
Exclus, rejetés, solitaires ... si vous ne trouvez pas votre place, essayer ici ... vous n'avez rien à perdre. |
| | La pensée permet le rêve et le rêve permet la vie | |
| | | Auteur | Message |
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Eden Indentshi Tougen'kyou ( 29 ans )

Inscrit le : 26 Mar 2006 Messages : 391 Localisation : Un loup peut en manger un autre
| Sujet: La pensée permet le rêve et le rêve permet la vie Lun 21 Jan - 22:19 | |
| Le jardin d’Hateshinai était un vaste endroit herbeux. C’était tellement grand que le mot jardin n’était pas logique. Il aurait mieux fallut nommer cet endroit : prairie, ou bien encore, terrain ! Mais pas un jardin. L’architecte qui avait bâtit la maison avait aussi penser au besoin de liberté de ceux qui se retrouveraient dans cette cage aux murs blancs et livides. Il avait mit de l’espace et de la lumière dans chaque pièce, sauf au grenier, mais il avait aussi songé à cet espace herbeux où lumière et espace n’avaient pas besoin d’être travaillé. Eden n’avait pas oublié sa première impression de la demeure : facette, moquerie, fard et paillettes, pour cacher la sombre réalité : car ils sont différents, ils doivent se cacher. Car ils sont différents, ils sont rejetés. Cette différence qui fait qu’aucun d’entre eux ne mettra au monde le fruit de l’amour d’un enfant conçu à deux. Cette différence qui fait que des portes ont claqué, des amis sont partis, et la solitude les a accompagné jusqu’à finir ici : car ils n’avaient aucun endroit où aller. Lieu de déchéance. Ce n’était pas son cas à lui. Pourtant il les comprenait. Il était le méchant de l’histoire mais il savait la douleur d’être différent. Quand on est un enfant capable de calculer tous les algorithmes qu’on nous présente. Quand on est un enfant capable d’acheter une île et ses habitants, peut-on se qualifier de différent ? Est-ce que c’était une raison suffisante pour devenir mélancolique ou en colère contre le monde entier ? Bien sûr que non. Ca n’avait pas la moindre importance. Eden avait mauvais caractère mais, il n’accusait pas sa vie d’être la cause de ce point, il l’était. Il était dur, et cruel parfois, et ce n’était ni du au fait qu’il sodomisait son prochain, ni qu’il soit assez riche pour avoir le droit de vivre dix fois sans rien faire.
Le jardin était vraiment magnifique. Il était préservé. Quelques arbres permettaient à l’ombre de se faufiler, quelques bancs, ou simplement de l’herbe. C’était un paysage japonais et nordique. On ne sent ce plaisir d’être à campagne en plein cœur des villes que quand on est né là-bas. Quand on est né à Tokyo, on marcherait sur son voisin, on dormirait dans un placard, qu’on trouverait qu’on a plus de chance que d’autre. Le Japon est un petit pays pour un peuple nombreux. On peut s’y sentir à l’étroit. Est-ce pour cela que certains tombent dans les travers ? Est-ce pour cela qu’il y a autant de fan de manga, de jeux vidéo, de rêves vendus en images et en couleur ?
C’est le rêve qui manque ici.
Près du lac, se trouvait un petit pont de bois. Il permettait de prendre une barque et de faire le tour de cet endroit hermétiquement fermé. De nombreux poissons vivaient dedans, et la pêche était autorisée.
Eden connaissait chaque recoin de la demeure. Il savait le grenier, la poussière, et les souvenirs qui s’y trouvaient. Il connaissait les chambres spacieuses, et ce jardin n’avait donc aucun secret pour lui. Il aurait pu, les yeux fermés, la lumière éteinte, dessiner le paysage vu d’où vous voudrez ? Est-ce que cela faisait de lui un génie ou un homme qui ne peut pas apprécié le plaisir à la vie. Savoir tout sur tout, avoir tout, est-ce merveilleux ? Voudriez-vous être à sa place ? Savoir combien de battement de cœurs vous avez à la seconde qui vient de passer. Connaître toute l’histoire de votre pays, et savoir par cœur le noms des microbes qu’ont peut attraper. Aimeriez-vous prendre sa place ?
C’est ainsi.
Il n’est pas heureux car pour être heureux, il aurait besoin de changement. Besoin que quelqu’un lui dise non. Il aurait besoin d’être prit pour un homme, pas pour le méchant, ni pour un dieu. Il ne peut pas porter tous les poids, mais il le fait. Il ne peut pas accepter le rôle sans cesse de tyran, mais il le fait. Il ne peut pas se battre jour après jour, mais il sans cesse sur le ring de la vie.
Etrange.
C’est pour cela qu’il était heureux de partager sa chambre avec Tyler. Car Tyler était stupide. Tyler était impulsif mais pas cruel. Il avait bon cœur, au fond. Ca se voyait, comme ce jour-là, où il l’avait frappé. C’est pour cette raison qu’Eden pouvait revenir dans leur chambre sans craindre son poing, et sans avoir besoin de se poser de question. Le garçon était peut-être naïf, et stupide, mais pour lui, Eden n’était qu’un « sale pédé. » C’était un progrès. Jusqu’ici Eden était surtout le « beau salaud. » L’homme qu’on voit avec sa femme, l’amant idéal à détester. Celui qui est incapable de partager le même amour, celui qui prend les dégâts de la société et doit les rattraper. S’il licencie, c’est un salaud de patron. S’il embauche, c’est un salaud de milliardaire. S’il achète une voiture de luxe, c’est un salaud d’égoïste. Et s’il donne aux pauvres, c’est un salaud d’hypocrite.
Ce rôle de Salaud, lui va parfaitement.
Pourtant parfois, une rencontre fugace, lui donne l’impression d’être autre chose qu’un salaud robotique. Une rencontre devant un cinéma par exemple, un garçon qui le remercie. Vous ne pourriez pas imaginé, en vu des rencontres, … topic, qu’Eden a fait, le nombre de personnes qui lui ont dit merci. Trois. Haji, Brendan et Aiko. Personne d’autre ne l’a fait sans une suite qui se termine mal. Eden peut avoir sauvé des vies, il peut avoir proposer des emplois, aider, participer. Ca ne change en rien sa place de méchant … Alors un merci, c’est déjà cela. Eden n’avait pas retrouvé le garçon. Il ne l’avait pas non plus recherché. S’il l’avait fait, ça l’aurait blessé. Car il finira par en être un. Comme les autres, Brendan le nommera de Salaud. Comme les autres, Tyler le ferra aussi. Et d’autres. Car c’était ainsi, et que le monde à peut-être besoin d’être refait, mais ce ne serra pas aujourd’hui.
Le jardin était donc un endroit sympathique. Eden avait donc décidé de s’y rendre. Certes, c’était aéré et il n’allait pas pouvoir sentir la clope à l’écoeurement, mais il avait besoin de réfléchir, et donc d’air. Il devait se remettre à travailler, et évidemment, il n’était plus question de perdre du temps … Photographié.
C’était pour cela qu’Eden n’aimait pas travailler en plein air. Car quand il était en plein air, le milliardaire et son regard noir cherchait avec la même intensité des choses a photographié. Rêve d’enfant. Certain rêvent de voir les choses bouger, lui, il rêvait de les figer à jamais.
S’engouffrant dans le jardin, l’homme ne tarda pas à voir une personne qu’il ne connaissait pas mais qu’il avait déjà vue. Brendan se tenait là, aussi jeune que quelques jours plus tôt, avec le même regard et le même air. Il semblait travailler. Eden ne tenta pas d’aller lui parler, mais il l’observa. Quel genre de travail avait-il dit qu’il faisait ? C’était prestigieux de venir travailler au Japon mais un mazaru, sang mêlé, avait peu de chance de survivre ici. Les japonais n’aime pas les étranges, et les mélangés encore moins. Celui-ci était trop gentil, trop poli …
Eden ne se permettrait pas d’aller l’ennuyer. Cependant, il ne se mit pas loin de l’homme, adossé contre un arbre, il resta là. Pourquoi restait-il, tel le voyeur, à observer un jeune homme alors qu’il avait mille et une choses à faire ?
Peut-être parce qu’Eden avait envie de regarder cette jeune personne qui ne savait rien de lui. Avait-il vraiment pensé qu’il était le père de l’enfant ? Eden ne pouvait pas y croire. Il ne se voyait pas père. Quel enfant pourrait être heureux dans cette situation. Brendan se souvenait-il de lui ?
On lui avait toujours dit, qu’on ne pouvait pas l’oublier. Un regard trop dur, trop pénétrant. Eden aimait ça : il était connu, et reconnu. Cependant dans le cas de la nuit où il avait connu Brendan c’était différent : il s’était comporté comme un enfant puéril, se raccrochant même au haut de l’homme.
