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Jun Sakanoe Lofteur ( 23 ans )

Inscrit le : 05 Jan 2008 Messages : 9
| Sujet: Jun Sakanoe Sam 12 Jan - 20:03 | |
| Nom : Sakanoe
Prénom : Jun
Surnom(s) : C’est assez dur de lui trouver un petit surnom avec un prénom aussi court …
Age : 23 ans et des poussières
Sexe : Masculin
Orientation sexuelle : Après mûre réflexion … Homosexuel !
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Histoire / passé :
Neuf ans … un âge trop jeune pour être brisé et anéanti par autre chose que l’aveu de l’inexistence du père noël. Parfois pourtant, les ailes d’un enfant lui sont arrachées brutalement. Jun Sakanoe est un garçon calme, silencieux, très sérieux. C’est son caractère qui le pousse à attendre sa mère pendant plus de deux heures à la sortie de l’école, sans rien dire, sans se plaindre, sans bouger. Sa maîtresse vient de fermer l’école après l’étude, et s’interroge sur la présence du petit bout de chou qui tremble de froid sous le ciel d’hiver. Un coup de fil à sa mère reste sans réponse, un autre à son père lui annonce que Mr Sakanoe est en pleine réunion, mais qu’il aura terminé d’ici une demi-heure. La jeune femme embarque le petit garçon dans sa voiture, bien décidé à le ramener au bureau de son père, mais en arrivant on lui annonce que le patron a quitté l’entreprise il y a à peine dix minutes suite à un appel qui a semblé le bouleverser. D’où provenait ce coup de téléphone ? La secrétaire de Mr Sakanoe lui apporte cette réponse : de l’hôpital. Tokyo est une grande ville, et il faudra presque trente cinq minutes à la voiture pour s’arrêter enfin sur le parking de l’établissement médical où s’est rendu le père de Jun. Quelques minutes plus tard l’enfant se retrouve à l’intérieur de ce bâtiment effrayant aux côtés de son père. Jun déteste cet endroit. Ils appellent ça un Hôpital, mais lui aurait cru qu’il s’agissait d’une Prison. Ce lieu il ne l’aime pas du tout, car il rend son père triste et que le garçon ne peut pas le consoler. Le brun ne comprend pas ce qui se passe, et personne ne prend la peine de lui expliquer que sa mère et sa sœur Kim ont eu un grave accident de voiture en début de soirée, et que l’une d’elles lutte contre la mort.
« Votre fille est saine et sauve Monsieur, mais nous n’avons rien pu faire pour votre femme. Je suis désolé. »
Jun comprend désormais, grâce aux mots de ce médecin. Il ne reverra plus sa mère, car le Seigneur l’a reprise avec lui. Il trouve ça égoïste de la part de cet homme qu’il ne connaît même pas, mais puisqu’on lui assure qu’elle est heureuse il ne peut pas contester cette fatalité. Alors pourquoi son père n’est-il pas capable d’en faire autant ? Pourquoi les éloigne-t-il du souvenir de leur défunte mère en déménageant en Angleterre, ce pays froid et pluvieux que Jun redoute ?
Treize ans … l’âge idéal pour penser au premier baiser. Malheureusement celui-ci arrive rarement au moment où l’on s’y attend le plus, et quelques années passent encore jusqu’au jour où le rêve devient réalité. Pourtant, c’est à la minute précise où Célestin Jonhil décide qu’il est temps pour lui de poser ses lèvres sur celles de son ami, que le rêve devient … cauchemar ! Une main posée sur sa nuque, le corps de sa victime tout proche du sien, un regard charmeur et un sourire ravageur, Célestin a appris sa leçon par cœur. Ses mains deviennent moites et il hésite un instant, mais ses paupières finissent par se baisser et il donne finalement un baiser humide à son compagnon ; un baiser d’amoureux. Voilà comment Jun Sakanoe embrasse pour la première fois de sa vie, les yeux écarquillés, les muscles tendus et l’expression étrangement figée. Ce n’est pas vraiment l’idée qu’il se fait de ce genre de choses, mais à vrai dire il n’a pas réellement songé à quoi peut bien ressembler ce genre de choses … N’est-ce pas censé être un moment unique ? Frissonnant ? La raison de son sursaut pourtant est tout autre, et elle porte le nom de Kim. L’enfant se tient sur le seuil de la porte du grand salon, tenant son ours en peluche derrière Célestin et attirant sans mal le regard étonné du japonais. Il repousse violemment son ami de ses deux mains, mais le drame est fait pour se produire.
