période de sa vie mais il se plaisir à croire qu'il n'y pensait plus et qu'il avait enfin réussi à refaire sa vie par la suite ... Pourtant, le simple fait d'évoquer le no d'Eden Indentshi avait suffi à lui faire battre le coeur et remonter quelques regrets enfouis ... N'arriverait-il donc jamais à vivre avec son passé ?

"Un peu plus de deux ans, en effet. Si j'avais su que je te reverrais dans ces conditions, j'aurais fait davantage attention. Cependant, à l'époque, je ne vivais que pour ... lui."

Munoto esquissa un sourire avant de remuer sa main comme pour montrer que c'était du passé, qu'il n'y pensait plus, qu'il avait refait sa vie et que c'était tant mieux. Grossière erreur que de tenter d'oublier son passé mais Mun n'avait pas d'autres choix. Il savait pertinemment qu'il aimerait toujours cet homme à la folie s'il était encore là mais ça ne servait à rien d'y penser puisqu'il l'avait quitté ... Le pire, c'est que Munoto n'avait même pas lui dire ses sentiments, lui dire combien il comptait à ses yeux ou encore lui dire "au revoir". Ils s'étaient séparés au matin pour une journée normale de travail mais cette journée n'avait rien eu de normal ... Elle avait tout changé, elle avait engendré le loft. A chaque malheur ces bonnes choses ...

Des porte-jarretelles ? Pourquoi diable Eden prononçait-il ces mots ? Mais en repensant à ce qu'il venait de dire, Mun se mit à rire d'un rire franc et sincère, presque libérateur. Ca alors, il n'avait à l'instant pas du tout envie de rire, pourtant cette remarque lui tordait le ventre. Ce n'était pas la phrase en elle-même qui était amusante mais ce qu'elle présageait. Eden en porte-jarretelles, c'était sûrement une chose qu'il ne verrait jamais de sa vie. C'était si ... amusant de l'imaginer.
Il tenta tant bien que mal de s'arrêter de rire et s'excusa avant d'ajouter :

"Pardonne-moi, ton image en porte-jarretelles est trop impossible et risible pour être vraie ... hin hin ... Mais je voulais surtout dire que tu avais mûri ... Tu n'es plus un semi-ado comme l'impression que j'avais eu à ce moment."

Munoto était franc et très peu gêné de dire en face ce qu'il avait pensé de telle ou telle chose à l'époque. De toute façon, comme il venait de le dire, c'était "à ce moment", moment qui les faisait revenir à plus de 2 ans en arrière. Eden ne pouvait tout de même pas s'offusquer de cela, si ? Si tel était le cas, Munoto était prêt à s'excuser de nouveau en tentant du mieux qu'il pouvait d'effacer cette image amusante de sa tête ...

Le sujet parental passé comme un "salut, tu vas bien ?", Munoto pu enfin se mettre à parler plus sérieusement. En fouillant un peu dans sa mémoire, il se rappelait enfin des bouts manquants du puzzle, du départ d'Eden et de sa demande manuscrite pour revenir. Munoto en lui avait demandé aucun compte, lui permettant de revenir avec joie puisqu'il n'avait pas dépassé la limite d'âge. Seulement, là, il commençait enfin à s'inquiéter du départ passé de celui-ci. Ses possibles problèmes étaient-ils résolus ? Cette idylle qu'il avait formé avec Jaak à l'époque était-elle réellement terminée comme les rumeurs le disaient ? Ce n'était pas à lui de lui poser toutes ces questions, il n'avait même pas le droit d'y penser mais en bon maître des lieux qu'il tentait de devenir, il se devait de prendre soin de ses lofteurs ...
Pour toute réponse, Mun eut droit à 3 des doigts d'Eden sur sa joue qui lui procurèrent une très agréable mais éphémère caresse avant de s'en aller. Sans vraiment comprendre pourquoi, les oreilles de Munoto se mirent à rougir doucement. La douceur ... Eden n'était pas une brute dans son genre, non, mais il n'avait pas non plus la réputation d'un mec doux et câlin comme certains ici. Alors pourquoi ce geste ? Le prenait-il encore pour un enfant ? Pensait-il vraiment qu'il avait besoin de cette caresse pour faire disparaître ses inquiétudes ?
Il entendit sa réponse mais se redressa et demanda, d'une voix assez colérique de peur d'être pris pour un gamin :