Allumant sa cigarette, le milliardaire habillé d’un simple jean et tee-shirt noir eut un sourire ironique : sans nul doute qu’il avait du faire une fameuse impression entre le mensonge, le fait de le suivre, et de s’accrocher à lui. Ce n’était pas bien brillant. _________________
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|  | | Brendan Mc Orsen Lofteur ( 23 ans )

Inscrit le : 11 Jan 2007 Messages : 38
| Sujet: Re: La pensée permet le rêve et le rêve permet la vie Lun 21 Jan - 23:06 | |
| Brendan soupira en quittant le travail, tôt ce matin. Pourtant, il avait fait l'effort de se lever de bonne heure pour arriver en avance, afin de récupérer un peu du retard qu'il accumulait à longueur de journées mais à peine finissait-il un dossier qu'on lui en ramenait deux. Il était trop gentil et savait très bien que ses collègues lui léguaient leurs boulots, mais comme il n'avait pas son mot à dire en tant qu'étranger, il ne faisait pas de commentaire, se contentant de sourire en se souhaitant encore plus de courage pour les jours à venir. Mais là, il rentrait au loft... Licencié ? Oh non, il avait seulement un gros rhume qui lui faisait vraiment mal à la tête. Il ne savait pas du tout où est-ce qu'il l'avait choppé et ça le déprimait de voir que toute sa motivation s'envolait dans une maladie. Qu'allaient penser ses collègues ? Qu'il simulait évidemment. C'est pourquoi il avait emmené tous les dossiers dans sa sacoche et comptait bien les faire aujourd'hui, dès sa rentrée au loft. Brendan n'était pas idiot et connaissait les risques pour sa santé fragile mais il ne pouvait pas ignorer ceux qui comptaient sur lui. Il avait besoin de ce travail, il se reposerait plus tard. Prenant un taxi en indiquant la direction après une quinte de toux qui lui brûla légèrement la gorge, Brendan ferma les yeux le temps de la course.
L'après-midi était entamé depuis déjà de longues minutes, voire quelques heures, et Brendan était à fond dans son travail. Il n'avait pas encore fini un seul des dossiers à faire puisqu'il manquait obligatoirement de matériels mais il faisait le maximum sur papier, à la main, et ferait le reste demain au travail, ou ce soir dans sa chambre sur son PC. Pourquoi pas maintenant ? Simplement parce qu'il n'était pas dans sa chambre. Brendan en entendant tout le bruit des lofteurs eut encore plus mal à la tête qu'au travail et ne passa même pas par sa chambre, filant directement vers ce coin de calme et de solitude qu'il fréquentait depuis peu, le jardin. Il y avait du soleil et il se serait bien réchauffé avec celui-ci mais il risquait d'attraper une insolation alors il préféra un coin d'ombre sous un arbre, ça lui ferait un appui. Ayant mis un léger foulard autour de son cou, il luttait parfois pour ne pas abandonner, il n'avait aucune volonté quand il se sentait malade...
Les jambes repliées vers lui, un dossier dessus, il ne vit pas Eden arriver dans le jardin et encore moins pas très loin de lui. Il avait très bien entendu quelqu'un mais il ne devait pas se laisser distraire par le moindre bruit sinon il savait très bien qu'il allait avoir envie d'arrêter. Pourtant, comme une mauvaise impression, il sentit qu'on le fixait et ça l'empêcha vite d'écrire quelque chose de constructif, marquant deux fois la même phrase et rageant sur la rature. Lâchant un nouveau soupir, il abandonna enfin, pour quelques secondes soi-disant, histoire de mettre ses doutes de côté. Relevant la tête, il fit le tour du jardin avec ses yeux, sans aucune expression de colère sur le visage. L'inconnu ne savait sûrement rien de sa situation actuelle alors il ne pouvait rien lui dire. Chacun est libre de regarder et de s'asseoir ou bon lui semble. Pourtant, quand ses yeux croisèrent ceux de l'homme qu'il connaissait en tant qu'Eden, Brendan changea d'expression à plusieurs reprises. La première fut la perte, une perte d'informations. Il avait déjà vu ce visage, il s'en souvenait très bien mais où ? Et qui était cet homme déjà ? La deuxième, ce fut la réalisation : Eden ! Et enfin la troisième, la satisfaction, il n'avait pas oublié cette rencontre de l'autre soir et était plutôt ravi de le revoir.
Pouvait-il aller le déranger un peu ? Il ne savait vraiment pas mais maintenant qu'ils s'étaient vus l'un l'autre, une ignorance serait vraiment malpolie. Aussitôt, refermant ses dossiers qu'il laissa coincés entre quelques racines du vieux chêne qui lui servait d'appui, il se redressa et toussa un peu avant de marcher en direction de cet homme qui l'avait, finalement, aidé cette nuit-là. Se penchant en avant, arrivé à sa hauteur, il redressa le visage en souriant autant qu'il le pouvait selon sa santé pour dire :
"Bonjour Mr Eden. Pardonnez-moi de ne pas être venu vous saluer auparavant, je n'avais pas remarqué votre présence."
Brendan savait très bien qu'il pouvait encore se moquer de lui sur son langage mais il y avait bien réfléchi cette nuit-là et pourquoi aurait-il décidé de changer sa façon de parler pour cet homme ? Après tout, ils ne se connaissaient pas, avaient à peine échangé leurs noms alors vraiment, il avait bien vite repris ses habitudes, retrouvant sa candeur habituelle et une certaine prestance dans ses gestes.
Voyant discrètement qu'il n'avait pas de papiers avec lui et donc, peut-être, qu'il n'avait pas l'intention de travailler, Brendan proposa avec une légère gène visible malgré tout :
"Puis-je m'asseoir en votre compagnie quelques instants ?"
Instants ? Oui, et pour plusieurs raisons. La première était qu'il ne voulait pas abuser du temps de Mr Eden. Déjà qu'il venait le voir de son plein gré et que ce n'était peut-être pas son souhait, il ne devait pas en profiter. Et la deuxième était qu'il avait encore du travail, il voyait ça comme une petite pause. Ce n'était pas interdit et puis, vu son état, ça ne lui ferait pas de mal de discuter un peu avec un homme mature pour penser à autre chose. Ça pouvait paraître égoïste mais ça ne l'était pas. Tous deux, ça faisait quelques jours déjà qu'ils s'étaient vus et une rencontre telle que celle qu'ils avaient vécus n'était pas mise de côté aussi vite. Ce n'était que formalité.
Toussotant à nouveau, en glissant une main sur son cou douloureux, il demanda enfin en réalisant qu'il ne l'avait pas fait dès le début :
"Comment allez-vous ?" _________________
C'est sûrement l'Amour qui me fait courir sous la pluie et me glisser dans ton ombre à la faveur de la nuit. |
|  | | Eden Indentshi Tougen'kyou ( 29 ans )

Inscrit le : 26 Mar 2006 Messages : 391 Localisation : Un loup peut en manger un autre
| Sujet: Re: La pensée permet le rêve et le rêve permet la vie Lun 21 Jan - 23:51 | |
| Le scientifique ne fut pas surprit de voir le garçon venir à lui, dès qu’il le remarqua. Brendan était poli par nature. Il était le genre de personne qui se lève dans les bus quand une personne âgée y rentre. Il était exactement ce genre d’individu détestable qui vous dit bonjour au travail sans vous voir ni savoir qui vous êtes. Simplement par convenance. Brendan était trop gentil. La gentillesse ça étouffe, ça rend idiot. La sensibilité c’est important, mais quand on devient l’objet de ses amis, de ses collègues, quand on fait passer son travail avant sa vie, alors on devient esclave de son envie d’être bon. Eden ne pouvait lui en vouloir. Il ne savait pas comment était la vie de ce jeune homme. Il devinait, les collègues stupides, les études sérieuses. Il pouvait presque voir une jeune femme dans sa classe lors de ses études qui lui avoue son amour. Et lui confus, ne sachant pas quoi répondre. Les désolés, les gentillesses, et la bonté. C’est des histoires pour les enfants.
Le jeune homme n’avait pas l’air bien. Il était albinos, il n’aurait jamais du avoir les joues rougies. Il n’aurait pas du porter, par un temps clair, une écharpe. Ni être là, en plein cœur de l’après-midi quand tous les petits employés travaillent. C’était ce qui semblait faire, tantôt, travailler. Le faisait-il vraiment ?
Eden eut un sourire amical. Effrayant, comme toujours, à cause de son regard trop sérieux. Il écouta le jeune homme avec attention. Il n’avait pas remarqué sa présence ? Trop gentil. Vraiment. Il aurait pu lui signalé qu’Eden ne s’était pas aventuré à aller lui parler. Que l’impoli ici, c’était le japonais. Ce n’était pas le cas. Pour Brendan la cause était sienne. Il était humble, et ça le rendait d’autant plus facilement accessibles aux proies d’ici. Cette idée vint aux scientifiques : si ce n’était pas ses patrons qui le mangeaient, ce seraient les dépravés du loft.
- Bonsoir, Mr Brendan.
La voix était moins froide qu’à la première rencontre. Peut-être car justement, ce n’était pas la première. Eden était un animal. Il jugeait sans cesse, mais, tout en étant sur ses gardes, il finissait par s’habituer à une présence. Il n’en demeurait pas moins panthère féroce. Brendan était jugé plutôt proie que prédateur, au contraire de son frère. Cela n’en faisait donc pas un rival, et le mâle avait beaucoup moins peur. Eden l’avait dit la première fois : c’était écrit sur le front de Brendan. Et même s’il le disait avec ironie, la vérité était là : Brendan ressemblait plus à la blanche brebis se désaltérant aux abords du courant, qu’au loup la regardant.
- Vous pouvez.
Il n’était pas fort pour la discussion. Eden savait expliquer, rapidement, les processus les plus complexes. Quand il était en colère, il envoyait des centaines de mots. Il avait un dictionnaire d’insultes, et d’ironies. Pour les banalités, il n’était pas doué. Il ne savait ni parler de la pluie, ni de beau temps. Ou seulement pour expliquer un événement. Il ne pouvait pas, sur un ton badin, dire des foutaises qui font la vie et entretienne les amitiés. Il était pour cette raison, et pour les autres, seul. Et ça lui allait bien.
Comment il allait ?
Sans être surprit : Politesse obligée de Brendan, Eden se demanda quoi répondre à cette question. Il allait toujours bien, qu’il songea, car que signifier aller bien ou aller mal ? Au cours de la journée, il passait par les deux.
Ca n’avait pas la moindre importance.