« Papa !!! Jun il a embrassé Célestin !!! Pourquoi Jun il a embrassé Célestin ? »
La peste … Elle a fouiné, comme à son habitude. Elle a cafté, comme à son habitude. Mais ce n’est pas de sa faute à lui ! Il n’a pas demandé à recevoir ce baiser tout mouillé. C’est Célestin le responsable, alors pourquoi est-il le seul à recevoir la plus belle raclée de sa vie ? Devant les invités Mr Sakanoe se contente d’un sermon et d’une gentille gifle, mais de retour à la maison il a le droit à cette putain de ceinture qu’il aurait voulu manger pour la faire disparaître à jamais. C’est ce jour précisément que Jun comprend qu’embrasser un garçon, ce n’est pas bien. Son père s’évertue à le lui faire digérer. Un homme embrasse une femme. Un homme touche une femme. Un homme se marie avec une femme. Un homme dégoute un homme. La leçon est acquise et c’est décidé. Plus jamais il ne se laissera embrasser par un garçon !
Seize ans … l’âge tout indiqué pour sortir avec ses potes, se fabriquer de fausses cartes d’identité, montrer un piercing et boire de la bière en espérant finir ‘mort’. Heureusement, certaines soirées restent ‘agréablement’ gravées dans nos mémoires, comme celle de notre première nuit d’amour. Un autre projet en perspective pour Jun et sa bande de copains plutôt … peu recommandables. Le garçon est fou de joie à l’idée de crâner avec la petite sphère d’argent qui trône sur sa langue, il paraît que les filles adorent ça et il est tout disposé à tester l’information. Célestin lui a conseillé de se percer l’oreille gauche, mais Jun a ri en lui faisant remarquer que cette partie du corps est un mot de passe pour les gens comme lui. Mr Sakanoe n’aime pas les fréquentations de son fils, mais Célestin est certainement celui pour lequel il a le plus d’aversion. Un homosexuel est pour lui la chose la plus répugnante que le monde ait créé, un être contre nature pour lequel il a pourtant de la pitié, car un gay a forcément vécu une expérience traumatisante dans son enfance qui l’a poussé à sortir du ‘droit chemin’. Bien sûr Jun ne partage pas son opinion bien qu’il se moque gentiment des homos et de son ami de temps à autres, comme tous les hétéros. Célestin reste Célestin. Présentation de la carte falsifiée, quelques grammes d’alcool dans le sang, de la techno qui casse les oreilles ; les garçons sont prêts à faire la fête. C’est en milieu de soirée que le piercing du jeune Jun fait son effet, sur une jolie blonde qui se dandine près du garçon qui feint l’indifférence. Quelques heures et quelques verres plus tard ils se retrouvent dans la chambre du brun ; son père est en voyage d’affaire pour le week-end … C’est la situation rêvée pour passer à l’acte, pour montrer à tous ses potes qu’il en a dans le pantalon, lui. Manque de bol le lendemain est à l’image de la nuit qu’il vient de passée : désastreux.
« -Jun, je suis rentré plus … tôt … -Merde ‘pa ! Qu’est-ce que tu fous là ?! »
Le garçon aurait juré avoir vu passer sur le visage de son père un sourire vite effacé. Cette fois-ci l’engueulade est étrangement tendre, et Mr Sakanoe finit même par lui affirmer qu’il comprend tout à fait, qu’à son âge c’est naturel d’expérimenter ces choses de la vie … Jun est rouge de honte, d’autant plus que ces ‘choses de la vie’ comme il dit, ne se sont pas du tout passées comme dans les films qu’il regarde sur l’ordinateur. L’autre nana s’est bien moqué de lui devant son … Comment a-t-elle dit déjà ? Impuissance. Il paraît que l’alcool provoque parfois ce genre d’incident chez les garçons, mais c’est quand même sacrément gênant. Pourtant c’est elle qu’il a essayé de saouler, et il l’a d’ailleurs amèrement regretté lorsqu’elle a ri pendant une bonne demi-heure de cette expérience ratée. Quelle conne. Les femmes sont vraiment stupides en plus d’être chiantes !