"Qu'est-ce que c'est que ça ? Tu crois que je ne suis pas capable de faire quelque chose de mes 10 doigts ? Tu me regardes tendrement comme tu le ferais à un môme mais je ne suis plus ce môme que tu as connu, je ne veux plus que tu me compares à ce Munoto que tu as connu dans le passé. J'ai mis de côté mon passé, j'ai oublié ton cousin comme je t'ai oublié toi pour réussir à continuer alors s'il te plaît, ne me considère plus comme un gamin ... s'il te plaît ... je ne veux pas revivre ça ... s'il te plaît."

La soudaine colère de Munoto s'était littéralement transformée en un presque appel de détresse. Il n'avait pas du tout envie qu'Eden en vienne, si possible, à le serrer dans ses bras en s'excusant, mais il ne pouvait pas supporter le poids soudain de son passé. Evidemment, il y avait repensé maintes et maintes fois de lui-même mais là ... c'était si inattendu. Pourquoi maintenant ? Pourquoi lui ? Sa journée avait si bien commencé ...

Détournant le regard comme pour cacher ses sentiments actuels et pourtant si visibles, il répondit quand même à la question posée juste avant, croisant les bras sur son ventre pour se donner une contenance :

"Je ne suis pas malheureux, mon homme n'est pas très présent mais quand il est là, j'oublie au moins les problèmes que j'ai. Et puis ... mine de rien ... je crois que je suis amoureux, oui ..."

Baissant les yeux, le simple fait d'évoquer Emrick lui fit encore rougir les oreilles. Il était temps qu'il le revoit celui-là sinon il allait encore dépérir ... D'ailleurs, il avait peut-être une petite faim là, mais non ... il ne devait pas manger !

Détestant que les dernières questions lui soient posées et ainsi, les laissant sur un possible et gênant silence, Munoto lança sans regarder Eden, espérant presque qu'il n'entendrait pas :

"C'est vrai que tu n'es plus avec Jaak ?"

C'était un peu mesquin de demander ça, mais Munoto avait envie qu'Eden aussi repense à son passé même s'il était sûr que sa période avec Jaak était bien loin d'avoir aussi mal finie que la sienne ...
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Eden Indentshi
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MessageSujet: Re: Là   Dim 24 Juin - 0:59

Aucun reproche, ni aucune réaction. L'image de cette tenue de femme étant tellement loin d'Eden qui lui était impossible de la rapprocher de lui. Jamais il ne porterait ce genre de tenue, il tenait bien trop à son confort et il ne se prenait pas pour une femme. C'était impossible. Ce serait changer le sens même de sa vie Ce fut seulement la réaction de Munoto qui le réveilla de l'engourdissement qui l'avait prit. Entendre rire n'était pas mauvais, c'était même plutôt agréable. La susceptibilité de scientifique n'allait pas jusqu'à là. Il en sourit de douceur. C'était ça qu'il aimait dans le propriétaire de l'endroit : sa fraîcheur et sa jeunesse.
Ce qu'il n'aimait pas, ce fut le reste. La colère de ce garçon irritable qui avait prit ces gestes lents pour des gestes donnés à un enfant. Cependant ce n'était guère le cas. Jamais Eden ne parlerait à Munoto comme avec un enfant, puisqu'il n'en était, malheureusement, plus un.

Le visage d'Eden se mua, légèrement, ses lèvres se fendant d'un sourire moqueur. Trop prévisible. Munoto détestait ça. Qu'on parle de lui, de sa santé. Qu'on s'inquiète. Pourtant tout le monde à le droit de s'inquiéter et de se poser des questions. Tout le monde, surtout après ça.

"Ok."