Sans répondre à la question, obsolète, Eden posa sa main sur le front brûlant de Brendan, se concentra. Il avait fait des études de médecines dans la prestigieuse université de St Raphaël. S’il n’avait pas choisit de s’occuper des êtres humains, il n’en était pas moins compétent, comme il le prouvait en soignant Maeki Oyuki, un adolescent condamné au cœur et amoureux d’un journaliste qu’il a croisé lors d’une nuit.
Cette main posée sur le front, dotée de puissants capteurs thermiques, criait une unique chose : malade.
Quand on est malade, on reste au lit. On demande à un membre de sa famille, un ami, de venir, et on partage un peu de nourriture avant de sombrer dans le sommeil. Quand on est malade, on dort. Et rien d’autre. Mais ce garçon travaillait. Eden se demanda la raison, qui poussait un idiot se mettre au travail quand il a la vie pour faire cette tâche. Lui bossait, même malade, cependant c’était différent. Eden n’était jamais malade. Quand il l’était, c’était si gravement qu’il s’enfermait dans sa chambre et attendait, sans manger, et en buvant peu. Il fallait donc travailler, pour ne pas s’y ennuyer entre deux délires. C’était donc une très bonne chose qu’il ne soit jamais malade … jamais signifiant quasiment jamais.
- Voulez-vous boire ?
La main de l’homme quitta le front volcan pour descendre en même temps que l’homme, d’un étage. Le scientifique qui s’était assit dans l’herbe, posa son sac à coté de lui. Sans attendre la réponse, il ouvrit le bagage pour en sortir une bouteille d’eau, qu’il tendit au garçon. Il ne fallait pas y voir un geste gentil : simple habitude de fait.
La température était élevé, il f allait la diminuer, l’eau allait l’aider à le faire. De plus le corps risquait de se déshydrater.
- Qu’avez-vous ?
Les albinos étaient-ils plus sensibles à la maladie ? Oui. Son cas signifiait-il qu’il était vraiment malade ? Oui. Eden souriait, malgré tout, il se foutait royalement des convenances et des habitudes. La seule chose qui l’intéressait c’était de savoir si Brendan pouvait sortir, de nouveau, de ses chaussures pour se mettre en colère, pour s’enflammer de passions, de révulsions. De dégoût. Qu’importe. Tant qu’il n’était plus serviable et poli ! _________________
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|  | | Brendan Mc Orsen Lofteur ( 23 ans )

Inscrit le : 11 Jan 2007 Messages : 38
| Sujet: Re: La pensée permet le rêve et le rêve permet la vie Mar 22 Jan - 22:37 | |
| Brendan était trop poli, oui, et il le savait. Il était idiot et il le savait aussi. Il s'était levé pour venir saluer Eden parce qu'il se sentait incapable de rester à le fixer sans rien dire, comme celui-ci. Bien sûr qu'il avait pensé qu'Eden aurait pu venir vers lui pour la saluer mais après tout, avant qu'il ne lève les yeux, il était en plein travail et il se plaisait à penser que celui-ci n'avait pas voulu le déranger. Vu le caractère de l'homme, ce n'était sûrement pas le genre mais il avait envie d'y croire quand même, conscient qu'il ne devait pas commencer à juger celui-ci dès maintenant.
Rassuré intérieurement de l'entendre répondre quelque chose à ses deux premières remarques, Brendan s'assit doucement aux côtés d'Eden, ni trop loin, ni trop près. La proximité de l'homme ne le dérangeait pas mais il se savait malade et ne désirait vraiment pas le contaminer au cours d'une simple salutation, ce serait très mal venu !
La suite fut courte, surprenante, vexante mais agréable. Brendan aimait beaucoup savoir la santé actuelle des gens avec qui il prenait le temps de discuter. Ces éléments n'allaient pas changer sa vie, il en était conscient, mais ça lançait la conversation et c'était une formalité qu'il se plaisait à prononcer. Aussi, quand Eden resta silencieux à son "comment allez vous ?", il plissa les yeux en y laissant passer une déception intense... Que devait-il comprendre ? Mr Eden ne souhaitait-il pas y répondre ? Ou peut-être n'allait-il pas bien ? Sûrement qu'il ne voulait pas lui en parler, ça ne le regardait pas du tout ! Cette révélation interne lui fit baisser les yeux, c'était terrifiant à quel point il se sentait rejeté depuis son arrivée ici.
Mais n'étant pas d'un naturel pessimiste, il releva bien vite la tête avec un sourire, prêt à lancer un autre sujet quand il se stoppa et leva ses yeux vers cette main posée sur son front. Il ne se demanda pas du tout comment il avait deviné mais plutôt pourquoi est-ce qu'il faisait ça pour lui ? Le caractère bien caché de l'homme détenait encore tellement de mystères... Fermant à demi les yeux sous cette main si inconnue mais pourtant si agréable. Une telle chaleur lui imprégnait la peau qu'il regretta davantage de ne pas être allé dans son lit !
Détournant les yeux quand la main fut enlevée, il réalisa alors la situation : il était en position de faiblesse. On a toujours (ou souvent) envie de prendre soin d'un malade, d'en prendre pitié presque et Brendan haïssait cela. Il espérait que le fort caractère de Mr Eden se montrerait cette fois et qu'il n'allait pas changer mais quand il lui proposa sa bouteille d'eau, il se mordit la lèvre inférieure, déçu mais ravi au contraire. Tendant une main très légèrement tremblante due à la maladie, il enleva le bouchon de la bouteille et la porta doucement à ses lèvres. Son mal de crâne était revenu et le lançait assez fortement mais sa gêne de boire dans la bouteille d'un autre en s'y sentant obligé l'empêcha d'y penser. En buvant ne serait-ce qu'une demi gorgée, il la lui tendit de nouveau, bouchon remis, en ajoutant :
"Merci."
Il avait eut envie, et grandement, de dire autre chose, quelque chose de plus long et de plus constructif mais les choses étaient plutôt bien résumées dans ce simple mot. Et puis, pour éviter d'être gêné davantage, il était inutile de s'attarder sur le sujet.
Soupirant à la nouvelle question posée, il se contenta de sourire sans y répondre. Cette question était inutile. Ça se voyait ce qu'il avait, il était malade. Il y avait sûrement un sens caché derrière, genre "que ce passe-t-il dans votre vie pour que vous soyez malade mais encore debout ?" mais il n'avait pas du tout l'envie de prendre le risque d'y répondre à sa façon et de voir qu'il en avait trop dit.
Dévisageant un des brins d'herbe entre ses jambes, il demanda d'une voix moins enjouée que tout à l'heure, d'une voix mise à nue comme le reste de sa personne :
"Comment avez-vous deviné, ... Eden ?"
Un peu vexé, dans un sens, il venait de prendre l'initiative d'enlever le Mr de devant son nom. Ce n'était pas par impolitesse ou taquinerie mais juste pour montrer qu'un caractère pouvait se changer et qu'empiéter de trop sur la vie des autres n'apportaient pas que des bonnes choses. C'était peut-être évident, vu d'un autre oeil, qu'il était malade mais tout de même, il aurait simplement pu avoir un suçon qu'il voulait dissimuler et pour la toux, une soudaine gêne qu'on cache par une toux alors comment diable avait-il compris qu'il était malade ? Avait-il les joues rouges ?
Cette discussion semblait toute aussi étrange que la dernière qu'il avait échangés. A croire qu'ils étaient destinés à se parler à travers des rébus, à se montrer protecteur l'un envers l'autre alors qu'ils ne savaient pas le principal de la personne. Que voulaient dire de telles rencontres ?
Jetant un regard sur ses dossiers, histoire de voir s'ils étaient toujours bien là, il ajouta :
"Comment vont Miki et Nicolas ?"
Eden avait montré une certaine réticence à répondre personnellement à cette question mais ce n'était peut-être pas la même chose envers les autres. _________________
C'est sûrement l'Amour qui me fait courir sous la pluie et me glisser dans ton ombre à la faveur de la nuit. |
|  | | Eden Indentshi Tougen'kyou ( 29 ans )

Inscrit le : 26 Mar 2006 Messages : 391 Localisation : Un loup peut en manger un autre
| Sujet: Re: La pensée permet le rêve et le rêve permet la vie Mar 29 Jan - 23:12 | |
| Ce n’était pas la peine de le remercier. Eden n’avait pas donné de l’eau par pitié, ni par gentillesse. Il ne pensait pas être capable d’éprouver l’un ou l’autre de ses sentiments. Il n’était pas ce genre de personne qui donne de l’argent aux mendiants pour soulager la conscience. Il était médecin, avant tout. Son rôle était de soigner les personnes, même s’il préférait largement laisser cela à Haji qui aimait tant se taper ses patients, et à d’autres qui ne valaient guère mieux. On a tous des travers, des défauts, des fantasmes. Le scientifique en était persuadé : tous le mondes se touchent secrètement en pensant à des choses malsaines. Ce qu’il cherchait, lui, ce n’était pas la lumière et les anges mais le vice et les démons. Tous les hommes et toutes les femmes ne sont que des pervers, des vicieux. Et Brendan en faisait partie. Sous cette facette d’ange acharné au travail se cachait un petit démon capable d’être égoïste, injuste et jaloux. Sous cet air d’ange se cachait un être humain, et le scientifique allait le découvrir par plaisir de voir le masque tomber sur le sol et se briser en mille morceaux. Personne n’est parfait : il suffit de voir les enfants dans les récréations pour se rendre compte de la cruauté du monde. Eden aimait cette partie des hommes. C’est cela qui rend fort un homme !