Dix-huit ans … l’âge de la majorité, de la liberté. Plus de complexes, plus d’autorité parentale. Le paradis peut-il se définir autrement ? Mais dix-huit ans, c’est également l’âge des premières déceptions. Jun a trouvé une jeune fille derrière sa porte ce matin. Une charmante demoiselle du nom de Maggie … ou bien était-ce Marlène ? … Elle a commencé par des sourires timides, des paroles un peu maladroites, mais a fini par poser la question qui fâche, la question dont la réponse a déclenché chez elle une hystérie que Jun ne comprend pas. « Tu te souviens de moi, n’est-ce pas ? » La voilà qui l’insulte et qui pleurniche, qui le pousse et tambourine son torse de ses poings fragiles. Comment peut-il lui lâcher un simple « Non », brutal, déloyal, assassin. Comment peut-il n’avoir aucun souvenir d’elle alors qu’il l’a mise dans son lit il y a à peine trois jours, trois jours ! Le jeune homme comprend maintenant la raison de cette réaction étrange qu’il provoque souvent chez les jeunes filles. Il aurait du s’en douter, ce n’est pas la première fois que ce genre de choses arrive. Mais d’habitude, elles ne viennent pas sonner à sa porte. En vérité Marlène a oublié son petit sac à pois rouges immonde que Jun a balancé à la poubelle, et elle a grand espoir de le récupérer. Il a beau montrer le conteneur qui attend paisiblement les éboueurs sur le trottoir, la demoiselle semble croire à une blague de mauvais goût, et continue de piailler, de pleurer, de le frapper.
« -Mais putain, je connais même pas ton prénom ! -Tu comprends pourquoi maintenant … »
Et la porte se ferme. Elle ne s’ouvre de nouveau que plus tard dans l’après-midi, lorsque Célestin débarque chez son ami pour une soirée entre copains. Cinq garçons, seuls, entre mecs, l’idéal. Ils s’enfilent quelques bières une manette de console entre les mains, racontant leurs dernières aventures en riant fort et en augmentant le volume de la chaîne hi-fi toute neuve de Mr Sakanoe. L’anecdote de Jun remporte le premier prix haut la main, mais le fou rire contagieux ne semble pas atteindre Célestin qui traîne un mal de tête terrible depuis la veille. Un truc tenace qu’il ne parvient pas à faire disparaître avec un flacon d’aspirine. Le japonais lui affirme alors qu’il détient la recette de grand-mère contre ce genre de mal, et qu’il se trouve dans l’armoire à pharmacie de sa salle de bains, deuxième porte à gauche du premier étage. Quinze secondes à peine, peut-être vingt, s’écoulent entre ce moment et celui où Jun décolle du fauteuil pour se précipiter vers l’escalier, soudain traversé d’une pensée qui lui glace le sang. Mais lorsqu’il arrive sur le seuil de la porte c’est déjà trop tard, et son ami tient un flacon de petites pilules qu’il lui montre d’un air totalement ahuri. Son secret, il va devoir désormais le partager.
« -Tu … tu … -Et merde … -Tu prends la pilule bleue ?! »
Vous savez, ces médicaments que l’on donne aux personnes âgées qui sont persuadées de pouvoir procréer jusqu’à 90 ans ? Jun doit bien le reconnaître, de ce côté-là il a un sacré problème avec les filles … Mais merde, ça peut arriver non ? Il essaie de régler ses problèmes tout seul et ça marche. Il aime les filles. Il aime les filles, c’est vrai ! Il veut se prouver que les nanas le font bander, et pour ça il est prêt à tout.
Dix-neuf ans … l’âge parfait pour passer un réveillon fantastique, gouter de l’alcool fort, casser un vase dans la maison d’un ami, fumer des joins et sortir dans la rues en criant : Bonne Année ! Ce genre de souvenir s’oublie rarement, surtout lorsqu’il comporte une expérience très … particulière. Beaucoup d’éléments viennent contrarier Jun ces derniers jours. Ses partielles sont dans quelques semaines, il a attrapé un virus de saison, et pire ! Il a décidé de se stabiliser avec Karin. C’est une jeune fille tout à fait charmante que son père apprécie énormément, et certainement plus que lui … Tout le monde est heureux de ce nouveau couple, sauf Jun. Cette fille il s’en contrefout, et il regrette déjà de lui avoir promis une relation stable et durable. Quel con ! Mais cela ne l’empêchera pas de passer un excellent réveillon, ça non. Le garçon est déterminé, sa soirée sera inoubliable. Vodka, foie gras, feu de cheminée, tabac à volonté et jolies filles, tout est réuni pour que ce vœu s’accomplisse, et croyez-moi il obtiendra satisfaction. Une heure du matin. Le japonais est affalé dans un canapé, les yeux rivés sur Célestin qui explore minutieusement la bouche d’un inconnu sur lequel il s’est jeté quelques minutes plus tôt. Une moue de dégoût se dessine sur son visage tandis qu’il observe ce spectacle. Il est en train de penser que ce mec est affreusement mal habillé, que son visage est couvert de boutons et que Célestin devrait cibler une autre proie. Ou s’abstenir … Il pose son verre sur la table avant que son ami le rejoigne, son sourire s’effaçant devant la moue crispée de Jun.