Le scientifique ferma les yeux. Quelques secondes, le temps de faire disparaître toutes les traces du passé qui pouvaient tenter d'y survivre. Il les ouvrit de nouveau. Et resta là, les bras croisés, à la regarder. Abe était amoureux ? C'était bien. Il le méritait. L'amour ! La plus belle connerie de l'humanité ! Le monde fonctionnerait tellement mieux sans les sentiments. S'il avait pu choisir, Eden aurait préféré être un robot. Ne pas avoir de cœur. Ne pas souffrir. Ne pas avoir mal. Il avait tenté d'en devenir un. Il y arrivait presque, sauf, qu'il n'était pas démunit du sentiment. Il les cachait, tout simplement. Il les cachait et ne savait pas les reconnaître car les sensations n'étaient pas acceptées par lui. Il n'y a rien de pire dans une inéquation qu'une centaine de données aléatoires. Il avait de l'instinct, mais préférait écouter les faits, qu'écouter son cœur. Il avait toujours agit ainsi. Sauf avec Aki, peut-être. Sauf avec Aki, oui. Et Kanmi, une fois. Et qu'est-ce que cela avait donné ? Un mort, et un homme trahi à jamais.

Ce fut la dernière question qui fit froncer les sourcils. Eden se mettant un peu sur la défensive, ses yeux se fendant comme un loup scrutant un autre animal, observant l'intrus pour savoir si c'est un potentiel ennemi. Son sourire s'agrandit un peu plus, ses yeux noircissant sous la douleur. Pourquoi cette question ? Pourquoi celle-là ? Pourquoi lui poser ? Il est partit ! Il n'est plus avec Jaak. Oui. Ce n'est pas qu'une rumeur. Ce n'est pas qu'une histoire. C'et la vérité. C'est hors de question. Eden ne reviendrait pas sur sa décision …
Il ne jouerait pas de nouveau à ça. Kiyoshi était mort entre ses doigts, Aki était mort dans ses bras et à cause de lui ! Même son soldat était mort par sa propre faute. Il ne causerait pas la mort de Jaak. Il en était hors de question ! Plus jamais. Il aimait trop le gamin pour ça … C'était contradictoire, peut-être. Tant pis.
Et il ne voulait plus jamais en entendre parler. On ne déterre pas les morts, on ne rend pas la vie à un cadavre. On ne parle pas de Jaak à Eden.

"Oui."

Il n'en dirait pas plus. Que pourrait-il dire ? Qu'il était désolé. Il ne l'était pas. Eden avait vu le sale gamin artiste passer sous une voiture, il avait entendu le bruit du choc, vu le sang. Pensiez-vous vraiment qu'il en serait indifférent ? Qu'il était aussi fort que ça ? Qu'il continuerait à vivre sa vie tranquillement après avoir vu un accident ? Il a vu trop de personnes mourir pour accepter de tuer quelqu'un qui a la vie devant soi. Il ne deviendra pas, de nouveau, un assassin. Et puis, maintenant c'est trop tard !
Il est le chef d'une multinationale. Vraiment. Il vaut mieux oublier.

Eden regarda Munoto. Durement. Froidement. De ce regard tranchant qui signifiait qu'il n'y avait plus rien à dire, et qu'il n'accepterait pas de recevoir le moindre sermon ! Ouais ! Il était un beau salaud. Il avait abandonné Jaak sur un lit d'hôpital après avoir su qu'il allait bien. Il était partit. N'avait laissé aucun mot. Oui. Il était vraiment un beau salaud. Mais, il n'écouterait pas un insolent garçon qui ne prenait pas soin de lui-même. Amoureux, en plus. Surtout après avoir eut une colère comme la précédent …
Bien que les excuses répétées aient fait naître un sourire moqueur sur le visage du scientifique.

"Monsieur Mun, oubliez-moi de nouveau."

Les doigts du brun se reposèrent sur l'instrument, son regard se détournant pour fixer le livre de partition fermée. Et doucement, Eden pressa les touches. Une à une, puis plusieurs, se remettant à jouer calmement. Ses yeux se fermant, écoutant sa musique, redevenue calme, langoureuse, mystérieuse et furtive. Il était Eden Indentshi ! Il n'avait besoin de l'aide de personne, et encore moins des conseils. Il n'était pas un minable pleurnicheur de salon. A quoi pensait donc Munoto ? Il l'oubliait, et il enchaînait sur sa relation avec Jaak ? Voulait-il se faire haïr par Eden ? Le scientifique n'en sait rien, il sait cependant qu'il n'a plus envie de l'écouter et il a décidé de l'ignorer.
Il ne veut pas se fâcher. Pas avec Munoto, il ne veut pas lui saisir le poignet, et lui dire de se mêler de ces affaires : que si lui n'a pas le droit d'être inquiet, l'autre en a encore moins le droit. Il n'a pas envie de dire au gamin qu'il le prend, en effet, pour un mioche car il en est un. Alors, il l'ignore. Il ne le regarde pas, et il joue, perdu dans ses pensées. Eden, tu retournes là-bas pourquoi ?. Il était revenu mais pour combien de temps ? Et pourquoi surtout ? Pourquoi revenir dans cette demeure ?