Comment avait-il deviné que Brendan était malade ? Cette fois encore, Indentshi ne répondrait pas à la question posée par le chérubin. Il ne devinait rien, il regardait, évoluait et passait des symptômes remarqués à une vérité. Brendan avait une série de faits observables : écharpe, présence en heures de travail, yeux fiévreux, joues plus pigmentées, et toux à répétition. Cela ne pouvait signifier que deux choses : soit il était tombé amoureux du scientifique, soit il était malade. La première hypothèse était impossible, donc la seconde était la bonne. Le scientifique était doué. Il le savait, mais là, même un enfant de six ans, aurait deviné. Clair et doux le vent s’engouffra dans les cheveux du jeune homme dont la silhouette élancée se dessinait sur la pelouse en une ombre sombre. Il était beau. Un corps si blanc, le lait coulant d’une fontaine, des cheveux de neiges. Comme un tableau, où dans les cieux des yeux se dessine l’image de deux corbeaux volant au-dessus des cimes. Il était beau. Ce n’était pas une qualité, c’était un doute. Le doute de la réussite : a-t-il réussit car il était talentueux, ou parce qu’il a baisé avec le patron ? Le doute de l’amour : m’aime-t-il pour moi ou pour ma beauté ?
La seconde question laissa un temps de réflexion à Eden. Nicolas était avec son second père. Il ne prenait pas de nouvelles, car on ne lui en donnait pas. Le scientifique ne savait pas quoi penser de cette situation, mais il devait aller bien. Il devait être heureux. Comment en être certain ? Miki allait bien. Elle venait de partir pour l’Italie dans le but de faire des fouilles dans la capitale de Rome. En détruisant un immeuble, les ouvriers avaient découverts d’anciens vestiges romains qui pourraient peut-être signifier qu’un monument avait été édifié à cet endroit et qu’une tombe ne se trouverait pas très loin : hors, c’était assez rare que les tombes soient signifiés à l’époque romaine. Peut-être est-ce que c’était lié au moment où la Rome était devenu l’allié de l’Egypte. Ce sacrilège du repos éternels des anciens, n’empêchait pas la pourfendeuse de catacombe d’envoyer des centaines de messages à Indentshi pour le disputer d’avoir osé : « la planter là, l’autre soir. »
Elle reviendrait bientôt. Ce qui signifiait entre un mois à trois ans. Eden ne s’en inquiétait pas. Dès qu’elle serait de retour, elle prendrait le téléphone quelques soit l’heure pour lui hurler un : « Chéri, je suis de retour. Tu viens on va faire la fête ? »
- Miki est en Italie. Temps de pause, le temps de bien réfléchir à la réponse à donner.
- Elle a été chagrinée de ne pas vous revoir.
Le mot exact était : elle a été chagrinée de savoir que vous viviez dans l’antre des beaux culs impossibles à mettre dans son lit. Seulement, à moins de vouloir faire fuir le garçon tout de suite, Eden s’abstint de le signaler de cette façon crue. Miki pensait, par logique, qu’Eden avait usé du garçon comme il usait des autres. Le scientifique n’avait rien fait pour la contredire : il le savait, il baisait tout le temps, avec le premier venu. Qu’importe ! Il était un salaud, et les salauds baisent et partent en fumant et en riant.
- Nicolas doit aller bien.
Incertitude. On ne peut deviner l’état des personnes qu’on ne voit pas, n’est-ce pas ? Le scientifique se demanda à quoi rimé cette question. En quoi les vies respectives de l’enfant et de la femme l’intéressaient-il ? Ce jour-là, il ne s’était joint à eux que pour éviter une bande de ripoux. Et par la suite par politesse. Ce devait encore être cette raison qui venait en cause.
Laissant la bouteille à l’homme, Eden se retourna pour fixer, d’un air pensif, le lac non loin. Le reflet du bassin reflétait la beauté bleutée d’un ciel, aux couleurs douces. A moins que ce ne soit l’inverse : est-ce que c’était le ciel qui donnait le bleu à l’eau ; l’eau qui donnait les reflets au ciel ; ou les yeux de Brendan qui faisaient tourner les deux.
Ce n’était aucun des trois. L’enfant Eden croyait que le ciel était bleu parce que son oncle le peignait sur ses toiles. Il restait des heures allongé dans l’herbe humide à fixer ce point vide et tendrement il s’imaginait les dragons, les sorcières, et les rêves d’enfant. Puis, l’adolescent Eden, encore, s’allongeait pour rêver à la douceur des cheveux de miel de Kanmi, pour rêver à l’étreinte d’Aki, aux corps se mélangeant, et à ses rêves d’enfant.
Eden ne regardait plus le ciel. Il ne rêvait plus non plus. Il était adulte, trop vieux pour ça.
- Etes-vous étranger ou métis ?
Chercher l’erreur. Chercher la faille … Pourquoi ? Car c’était son jeu. Faut-il une bonne raison pour être mauvais ? _________________
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|  | | Brendan Mc Orsen Lofteur ( 23 ans )

Inscrit le : 11 Jan 2007 Messages : 38
| Sujet: Re: La pensée permet le rêve et le rêve permet la vie Ven 1 Fév - 23:07 | |
| Si Brendan avait su qu'un merci était inutile en rendant la bouteille, il ne s'en serait pas dispensé pour autant. Il n'avait pas forcément un fort caractère mais il se trouvait être assez borné dans son genre et, éduqué avec extrêmement de politesse, il ne pouvait et ne voulait pas s'en détacher. On lui prête quelque chose sans obligation, ça mérite un merci. Eden n'en veut pas ? Peu importe, sa conscience est plus rassurée comme cela et les pensées de l'homme lui passent au-dessus. Etait-il donc préférable qu'il ne sache rien de ce que pense l'homme à ses côtés ? Que ferait-il de plus ? De moins ? Eden cherchait peut-être à trouver une sorte de défaut chez lui mais Brendan était si naïf et si ailleurs dans ce nouveau monde qu'il allait être bien difficile de le mettre encore davantage à côté de la plaque ... L'espoir fait vivre.
Il était vrai que deviner que Brendan n'était pas en forme ne relevait pas de l'exploit chirurgical, mais tout de même. Les gens mettent habituellement un peu plus de temps à le comprendre et préfèrent éviter le sujet en premier lieu, comme pour ne pas avoir à poser de questions inutiles telles que "t'es malade ?" ou encore "ça va pas ?". Le silence d'Eden, à la suite de sa question, ne fut pas une surprise même s'il commençait à être légèrement agacé de parler dans le vide. Devait-il en plus réfléchir aux questions qu'il allait poser ? Oui, normalement mais il se sentait tellement fatigué qu'il n'avait pas forcément envie de le faire. Brendan se contenta de soupirer devant le caractère assez désagréable de son voisin mais s'obstina en demandant, malgré tout :
"Vous aimez la médecine ?"
Ce n'était pas très éloigné de sa première question, mais elle était davantage intéressante. Mine de rien, et même s'ils se rencontraient pour la deuxième fois, ils ne savaient pas grand chose l'un de l'autre alors il y avait tout un tas de questions possibles à poser. Brendan n'était pas un journaliste et n'avait pas l'envie d'en connaître davantage sur la vie d'Eden mais certaines questions lui paraissaient utiles pour tenter de le comprendre. Il savait très bien que ce n'était pas une mince affaire, qu'il avait milles fois repensé à cette soirée, à leur "discussion" dans les rues avant de rentrer au loft et il n'avait pas encore tout compris mais il mettait ça sur le compte de la fatigue et du stress du boulot. Un homme ne pouvait pas être si compliqué et mystérieux à la fois ...
Captant le fait que les questions personnelles pouvaient lui poser problèmes, Brendan ne s'éloigna pas du sujet d'un coup vif mais dévia sur des membres proches mais éloignés, des amis soi-disant : Miki et Nicolas. Le temps que mit son voisin à lui répondre lui tira un léger sourire d'incompréhension. Il avait beau y mettre toute sa volonté du moment, il n'arrivait pas à déceler la moindre parcelle des pensées de cet homme. Il croisait pourtant son regard à plusieurs reprises mais c'étaient des yeux vides, et froids qu'il rencontrait. Cet homme était une contradiction en lui-même ou jouait-il un rôle à la perfection ? Portant la main à son front, il sourit à la remarque et ajouta, sans gêne aucune :
"Vous m'excuserez auprès d'elle d'aimer les hommes, elle comprendra sûrement."
Et il n'y avait, à cet instant, rien de plus ironique que sa phrase. Brendan n'était pas désolé d'être homosexuel, et encore moins d'avoir déçu cette femme. Il n'était pas méchant et ne regrettait pas de l'avoir rencontrée mais il avait depuis toujours tiré un trait sur les femmes et ses manières qui allaient avec le rendaient assez froid envers la gente féminine. Miki aimait les hommes autant que lui, c'était peut-être ce qui leur avait permis de parler ? Il n'en savait rien et ne voulait pas le savoir. Cette femme était gentille, joueuse et séduisante mais aussi belle soit-elle, elle restait femme.
Quand la réponse sur le petit Nicolas fusa, Brendan fut étonné une demi seconde avant de détourner les yeux. Les choses étaient claires, Eden ne semblait pas avoir plus de nouvelles que lui de Nicolas alors il était franchement inutile d'en parler davantage. De toute façon, d'après ce qu'il avait compris, ce gamin n'était pas le sien alors le manque de nouvelles n'était pas alarmant. Il pensa quand même qu'à eux trois, l'autre soir, ils faisaient une belle famille mais il garda cette pensée au fond de lui. Que penserait Eden s'il lui disait qu'il n'avait pas la tête d'un homo ? Le prendrait-il mal ? Il n'existe pas de tête d'homo spécialisé mais il se confondait vraiment dans la masse avec une femme et un enfant alors pourquoi diable avait-il choisi la voie la plus difficile au monde que celle d'aimer ses semblables ? Un mystère de plus ...
