Abban MacElstair Lofteur ( 19 ans 1/2 )

Inscrit le : 22 Déc 2007 Messages : 55
| Sujet: Compositeur noctambule et divinité diabolique (Privé) Mer 2 Jan - 22:29 | |
| Six heures
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Sept heures
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Huit heures
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Neuf heures. Dehors, il fait nuit. Déjà ? Quelle heure pouvait-il bien être ? Peu importait, en fait.
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Dix heures
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Onze heures
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Minuit. Dehors, les oiseaux de jour se sont endormis. La nuit fait résonner ses accents. Il les entend à peine. Pour lui, les sons se décomposent et il les recompose. Il maîtrise l'harmonie. Première et seule nécessité de son être.
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Une heure
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Deux heures. Finalement, le crayon d'Abban fut reposé sur la table, parmi les dizaines de feuilles dont l'abondance avait fait disparaître, au fil de la soirée, le bois du meuble. Il n'y avait plus que des partitions, des alignements de notes, des superpositions de notes, d'une complexité infinie, des lignes et des lignes composées, décomposées, recomposées, encore et encore. Pour obtenir un résultat parfait.
Cela faisait une demi-douzaine d'heures que le jeune compositeur s'était enfermé dans la salle de musique, dans une solitude complète, parfaitement absorbé par son travail. Son univers avait abandonné la réalité, ou plutôt il l'avait envahie toute entière, il l'avait absorbée, il l'avait dévorée, avec cette folie, délicieuse pour certains, inquiétante pour d'autres, fascinante toujours, cette folie propre au génie.
Abban MacElstair était un génie. C'était indéniable. Son esprit était aussi différent de celui de la majeure partie de la population que pouvait l'être une pomme de l'Empire State Building. Sa mémoire était presque son faille. Apprendre une langue lui était aussi facile que d'ouvrir une porte. Et surtout, il y avait la musique.
La musique était à lui. En lui. Elle était lui. Toute sa vie était gouvernée par cet impératif mystérieux, celui de la composition, de la création. Le monde s'exprimait aussi clairement en notes qu'il pouvait s'exprimer pour d'autres en mots, en calculs, en images. Il n'y avait rien qu'il puisse imaginer être impossible à cette puissance qu'il sentait vibrer en lui.
C'était en raison de ce don incroyable que Abban pouvait passer ces longues heures enfermé à couvrir un papier de signes abscons pour une grande majorité des gens. C'était la première pause qu'il faisait en six heures, et pourtant il n'était pas fatigué. Dehors, la nuit pesait sur le monde, et pourtant il n'était pas fatigué. Au contraire, une sourde excitation palpitait en lui, l'envahissait, développait sa bonne humeur, son énergie et exaltait son intelligence.
Le jeune homme s'était levé, et il faisait quelques pas dans la pièce, pour se détendre. Depuis qu'il était arrivé dans le loft, il avait abandonné ses vêtements informes pour revêtir ces pantalons et ces tee-shirts qui le mettaient tant en valeur. Sa volupté naturelle s'était enfin libérée sans complexe, et le jeune homme était désormais aussi pétillant et séduisant qu'il était excellent musicien.
L'Ecossais avait envie de laisser ses créations reposer un peu, avant d'essayer de les rendre au moyen des instruments. Ses yeux se posèrent, au travers du vitrage de la fenêtre, sur la nuit obscure qui baignait, dehors, le parc dans lequel nageait le bâtiment. Il se rendit soudainement compte qu'il n'avait pas encore pris le temps de parcourir les lieux. Une promenade nocturne ne serait pas désagréable.
Le jeune homme rassembla ses feuilles en un tas, les fourra dans la mallette délabrée qu'il avait apportée avec lui et la rangea dans un coin de la salle. Les gens n'avaient de toute façon pas l'iar de se précipiter dans la salle de musique, et l'aspect pitoyable du contenant ne l'inquiétait pas quant à retrouver son contenu une fois revenue. De toute façon, toutes ces pages étaient imprimées dans sa mémoire.
Abban sortit de la salle de musique après en avoir éteint la lumière, et sans prendre la peine d'aller chercher une veste, se fraya un chemin à l'extérieur du loft, tandis que dans son esprit les notes de musique décantaient peu à peu pour le laisser à des pensées un peu plus normales. L'état de tension retombait, et le jeune homme avait envie de se dépenser.
Dehors, il y avait une petite terrasse, et Abban n'alla pas plus loin. Il n'avait pas non plus envie de se lancer dans une longue promenade, d'autant plus que la nuit était fraîche. Peut-être irait-il visiter l'intérieur du loft plus à fond, mais pour l'instant, il souhaitait simplement profiter de la douce noirceur de la nuit, un peu plus clair que celle de ses yeux, qu'il venait de lever vers la lune. Pleine.
Abban n'avait jamais prêté attention aux vieux racontars qui voulaient que les gens aient des comportements étranges, les nuits de pleine lune. Il y avait une rambarde d'un côté de la terrasse, et, d'une démarche féline qui lui était naturel, le jeune homme alla s'y adosser, avant de fixer de nouveau ses yeux vers le ciel.
Abban avait vu de nombreux cieux, et chacun avait pour lui son charme particulier. Ses voyages lui avaient fait admirer tant d'étoiles ou, plutôt, tant de positions pour ces dernières. Cette pensée ramena les voyages à son esprit et, peu enclin à jouer avec un souvenir à moitié douloureux à moitié réjouissant, le jeune homme arracha ses yeux de la voûte céleste pour les déposer sur le bâtiment.
C'est à ce moment qu'il se rendit compte qu'il n'était plus seul. |
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