Le scientifique ne désirait pas en parler, et il valait mieux, pour Munoto qu'il l'oubli avant de se replonger dans un passé qu'il semble avoir oublié.
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MessageSujet: Re: Là   Ven 6 Juil - 14:41

Munoto aurait largement pu avoir honte de ce qu'il venait de faire, piquer une cirse comme un gamin en prétextant qu'il n'en n'était justement plus un, il aurait pu être très gêné de ce comportement mais pour le moment, il ne réalisait pas encore la colère qu'il venait de pousser, les injures qu'il venait de faire à Eden. Ce serait sûrement seul, au calme et pensif qu'il le comprendrait mais pour le moment, il était trop terre à terre pour penser à autre chose qu'à ces gestes mal interpérêtés. Eden n'était pas comme tous les autres lofteurs, c'était indéniable alors pourquoi est-ce que Munoto voyait en lui un simple lofteur qui montrait un côté un peu trop sombre ? Il n'arrivait pas à le comprendre et savait qu'il n'en n'avait pas le droit de toute façon, mais celui-ci était si attirant à sa façon ... Qui ne connaissait pas Eden dans ce loft ? Même certains lofteurs qui ne l'avaient encore jamais rencontré parlaient de lui. Que disaient-ils ? Ca, Munmun n'en n'avait aucune idée mais il s'était déjà plu à penser qu'il aimerait le voir. Aujourd'hui, c'était chose faite ( ou chose re-faite ) et il se retrouvait à lui envoyer une prise de tête en pleine tronche. Quelle maturité.
Un simple "ok". Eden n'avait rien dit de plus, ne cherchant même pas à se défendre ou à lui montrer qu'il avait tort, et c'était ça être adulte, rester calme au bon moment. Munoto se calma aussitôt mais pas pour suivre le rythme d'Eden mais juste en voyant qu'il se sentait le seul fautif dans cette histoire. Il y avait tout de même certains éléments que Munoto n'arrivait pas à comprendre ... Si Eden n'avait pas répondu à sa crise, ça voulait dire qu'elle était justifiée ? Qu'il avait eut raison en désapprouvant le fait qu'il le prenne pour un gamin ? Eden était mesquin et si mystérieux qu'on pouvait aisément juger sans le connaître mais là, Munoto gardait des doutes. Où était passé cet Eden qu'il avait vu y a des années ?

Révélant quelque chose d'assez privé, Munoto lui fit part de ses sentiments pour un autre lofteur mais cela ne tira aucune réaction physique chez le scientifique, juste quelques pensées apparemment. Pourquoi avait-il posé cette question ? Pour meubler le silence, pour se moquer de lui ou vraiment par envie de savoir ? Etait-ce de la curiosité ? Eden s'intéressait-il vraiment, ne serait-ce qu'un peu, à la vie de l'ex-amant de son cousin ? Peut-être lui en voulait-il d'être toujours en vie et amoureux, au lieu d'être mort comme son cousin ? Que voulait-il vraiment ? Mun le lui aurait bien demandé mais ce n'était pas un endroit pour avoir de telles conversations et il n'était pas certain d'avoir envie de parler de son passé maintenant, juste après avoir parlé de sa nouvelle moitié ...

Par une certaine vengeance et surtout parce que Munoto était rancunier, il lui renvoya sa question en quelque sorte en amenant Jaak sur le tapis. Leur couple n'avait pas été célèbre mais Munoto, en tant que propriétaire des lieux, avait fini par le découvrir de lui-même et d'après quelques récentes rumeurs, ils étaient séparés. Leur histoire ne l'intéressait pas et ne le concernait pas mais son éternel caractère de cochon venait de lui faire poser une question on ne peut plus personnelle auquel il eut droit, cette fois, à une réaction phyisque ... Il en était certain, Eden n'était pas sincère, il n'était pas vrai. Pourquoi ne montrait-il tout simplement pas ses sentiments ? Est-ce que cette rupture lui avait fait du mal ? Pourquoi est-ce qu'il était revenu malgré tout ? Repensait-il à leur couple, avant ?