Absorbé à son tour dans les paysages du jardin où ils étaient assis tout deux, Brendan toussa encore une fois lorsqu'une brise, pourtant légère, arriva jusqu'à eux. Heureusement qu'ils étaient au soleil ... Reprenant une respiration normale, il remit son écharpe correctement en s'expliquant :
"Je suis métis. Comme je vous l'ai déjà dit, ma mère est nippone. Quant à mon père, il est américain. Cela vous dérange-t-il ?"
Ne confondez pas agression et question ? Là, Brendan était à la limite de l'agression ... Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il en avait envie ! Cet homme pleins de mystères le rendait curieux à l'extrême et ça l'énervait de vouloir poser des tas de questions auxquelles il n'aurait bien sûr, pas de réponses. A quoi jouait cet homme ? Pourquoi l'autorisait-il toujours à lui parler ? Pourquoi ne lui disa-t-il simplement pas qu'il n'avait pas envie que leur discussion continue ? Avait-il un passé si terrible ? Ou bien, il était connu ? Recherché par la police ? Brendan s'imaginait les pires scénarios et ça ressortait en une légère colère, très légère, avec un ton de voix un peu plus prononcé mais qui ne ferait pas peur à un chaton. L'homme en face de lui était si froid et distant qu'il n'allait sûrement rien voir et c'était peut-être mieux comme ça. _________________
C'est sûrement l'Amour qui me fait courir sous la pluie et me glisser dans ton ombre à la faveur de la nuit. |
|  | | Eden Indentshi Tougen'kyou ( 29 ans )

Inscrit le : 26 Mar 2006 Messages : 391 Localisation : Un loup peut en manger un autre
| Sujet: Re: La pensée permet le rêve et le rêve permet la vie Sam 2 Fév - 19:52 | |
| Entre deux paroles échangées, Brendan posa une question à Eden. Aimait-il la médecine ? Cette question anodine ne serrait pas ignorée comme les autres. Cette réponse-là il ne pouvait pas la savoir. Seulement, le scientifique brun corbeau se demanda qui pouvait ne pas aimer la médecine ? On n’aime pas les médecins. On n’aime pas les piqûres. Les médicaments. … L’avortement. Seulement, la médecine en elle-même, on l’aime. Quelques soit le noms qu’on lui donne : soins, magie, ou dieu. C’est la médecine qui permet à l’enfant de naître et à l’homme de disparaître dans des conditions décentes. Le misanthrope n’aimait pas les hommes mais il aimait la médecine. Eden aimait s’occuper de ses petits cobayes, et les soigner des virus qu’il leur aurait donnés. Il aimait ouvrir le corps d’un malade, pour lui greffer un cœur, et le voir repartir. Il offrait des vies, mais, il aurait laissé la médecine depuis bien longtemps s’il s’était autorisé à ouvrir les yeux : S’il pratiquait la médecine, il se contredisait lui-même, car sa haine des hommes n’était égal qu’à l’amour qui leur portait.
Profitant de temps de silence du jeune homme, le scientifique répondit à la question d’une voix grave et posée :
- Oui.
Cette courte réponse avait le bon sens de dire le principal en peu de mot. Silencieusement, pendant quelques minutes, Eden chercha quelques choses d’intelligent à rajouter. Il aurait, par exemple, pu dire : Oui, et … Et quoi ? Idiot. Il était idiot. Il n’était définitivement pas doué pour le langage entre êtres humains. La conversation badine n’était pas son grand fort. Il gardait tout pour lui. Seulement, ce silence vide était en particulier de la faute à Brendan. Pourquoi devait-il faire semblant de s’intéresser aux autres ? Miki, Nicolas. Eden. Toutes ses personnes n’avaient aucune valeur pour lui. Qu’ils meurent aujourd’hui ou demain ne changerait pas son existence. C’était de l’hypocrisie ; ou de la gentillesse. L’un était égal à l’autre dans ce monde.
Continuant de « discuter », la conversation se tourna en direction de des deux camarades d’Eden. Donner de leurs nouvelles n’était pas facile pour le scientifique qui ne les voyait pas tous les jours. Pourtant il tenta de répondre le plus justement aux questions sans s’y intéresser vraiment. Brendan lui aurait demandé une glace au chocolat, que la réponse d’Eden aurait été donnée sur le même ton. Qu’est-ce qu’il en avait à faire de ce gamin qui vivait heureux avec son père et de cette femme qui faisait tourner les têtes … Une amie. Elle était importante. Eden le savait. Il ne pouvait pas la rejeter, ni faire semblant de ne pas la connaître. Ils avaient fait l’amour ensemble, une fois – ou deux. Seulement, le principal de leur relation tenait en des fantaisies de dîner, où il donnait l’impression d’être le couple parfait. Lui, homme d’affaire jeune et brillant. Elle resplendissante et célèbre. Une image en carton, vite mouillée par la pluie de leurs deux vies.
Miki aimait les hommes. Eden les aimait aussi. C’était bien là, leurs deux ressemblances la plus flagrante. Seulement, ils avaient aussi un passé un caché. Les affres de vies plus bousculer que l’autres. Si la vie est pour certain qu’une rivière tranquille, pour d’autres ce n’est qu’une mer déchaîné où les bateaux viennent sans cessent se heurter pour mieux se couler.
Quand Eden parla de Miki, la réplique de Brendan qui suivit, fit sourire Eden. Il ne lui dirait pas. Il ne lui dirait pas, car sinon, elle allait passer ses nerfs sur lui. Car elle ne croyait pas que ce gentil garçon, un peu naïf, pouvait dire cela. Et qu’elle serait certaine que c’est Eden qui invente pour pouvoir la braver un peu plus.
Défis idiots d’enfants gâtés.
Eden préféra se diriger vers les questions, à son tour. Pas une question idiote, même s’il avait déjà n’eut la réponse, mais une question qui allait réveiller une certaine suspicion chez le jeune homme. Il n’y a, au Japon, rien de pire que d’être un sang mêlé. Il se demandait bien ce qui avait pu venir dans la tête du jeune homme pour lui faire quitter l’Amérique. Quelles idées traversaient donc le crâne de tous ses jeunes pour venir s’enterrer dans le Japon ?
- Oui, je hais les métis.
C’était faux, évidemment. Eden n’avait rien, contre personne. D’autant plus contre les métis, puisqu’il en était un. Ses oncles n’avaient rien de japonais avec leurs yeux bleus et leurs cheveux blonds. Quand à lui, il était le fruit entre une femme amoureuse et un homme anglais de passage. Un mensonge de cette femme … Il n’avait d’Indentshi, que le nom. Seulement, Eden aimait bien paraître pour le monstre qu’il n’était pas. Se faire détester, c’était bien plus facile que de se faire aimer.
- Vous n’êtes pas d’ici. Vos aïeux ont quitté notre pays. Ce sont des traîtres, et vous n’êtes que le bâtard de cette traîtrise …
Eden sourit. Pensivement, il détourna le regard pour fixer de nouveau les nuages.
- C’est ce qu’ils pensent, n’est-ce pas ? Ce qu’on chuchote sous votre passage, et c’est ça qui vous oblige à travailler malade. Vous devez sans cesse faire vos preuves.
C’était cela. Quand il avait bien travaillé, on devait le traiter de vantard ; de faux culs, et de lèche-botte. Mais s’il ratait le moindre dossier, il serrait traité pire que la pire des vermines. Au Japon, on ne fait aucun cadeau pour les étrangers. Il ne faut pas chercher à savoir pourquoi, la raison était toute simple : une île. Dans une île, on accepte mal les autres. Les anglais n’aiment pas les étrangers, les américains n’aiment pas le reste du monde, et les japonais sont les pires.
Deux sur trois … Dans tous les cas.
- Je vous l’ai dit, il ne manquerait plus que vous soyez Juif.
Eden se releva lentement, ne baissant pas son regard en direction du jeune homme. Il était désolé de la tournure, il ne pouvait pas s’en empêcher. C’était sa façon de se protéger : sans prendre aux autres. User de son intelligence pour les repousser, et les faire fuir. Il intellectualisait chacun de ses propos et faisait décamper tous les imbéciles qui venaient lui parler …
- Vous ne l’êtes pas. Voulez-vous que je vous présente un rabbin ? _________________
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|  | | Brendan Mc Orsen Lofteur ( 23 ans )

Inscrit le : 11 Jan 2007 Messages : 38
| Sujet: Re: La pensée permet le rêve et le rêve permet la vie Sam 2 Fév - 20:46 | |
| Il aimait la médecine. Bien. La réponse était encore plus courte que celle à laquelle il s'était attendu mais Brendan arborait pourtant un radieux sourire : enfin une réponse ! Aimer la médecine ne sortait pas de l'ordinaire en effet, on ne peut qu'aimer la médecine mais Brendan n'en n'était pas fan pour autant, il n'était pas à l'aise avec les médecins, se sentait pâlir à la vue d'une aiguille ou à l'image d'une opération. Il avait en tête des formes de virus plus immondes qu'un démon enrhumé, il craignait la peste et souhaitait que la médecine disparaisse un jour. Mais il respectait tous les médecins du monde et ne refusait pas une visite obligatoire, une sorte de bilan de santé. Il était poli au point de refouler son malaise pour sa santé, qui ne le ferait pas ? Eden aimait la médecine.