Leurs regards se croisèrent enfin et l'ambiance "retrouvaille" qui était là tout à l'heure, laissa place à quelques rancunes cachées. Ils venaient, sûrement sans le faire exprès, de se faire souffrir mutuellement en abordant des sujets encore vifs ... Pourquoi est-ce qu'ils avaient fait ça ? Pourquoi est-ce que leur discussion avait si vite viré au désastre ? Au final, étaient-ils heureux ?
Baissant les yeux, il entendit une phrase qui mettait fin à toutes possibles conversations ultérieures et esquissa un sourire sans envie. Il n'avait rien gagné à piquer sa colère, il l'avait cherché tout ce qui arrivait mais ... il n'était pas déçu. Est-ce que le fait de rencontrer un lofteur capable de lui faire la morale le faisait se sentir plus comme les autres ? OUI ! Il n'était pas que Munoto Abe ...

Le laissant jouer sa musique sans même le regarder, Munoto fit un pas vers la sortie, passant aux côtés de cet homme à qui il ne pensait pas reparler avant un bon moment et s'arrêta près de la porte pour dire, à son tour :

"Je ne t'oublierais que si tu oublies qui j'étais ... Cesse de vivre dans le passé Eden, beaucoup de choses ont changé depuis, que tu le veuilles ou non. Je considère notre rencontre comme une première mais surtout comme un échec. A mes yeux, tu n'es rien de plus qu'un lofteur torturé ..."

Et glissant sa main sur la poignée de la porte pour éviter qu'un autre lofteur ne passe par-là et fasse la même bêtise que lui, il ferma la porte et reprit sa route dans un des couloirs du loft.
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Eden Indentshi
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MessageSujet: Re: Là   Mer 11 Juil - 15:44

Torturé ? Tu parles …

Eden n’avait rien fait. Ni pour retenir le gérant, ni pour se défendre contre des mots que personne n’aurait le droit de prononcer : des mots presque méchants et cruels qu’un enfant jetterait à ses parents après s’être fait gronder. Munoto était un garçon intelligent, il comprendrait de lui-même qu’il s’était emporté et qu’il avait mal agit. Eden n’avait qu’à attendre, mais il savait aussi que le garçon serait trop fier pour venir lui dire qu’il était désolé. Il l’éviterait et préférait ne plus venir lui parler. Le scientifique le voyait mal agir autrement. Et il aurait bien raison, car le chercheur multimilliardaire ne voulait pas les entendre les excuses d’un idiot incapable de garder un peu de sang froid quand il s’agissait du passé. Qui vivait encore dans le passé ? Eden qui y pensait sans cesse, mais avait tiré un trait sur tout cela, ou bien Munoto qui voulait tout oublier sans jamais y penser ?

Jouant sur le piano aux sons étançonnements justes, ses mains dansant au rythme de la musique, le brun paradis referma les yeux, tentant de se retracer les lignes de son cousin. Il ne se souvenait plus de ses traits. Etait-il blond ? Etait-il brun ? Il était plus petit que lui. C’était certain cela, car Eden se souvenait parfaitement l’avoir tenu dans ses bras quand il était enfant pour le jeter dans la piscine, comme le font souvent deux adolescents se chahutant. Il était plus petit, et très timide. Le futur scientifique l’avait aidé à s’habiller correctement, avec un petit coté très mode, mais cela n’avait absolument rien aidé.