Le sourire qu'il avait décidé de garder pour bien montrer sa joie, aussi grande que celle d'un enfant à qui on a donné un bonbon, se dissipa en une fraction de seconde à la remarque suivante. Que voulait dire ce retournement de situation ? Eden haissait les métis ? Bouche bée de cette révélation, à laquelle il ne s'attendait franchement pas, Brendan fronça les sourcils et resta à le regarder, incompréhensif. Ce n'était pas sa journée, il l'avait sentit en se levant de son lit ce matin mais à ce point, tout de même ... Est-ce que sa présence au Japon était si mal venue que ça ? Comment s'en sortait Tyler ? Est-ce qu'ils devaient se dépêcher de retourner en Amérique au plus vite ? Là-bas, il n'était aussi qu'un métis mais personne n'avait jamais osé le lui dire de cette façon. Que lui avait-il fait, à cet homme qui aime la médecine ?
Il laissa toutes les remarques fuser, le regarda se relever comme s'il allait conclure la conversation sur ses mauvaises paroles et encaissa la dernière ironie en baissant les yeux. Ca lui apprendait à venir déranger un homme qui ne lui avait pas dit "bonjour" alors qu'il l'avait très bien vu. Maintenant, il comprenait la raison de cette distance, ils n'étaient pas faits pour s'entendre tous les deux. A chaque fois, il fallait que leurs conversations se terminent par des remarques mesquines d'Eden. Etait-il lunatique ? Prête-t-on sympathiquement sa bouteille d'eau à un métis qu'on déteste ?
Se redressant à son tour, Brendan épousseta son pantalon pour être sûr de ne pas paraître ridicule avec, en plus, de l'herbe bien verte sur son jean et décida qu'il était temps pour lui de parler plus franchement. Il n'avait pas l'intention de chercher les ennuis ou la bagarre, ce n'était évidemment pas son genre mais il ne pouvait pas partir sans rien dire, la queue entre les jambes comme un chien congédié par sa maîtresse. Il était un homme, certes métis, mais un homme quand même et sa fierté en prenait un coup. Il n'avait pas demandé à être métis et même si c'était la vérité qu'à son travail, il devait redoubler d'efforts pour avoir de passables remarques à peine positives, il s'accrochait dur parce qu'il méritait ce poste, qu'il se savait capable !
Croisant le regard de MONSIEUR Eden, Brendan plissa les yeux :
"Vous aimez la médecine et soigner les gens mais je vous trouve pourtant bien maladroit. Certaines peines ne se cicatrisent pas avec des objets ou la science mais avec des mots. Vous me peinez, monsieur Eden. Ne me jetez pas ma différence en plein visage lorsque vous n'êtes, vous-même, pas japonais."
Eden ne le lui avait pas dit précisément mais avec un prénom pareil, il ne pouvait pas être japonais. Brendan pouvait se tromper mais à l'heure actuelle, il croyait en ses réponses et se disait qu'il n'avait rien à perdre à lui dire ce qu'il pensait au fond de son coeur. Ils étaient sur le point de se fâcher pour de bon alors pourquoi prendre des gants ?
S'approchant un peu plus, il posa très doucement sa main sur la poitrine d'Eden, comme s'il pouvait atteindre son coeur, avant d'ajouter :
"Je préfère les gestes à la science, pour guérir les peines. Vous êtes froid, distant, mesquin et vexant avec moi mais, malgré tout, je me plais à penser qu'un jour, je vous verrais sourire, parler plus longuement et vous inquiéter pour quelqu'un. Je n'ai pas l'envie de perdre mon temps à attendre maintenant mais sachez que ma colère ne vous sera pas présentée. Je ne vous comprends pas, monsieur Eden. Faîtes-vous aussi cette différence avec les métis au sein de la médecine ? Ne soignez-vous que les gens qui le méritent ? Vous devriez avoir honte de vos paroles, mais je vous excuse. Ce coeur que je ne peux atteindre, si je l'avais dans mes mains, il serait sûrement semblable au mien alors veuillez laisser tomber ce masque récurant que vous arborez quand nous discutons. Je ne recherche pas la perfection, ni le jugement mais un sourire ne tuera personne. Et si vous n'avez pas la force de le faire, montrer le avec des gestes. Vous êtes un humain, comportez-vous comme tel."
Retirant doucement sa main, il en regarda l'intérieur et soupira de la voir si vide. Ce coeur qu'il souhaitait vraiment apercevoir, ne se trouvait pas entre ses mains mais bien caché derrière des vêtements, une peau et des tas de murs forgés par le temps. Qu'est-ce qui avait rendu Eden si dur ?
Se penchant pour ramasser la bouteille d'eau, il la garda serrée dans sa main et fit un pas vers son lieu de travail, avant de se retourner vers Eden pour finaliser sa lancée :
"Un métis reste un homme. J'espère qu'un jour, vous vous excuserez en me serrant dans vos bras même si l'image est assez inimaginable. Si vous avez le temps, venez me soigner, je souffre d'une différence généralisée ..."
Et esquissant un sourire assez triste de la réalité des choses, il fit marche vers l'arbre qui lui servait d'ombre avant la venue de l'homme. _________________
C'est sûrement l'Amour qui me fait courir sous la pluie et me glisser dans ton ombre à la faveur de la nuit. |
|  | | Eden Indentshi Tougen'kyou ( 29 ans )

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| Sujet: Re: La pensée permet le rêve et le rêve permet la vie Sam 2 Fév - 21:38 | |
| Quand lui avait-il dit être médecin ? Eden ne s’en souvenait pas. Le garçon l’avait-il deviné tout seul ? C’était fâcheux. Le scientifique ne souhaitait pas lui dire. Il écouta, avec attention, toute la colère. Et glissant la main dans ses cheveux noirs, il regarda l’homme partir avec un brin de désolation dans le regard. Ca faisait mal, n’est-ce pas ? Pourtant, il faudrait que Brendan l’accepte. Il fallait qu’il apprenne à répondre calmement, tranquillement, avec un sourire narquois – ou pas, sur le visage. Sinon, il souffrirait toute sa vie. S’il n’acceptait pas sa différence, personne ne l’accepterait et il serait la risée de ses collègues, de ses amis et même de sa propre famille. Brendan était comme Tyler. Ils étaient au Japon des étrangers. Et en Amérique, il n’était guère mieux. Nulle part, ils n’avaient de place. Pourtant, ils suffiraient qu’ils pensent que partout, ils avaient leurs places, pour pouvoir arriver dans la vie.
Eden aimait la médecine. Oui. Eden aimait les métis. Aussi.
Ce qui choqua, bien plus, le scientifique. Ce fut que le goss … l’homme vit qu’il n’était pas nippon. C’était plutôt rare que quelqu’un le remarque. Peu de personne savait finalement que ce chef d’entreprise si miraculeux était un bâtard du Japon. Même la belle Miki n’en savait rien. C’était bien évidemment, un choix personnel d’Eden. Il ne craignait pas la critique, mais, il avait une sainte horreur qu’on se permette de douter de ses opinions simplement parce que son sang était un mélange. Scientifiquement, c’était bien mieux. Un sang mélangé est un ADN mélangé. Le risque de maladie est donc réduit, et les accidents mentaux liés à consanguinité aussi.
Le serrer dans les bras ? Mais quel drôle d’idée. Tous les mots de Brendan tournaient dans la tête d’Eden qui pouffa de rire. Tentant de se retenir, il se mit à penser. Il ne fallait que quelques secondes, heureusement, pour remettre tout dans le bons ordres : Brendan avait dit qu’il voulait le voir serrer dans les bras, en demandant pardon. Ce n’était pas son genre. Il l’avait trop souvent fait, et ça n’avait que trop peu marché. Il voulait le voir sourire … Mais il souriait … Ironiquement, moqueusement, sadiquement. Eden souriait souvent, peut-être pas amoureusement, peut-être pas gentiment, mais le rictus mauvais s’affichait aussi fréquemment qu’une publicité pour l’alimentation au milieu d’
La conversation ne pouvait pas se terminer là.
Le scientifique refit ce qu’il avait déjà fait. Il n’en avait pas conscience, mais, il agissait de nouveau comme un enfant. Sa main attrapa la tenue de Brendan, et son regard noir chercha à apercevoir celui de Brendan, bien qu’il ne pouvait voir que son dos.
- J’ai menti.
Cela lui semblait tellement évidemment, qu’il se demandait comment l’autre n’avait pas pu s’en rendre compte. Il voulait revoir le sourire sur le visage de l’albinos. Le faire craquer était amusant, mais le voir partir, l’était beaucoup moins. Il était malade, et il devait faire attention … C’était dangereux de faire monter sa tension de cette façon. Il devrait pourtant le savoir : un albinos est sujet à toutes sortes de risques cardiaques.
Que pouvait-il lui dire ? La main d’Eden resta accroché au haut de l’homme, ses pensées tentant de trouver une fin correcte à cet échange. Ou plutôt d’en éviter la fin. S’excuser ? Il en était hors de question ! Il n’avait pas besoin de s’excuser car il n’avait pas été méchant, pas plus qu’à son habitude dans tous les cas. Et c’était de la faute à Brendan ! Puéril ! Il fallait se reprendre.
L’homme sensiblement froid, relâcha sa main de lui, et il se saisit du corps du garçon pour le presser contre lui. Le dos de Brendan se collant à son buste, sa tête se posant sur la nuque de ce dernier. Un sourire doux, que l’homme ne pourrait pas voir, se collant à son visage. Peut-être, qu’à cet instant, il sembla un peu plus jeune qu’avant. Cela n’avait au fond aucune importance.
- Suis-je vraiment mesquin ?
La question était idiote. Il le savait. Seulement, il ne voulait pas être mesquin. C’était petit d’être mesquin. Lui, il voulait être le salaud, le méchant loup. C’était des grands rôles qu’on voyait tout au long du film, avant qu’il ne meure à la fin. C’était plaisant. Pas le petit serpent du début, qui meurt dès les dix premières minutes du film. Il voulait être important, pour ne pas être oublié. Pour qu’on oublie son père. Pour que le seul nom des Indentshi ne rappellent qu’une seule chose : Eden. Pas pour lui-même, mais pour qu’Aki voit que le meilleur de tous c’était Eden, et pour qu’il en soit fier. Le gamin avait abandonné tous ses rêves pour cela … Pour qu’un jour, Aki rêve de lui et non de son grand-père, ou de la triste déchéance de son père. Même si Aki était décédé maintenant, Eden continuait … Car sa vie n’aurait plus aucun sens sinon.
Ses bras entrelaçant le corps contre lui, Eden sentit de nouveau cette odeur subtile qui parfumait le corps de l’albinos. Il tenta de l’enregistrer, pour ne pas l’oublier.
Au fond, Brendan était un garçon courageux. Il allait pourtant finir par exploser, comme il venait de le faire, peut-être même plus, s’il restait trop sage et trop gentil. Il était doux, et la douceur était piétiné … Savait-il ce qu’Eden voyait ? Ce qu’Eden craignait ? Que Brendan ne soit violé, dans les douches, dans sa chambre. Au travail. Violé ou frappé. C’était pratiquement pareil. Car tous ses êtres criaient à la bonté, et cette bonté n’attirerait pas que la sympathie, mais aussi tous les pervers à la ronde … Et malheureusement il y en avait beaucoup.
Le scientifique ne bougea pas, il attendait sa réponse, comme l’enfant attend qu’on lui dise qu’il est gentil. _________________
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|  | | Brendan Mc Orsen Lofteur ( 23 ans )

Inscrit le : 11 Jan 2007 Messages : 38
| Sujet: Re: La pensée permet le rêve et le rêve permet la vie Dim 3 Fév - 19:03 | |
| Brendan n'avait pas deviné qu'il était médecin, c'était une version imagée des choses. Eden restait tellement silencieux qu'il n'y avait, en effet, pas moyen qu'il lui l'ait dit un jour. Par conséquent, Brendan inventait ses propres éléments selon les choses découvertes. Eden avait dit aimer la médecine alors il le voyait comme un médecin, du moins pas à proprement parler. C'était compliqué pour lui de faire comprendre ses points de vue ...
Brendan feinta l'entente du rire étouffé de l'homme. Il se moquait de lui ? Il se serait bien retourné pour être sûr et certain de ce qu'il pensait mais il avait aussi très peur de cette vérité. Brendan était sensible, contrairement aux apparences. Il acceptait très bien qu'on ne l'aime pas, qu'on le critique, qu'on le frappe même mais il détestait vraiment qu'on pouffe de rire après qu'il ait dit quelque chose qu'il pensait vraiment. Est-ce que sa peine était risible ? Avait-il fait une erreur dans sa façon de parler japonais ? Il préférait penser cela, c'était légèrement moins douloureux à avaler.
Continuant de marcher, pour dissimuler le malaise qui s'insinuait doucement dans ses tripes, Brendan se stoppa net quand il sentit un léger obstacle le retenir de derrière. Il mit deux secondes à comprendre ce que c'était et plissa les yeux. Que cherchait Eden ? Pourquoi lui montrer ce côté froid et ensuite, se comporter comme un enfant ? Etait-ce une sorte de test ? Merci, mais Brendan avait déjà passé des tests en arrivant tout droit d'Amérique, puis pour son travail et enfin pour rentrer ici, alors que lui voulait-on encore ? Il allait finir par s'énerver !
- J'ai menti.
Brendan sortit de ses pensées et baissa les yeux au sol. Il n'avait qu'une envie lui aussi, c'était de croiser le regard d'Eden pour espérer y déceler quelque chose mais il était bien lancé pour rester froid et distant à son tour, voulant lui faire comprendre qu'il avait assez "joué" avec lui pour aujourd'hui et que cette discussion se continuerait demain. Borné ? Non, Brendan ne l'était pas vraiment mais là, il venait de se rendre compte qu'il souffrait des vérités révélées par Eden. Il les connaissait toutes mais dites à voix haute, c'est tellement douloureux.
En attendant, il ne répondit rien. Cette remarque, même aussi courte que d'habitude, était bien vexante à elle toute seule. Ils ne se connaissaient pas, n'avaient pas de comptes à se rendre mais là encore, on lui avait menti. Pourquoi est-ce que cet homme lui avait menti ? Avait-il une tête qui disait "mentez-moi, j'adore ça" ? Il ne comprenait pas les gens qui mentaient et encore moins les mensonges. Il en avait presque tiré une théorie, avant, pensant que seuls les plus timides mentent pour se protéger mais là ... Eden n'avait rien de timide, au contraire. Alors pourquoi lui avait-il menti ?
Sentant la main de l'homme relâcher son haut, Brendan s'apprêtait à reprendre sa marche, bien décidé à lui faire comprendre son caractère quand ... il laissa échapper un soupir aspiré de surprise. Le regard dirigé droit devant lui, Brendan sentit les mains de l'homme entourer son corps. Il était incompréhensible. Oubliant tout stress possible, toute défense, il le laissa le serrer contre lui, appréciant cette étreinte qu'il pensait avoir bien mérité, à sa juste valeur. La chaleur de l'homme lui fit du bien, lui qui avait froid sans jamais le dire vraiment. Il frissonna doucement et retint une petite quinte de toux avant de secouer la tête de droite à gauche ...
"C'est donc le visage d'un enfant qui se cache derrière votre masque ... Et que ressentez-vous, monsieur Eden ?"
Brendan tentait, par-là, de lui faire comprendre qu'il n'y avait aucune honte à se dévoiler parfois. Pourquoi avait-il fallu que les choses en arrivent là ? Brendan devait donc souffrir pour que les autres aient confiance en lui ? Et encore ! La confiance d'Eden, c'était un luxe qu'il ne pourrait sûrement jamais connaître. Cette proximité était déjà à peine croyable ...
Déplaçant sa main droite, il vint la poser doucement sur la tête de l'homme-enfant et ajouta, toujours sans changer la direction de son regard :
"Vous êtes aussi mesquin que je suis en colère."
La question était de savoir si Brendan était en colère ...
La chaleur actuelle de son corps remontant la pente à une vitesse qui était trop élevée pour lui dans des conditions malades comme celle-là lui donna bien vite des rougeurs au visage. Brendan n'était pas gêné de cette étreinte, au contraire, il en ressentait plutôt une grande fierté, un pas immense pour se rapprocher de cet homme qu'il voyait comme seul au milieu des autres. Il ne cherchait pas à en faire son ami, juste à avoir un contact permanent avec lui. Ces rougeurs étaient bien dûes à la maladie, Brendan se mit soudainement à tousser plus qu'à l'accoutumée et quand, enfin, il pu reprendre son souffle, il s'exprima :
"Pardonnez-moi, je vais devoir écourter cet agréable début de réconciliation. Mon coeur s'emballe et mon visage ne me donne plus aucune satisfaction à me montrer."
Il ne voyait pas trop comment dire qu'il avait franchement envie de se reposer. L'homme lui faisait du bien, venait d'apaiser à 50% cette peine qu'il avait fait naître mais ce n'était pas une raison pour oublier sa santé. Il devait être sur pieds dès demain, 6h, alors il devait rentrer, terminer ses fichus dossiers et se coucher même s'il sentait que la force le quittait doucement.
Un quelconque quiproquo sur ses paroles ne lui vint même pas à l'esprit. Ils étaient, tous deux, homme mûrs et de telles paroles en de telles circonstances ne pouvaient être que par santé et non autre. _________________
C'est sûrement l'Amour qui me fait courir sous la pluie et me glisser dans ton ombre à la faveur de la nuit. |
|  | | Eden Indentshi Tougen'kyou ( 29 ans )

Inscrit le : 26 Mar 2006 Messages : 391 Localisation : Un loup peut en manger un autre
| Sujet: Re: La pensée permet le rêve et le rêve permet la vie Lun 4 Fév - 23:47 | |
| Un enfant ? Lui. Eden ne comprenait pas le sens des mots de Brendan. Prit un par un, il comprenait. Mais mit bout à bout dans la même phrase, adressé à son égard, le signification devenait brutalement flou ! On l’associait à beaucoup de choses mais certainement pas à un enfant. Le garçon demi américain allait provoquer le rire chez toutes les personnes qui connaissaient le scientifique. Jaak, Munoto, Haji et même Tyler, s’il osait dire cette pensée devant eux. Il n’avait rien d’un enfant ! Il n’avait jamais été un enfant. Evidemment, il avait rêvé devant les nuages du ciel. Il avait eut un premier amour. Cependant à trois ans, il faisait des puzzles d’adultes. A sept, il en savait pratiquement autant qu’un adolescent de dix-sept. Oui, il avait aimé ce balancer sur les balançoires, seulement, quand il le faisait, il savait ce qu’était l’attraction de la terre, il savait la fabrication des jeux pour enfant, et pourquoi, le sol semblait bouger. Eden n’était pas un enfant. Il n’avait jamais voulu en être un. Il voulait déjà être adulte, être fort, et grand, qu’il ne savait pas dire trois mots à la suite. Il n’avait qu’une envie : protéger ses oncles, et devenir l’humain le plus puissant de la terre.