- Eden.
- Cesses de me nommer par mon prénom !
- Bah pourquoi ?
- Je te l’ai dit, je ne l’aime pas.
L’étudiant à de St Raphaël redressa le visage dévisageant son cousin à moitié français qui se nommait Tommy. Ce dernier détourna le regard, avant de le faire revenir voulant tenir tête à son grand cousin. Juste pour le plaisir de résister le plus longtemps possible.
- Pourtant, quand l’oncle Aki le dit tu …
- Tommy, la ferme.
Relevant un visage moqueur, Tommy se redressa à son tour, se jetant sur son cousin pour le pousser dans l’eau. Eden eut rapidement fait de le repousser. Ils exposèrent tous les deux de rire, ne pouvant s’empêcher de se moquer mutuellement l’un de l’autre. Un silence s’installa, et Tommy s’exclama brutalement.
- Je suis amoureux !
- Tu parles.
- Je veux que tu le rencontres à noël.
- Je suis sur qu’il est moins bien que je pourrais l’être !
- Il est merveilleux, Eden. Tu vas voir, il est vraiment ….
- Merveilleux ?
Eden releva le visage, les yeux pétillant de malice. Il observa son cousin. C’est vrai qu’il était beau, Tommy, avec ses yeux et son visage de jeune homme. Qui pourrait croire qu’ils étaient tous les deux si proches, et du même sang – presque. C’était difficile à croire quand on regardait l’un, et qu’on voyait l’autre. Tommy était si gentil … Si différent de lui. Eden l’aimait bien, il l’aurait même aimé bien plus si cet idiot ne tombait pas sans cesse amoureux de n’importe quoi.
- Eden … cette fois c’est différent.
- Bon, vas, parles-moi de lui !

S’asseyant sur le bord de la piscine, le futur scientifique observa la mutation de son cousin : ses joues rougissant un peu, ses lèvres se tordant sous un sourire bienfaiteur, et ses yeux brillants de plaisir rien qu’à la penser de l’autre.
- Il se nomme Munoto … Munoto Abe !
- Comme le vieux Abe ? Attends, c’est pas le fils de Kazuhiko ?
- Eden ! Il y a des milliers d’Abe !
- Pardon. Continues … mais pourtant j’étais certain que c’était son fils.
- Il a des yeux merveilleux, et un sourire merveilleux, et …
- Tu manques de vocabulaires. Bref : il est parfait !
- C’est ça ! Et si innocent. Je vais tout lui apprendre … Je vais lui apprendre à devenir dépendant de mes mains.
- Baka !
Le plouf qui suivit la fin de l’insulte fut suivit d’un grand rire. Eden regardant son cousin remonter à la surface de l’eau.
- Tu nages dans le bonheur ?



La musique s’était stoppée. Oui, beaucoup de choses avaient changés. Cela faisait longtemps qu’Eden n’avait plus pensé à Tommy. Il ne le voyait que pendant les vacances. C’était les seules fois où Eden se comportait comme un adolescent normal, et qu’il reprenait son vrai âge. Cependant, après s’être mit avec Munoto, ils s’étaient moins vu … L’amour.
Munoto avait réellement partagé la vie de son cousin ? C’était un peu sinistre de penser qu’il ne pensait plus à lui, qu’il avait simplement tourné la page. Le scientifique ne vivait pas dans le passé, mais il n’arrivait pas à l’oublier. Il ne pouvait pas ne pas se souvenir d’Aki riant sous le plaisir de le voir arriver. Il ne pouvait pas oublier le portrait de son grand-père si semblable aux siens. Ni, Kanmi suçant Daniel les yeux remplis de larmes, mais ne pouvant s’empêcher de venir en redemander. Non, Eden ne pouvait pas oublier le passé. La voiture renversa Jaak, Daniel cherchant à tuer Kanmi, la bague passée au doigt, Aki se réveillant du coma. Le viol collectif. Les cris. Les larmes. Et les rires. Les bonheurs, les horreurs, tout ce qui s’était passé tout au long de sa vie, Eden ne pouvait pas y tirer un trait et écrire sur une page blanche la suite. Il savait pertinemment qu’Aki était décédé, que Kanmi finirait pas ne plus lui appartenir, et peut-être même que Jaak l’oublierait, mais on n’oublie pas les expériences passées, sinon on refait les mêmes erreurs.

Il était un scientifique avant d’être un homme et pour cette seule et unique raison, il n’oubliait jamais rien.

Même pas une rencontre.


** Baka, ce n’est pas la première … Tu ne peux pas la considérer ainsi. **

Se redressant, Eden soupira. Il avait envie d’aller boire un café. Rapidement.

(*Parc, chambre.*)
_________________
.

Un jour, ... peut-être.
Ou pas.
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