Il ne répondit pas. Cette fois, pas parce que Brendan avait posé une question dont il savait la réponse, mais parce qu’il avait posé une question dont Eden ignorait la réponse. Il ne savait absolument pas où voulait en venir Brendan avec son « que ressentez-vous ? » Il ne ressentait rien. Un robot ne ressent rien, et il était un robot. Il avait toujours voulu en être un pour éloigner tous les sentiments qui parasitaient son cerveau et l’empêchaient d’agir correctement dans une situation donnée. Seulement, … Eden ne pouvait admettre ce qu’il venait d’entendre. Il avait tué. Il avait aimé. Il avait souffert, était battu. Même violé. Alors, le fait qu’on puisse le comparer à un enfant, ressemblait affreusement à un cauchemar. Que voulait donc dire Brendan ? Ce qu’il ressentait ? Indentshi savait parfaitement ce qu’il ressentait : un vide. Un profond gouffre car ce n’était pas aussi amusant que ça de torturer « monsieur, j’ai réponse à tout. »
Les bras relâchèrent leur étreinte. La quinte de toux inquiéta Indentshi qui repassa la main dans ses cheveux corbeau. Son regard noir se posa sur le petit corps de Brendan et il grimaça à l’idée que la fièvre risquait de devenir plus grave. Il allait le laisser tranquille. C’était le mieux à faire cet instant. De toute façon, Brendan ne se trompait pas : il était froid, égoïste, et il usait des paroles pour faire fuir les autres. C’était sa plus grande arme. Il avait apprit à l’utiliser pendant de nombreuses années, et il n’avait jamais perdu un défi. Du répondant ! C’était ce que Daniel lui disait tout le temps : cesses de répondre, gamin. Il ne pouvait pourtant pas s’en empêcher. C’était plus fort que lui. Une manière de montrer sa force. De poser des murailles autour de lui.
Il en était plutôt fier. Seulement contre Brendan ça ne servait à rien. Le garçon était poli, mais trop franc. Cette franchise déconcertante empêchait le scientifique d’être cruel. Il ne lui en voulait pas car il disait ce qu’il pensait. Et c’était une bonne chose.
- Monsieur Brendan,
Il faillit lui ordonner d’aller se coucher mais il se stoppa. Brendan ne voulait pas être considéré comme un enfant et Eden acceptait ce fait-là. Il voulait être prit comme un homme, alors il ne lui parlerait pas comme à un enfant. Malheureusement aux yeux du scientifique, Brendan n’était qu’un adolescent incapable de savoir s’occuper de soi-même. Il avait bien du mal à croire qu’il soit arrivé en un seul morceau jusqu’à aujourd’hui ! Pourquoi n’est-il pas dans un lit, avec une couverture sur le corps, et une bouteille d’eau près de lui ?
- Vous devez vous reposer.
Le scientifique eut un petit sourire moqueur, et d’un geste de la main, il salua le garçon. Il allait retourner à son arbre, à lui, et se remettre à fumer. Le tour de barque le tentait aussi, pour voir s’il était capable de l’utiliser sans mouiller la moindre parcelle de ses affaires. Il verrait bien : il avait le temps. Bien qu’il ait l’envie de travailler, l’homme de science avait trop la tête embrumée pour s’y mettre.
- On se recroisera !
Il n’agissait pas correctement avec Brendan. Il se comportait comme un gosse, et Brendan avait bien raison de lui signaler. Eden n’en comprenait pas la raison. Ce n’était certainement pas parce que l’adolescent lui rappelait Aki : Aki était peut-être très blond aux yeux bleus, limite albinos, mais il était aussi efféminé et complètement fou. Rien à voir avec ce pathétique sang mêlé.
Secouant son paquet de clope, Indentshi récupéra l’un des mégots qui lui était tombé au creux de la main. Il l’alluma et s’assit contre le tronc de son arbre. Il allait rester là et suivre du regard la trajectoire de Brendan pour être certain que l’idiot n’allait pas se mettre à bosser au lieu de dormir. Sinon, Eden l’attacherait à l’arbre, le bâillonnerait, et … L’idée plaisante fit naître une lueur un peu perverse dans les iris de notre grand méchant loup, bien loin d’être méchant à cet instant. C’était tentant … Ferra ou ferra pas ?
Pas.
Car Brendan n’était pas ainsi. Il n’était pas homme à se faire attaché à un arbre, il n’étai si sadique, ni masochiste … Quoique le dernier, à bien y réfléchir … En vue du frère, d’Eden, et de son travail … _________________
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|  | | Brendan Mc Orsen Lofteur ( 23 ans )

Inscrit le : 11 Jan 2007 Messages : 38
| Sujet: Re: La pensée permet le rêve et le rêve permet la vie Mar 12 Fév - 0:17 | |
| Il était vrai qu'Eden n'avait, physiquement parlant, plus rien d'un enfant. Il faisait même très homme, très viril, impressionnant, attirant, effrayant et tout ce qu'on veut, mais pas un enfant. Alors pourquoi est-ce que Brendan l'avait "traité" comme tel ? Tout simplement parce qu'au fond de lui, il avait l'impression de lui être supérieur. Pas de par son intelligence, sa stature ou autre, mais de par certains gestes qu'il lui ordonnait de faire. Il avait comme le sentiment qu'Eden avait manqué de quelque chose et que maintenant, aujourd'hui, s'il lui disait "vous pouvez sourire.", Eden le ferait. Comme si son éducation avait un défaut, même si le problème ne venait sûrement pas de là. Brendan était bien incapable de juger l'éducation des autres et de par ses manières, Eden n'était pas le plus mauvais. Une sorte de timidité, peut-être ? Il ne connaissait pas Eden, il ne comprenait donc pas encore ce petit quelque chose qui le faisait se sentir attaché, proche mais tellement loin de celui-ci.
Toute bonne chose à une fin et bientôt, Brendan dû mettre fin à cette touchante réconciliation précaire, pour problèmes de santé et travail. Monsieur Eden sembla le comprendre et n'opposa aucune résistance, bien au contraire. Après tout, il avait pratiquement remarqué qu'il était malade avant même que Brendan le sache lui-même alors là, il devait évidemment comprendre la raison première qui le forçait à ne pas rester dehors plus longtemps. Cette re-rencontre, pourtant, avait annoncé quelque chose de plus que la dernière fois, un petit quelque chose qui ferait qu'à leur prochaine rencontre, ils n'auraient pas besoin d'être si formels, mais là encore, Brendan avait dû imaginer trop de choses. Un monde où Eden lui parle, c'est trop demander.
Opinant de la tête quand l'homme lui conseilla de se reposer, Brendan retourna près de son arbre, en souriant. Heureux ? Pas de cette rencontre, il n'y avait pas spécialement de quoi en rire, mais plutôt de cette dernière phrase "on se recroisera !". Oui, c'était ça qui le faisait sourire mais attention ... pas un doux sourire mélangé de sentiments compliqués, mais plutôt un sourire de lassitude, d'ironie mêlée de peine. C'était sa façon à lui de montrer qu'en effet, ils pouvaient se recroiser ... un jour ... quel jour ? De quelle année ? Le loft n'était pas si immense au point de ne pas revoir Eden de cette année, mais avaient-ils les mêmes centres d'intérêts ? Cela serait étonnant. Il y avait peu de chance qu'ils se recroisent bientôt alors pourquoi le dire ? Eden croyait-il en une autre rencontre ? Avait-il l'envie qu'ils se recroisent ? Ils n'apprenaient pas grand chose l'un de l'autre puisqu'en général, ils ne se parlaient pas très longtemps. Était-ce volontaire ? Brendan s'en voulait d'être malade, il aurait aimé profiter de cette entrevue avec lui, mais il savait pertinemment que s'il n'avait pas été malade, il aurait été confiné dans son bureau, alors finalement, cette demi-discussion avait son côté plaisant.
Ne répondant pourtant rien à cette possible nouvelle rencontre, Brendan se mit accroupi devant l'arbre qui lui servait d'ombres tout à l'heure, le temps de récupérer ses dossiers. Ceux-ci n'avaient, par évidence, pas bougé. Il n'avait pas beaucoup avancé, du moins pas autant qu'il aurait aimé que ce soit à cette heure de la journée. Il le savait, ça ne lui annonçait pas une longue nuit de sommeil ... Il devait les finir, pour sûr, mais pas ici. Le regard de l'homme était persistant, insistant, et l'empêchait de se concentrer. Il n'était pas raisonnable, il le savait. Son corps lui demandait du repos, son cerveau aussi mais il ne pouvait pas se le permettre ... C'était psychique, il connaissait les conditions de vie au Loft, il n'avait pas besoin d'un salaire pour y rester, n'avait pas de loyer à payer, de nourritures à acheter, mais il avait dans son for intérieur, cette envie de se sentir responsable quelque part, de se trouver une occupation au sein de la société et de se dire qu'il n'était pas qu'un gay enfermé et coupé du monde. Ce choix de venir ici avait été réfléchi mais pas encore assez pour qu'il ne le regrette pas un jour ...
Repartant alors vers l'intérieur du loft, il remonta le col de son haut pour cacher son cou autant que possible, même s'il avait déjà son écharpe. Les frissons gagnaient tout son corps, ce n'était pas bon signe, il avait même l'impression que ses jambes flageolaient à certains moments, mais il laissa ce détail de côté et quand enfin il arriva à la limite entre le jardin et le loft, il se retourna et chercha la silhouette de l'homme. A la même place. D'ici, il ne pouvait pas voir avec exactitude quelle était la direction de son regard, mais il se prit à penser qu'il le regardait. Et d'une mini force, entre l'envie et l'obligation, il leva son bras pour lui faire un signe. Un signe de main qu'il ne savait pas trop interpréter lui-même, un signe entre "au revoir", "adieu" et "à bientôt".
Rebaissant le bras, il s'assura d'avoir tous ses dossiers et franchit enfin la limite. _________________
C'est sûrement l'Amour qui me fait courir sous la pluie et me glisser dans ton ombre à la faveur de la nuit. |
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