« -Et alors, pourquoi tu fais cette tête d’enterrement ? -Tu sais que ce mec est moche ? -Jun … tu es jaloux ? »
Jaloux ? Très drôle … Non, il n’est pas jaloux, et n’a aucune raison de l’être. Il veut seulement lui épargner les regrets du lendemain, rien de plus, ce n’est pourtant pas difficile à comprendre. Alors pourquoi Célestin sourit bêtement avant d’approcher ses lèvres des siennes pour lui donner un second baiser ? Langoureux. Sucré. Bien mieux que celui qu’il a partagé avec Jun il y a six ans de ça. Peut-être qu’il agit de cette façon pour l’emmerder, ou pour plaisanter. Peu importe, Célestin le paiera … Le lendemain toute la FAC est au courant. Jun a collé un poing dans la figure de Célestin, comme en témoigne un cocard violet qui s’étend comme une flaque autour de l’œil droit de la victime. Le japonais se sent affreusement coupable d’avoir réagi d’une manière aussi puérile, mais c’est juste qu’il s’est juré solennellement que ce genre d’incident n’arriverait plus.
« -Célestin, j’suis vraiment désolé tu sais, j’ai réagi comme un parfait imbécile. Tu peux me le rendre si tu veux. -Jun … -Je sais, tu dois me haïr. Mais s’il te plaît, laisse-moi une chance de me faire pardonner. -Jun … -Tu sais je … -Putain Jun, j’en ai rien à foutre de ce cocard de merde ! J’ai la … S.L.A … »
La quoi ? S L A ? Qu’est-ce que c’est que ce truc ? Une infection ? Un virus ? Ce n’est pas grave, n’est-ce pas ? |
|  | | Jun Sakanoe Lofteur ( 23 ans )

Inscrit le : 05 Jan 2008 Messages : 9
| Sujet: Re: Jun Sakanoe Sam 12 Jan - 20:04 | |
| Vingt ans … l’âge où l’innocence nous quitte. Les blessures se creusent et les doutes nous tourmentent, mais certaines souffrances se transforment en tragédie et jamais, jamais nous ne pouvons les chasser. Installé sur un banc près du lac où il s’est baigné tant de fois, subissant les assauts de la pluie sans bouger, Jun espère que ses larmes se confondront avec les gouttes que lui envoie le Seigneur, comme un signe de compassion à sa douleur. La S.L.A n’est pas un virus passager qui disparaîtra et lui rendra son ami en pleine forme, c’est une maladie incurable qui le conduira indubitablement entre les bras de la mort. Célestin va mourir. Célestin va mourir. Célestin va mourir. Cette pensée martèle son esprit et il se hait maintenant, de toutes ses forces. Pourquoi ? Il ne le sait pas vraiment. Mais il se sent coupable, terriblement coupable. Il est allé voir Célestin aujourd’hui, mais Jun aurait préféré qu’il s’abstienne de lui ouvrir la porte. Dans la pièce il y avait un autre jeune homme ; dix-huit ans à tout cassé, plutôt canon, remontant la braguette du jean qu’il venait de remettre en hâte. Son ami est comme ça depuis qu’il sait. Il baise n’importe qui n’importe quand, comme s’il essayait de battre un record stupide avant de … Mais Jun n’a aucun droit après tout, et aucune raison non plus d’éprouver ce sentiment de jalousie qui lui tord les entrailles. Célestin ne lui appartient pas.
« -Pourquoi tu fais ça ? -Il faut bien que je profite de mes derniers jours, tu n’es pas de cet avis ? »
Non. Il n’est pas de cet avis. Peut-être aurait-il du lui dire, peut-être cela aurait-il changé bien des choses … D’autant plus que le pied qu’il a dans la tombe est solide, et il marche encore seul. Il n’est pas mort, mais bien sûr son état peut se dégrader d’un jour à l’autre, sans prévenir. Et là, ce sera terrible. Jun se recroqueville sur son banc, fermant les yeux pour oublier le souvenir de son ami, mais rien n’y fait. Il ne veut pas le voir réduit à une pierre froide et grise, gravée de petits caractères indiquant son trop jeune âge. Il refuse d’admettre qu’un jour il se rendra sur la tombe de Célestin Jonhil, car il aurait préféré que ce soit le français qui dépose un bouquet sur la sienne. Une chose est certaine, il ne le laissera jamais tombé. Jamais !
Vingt-et-un ans … un âge où parfois, les vraies questions se posent enfin à nous. Mais rare sont ceux qui savent y faire face, et trouver la bonne réponse se révèle être encore plus difficile. Leur couple n’est qu’une façade, Jun et Karin en ont tout deux parfaitement conscience. Il est temps pour eux d’arrêter de jouer la comédie, puisqu’ils n’ont rien en commun avec tous ces gens qui s’aiment et se tiennent la main. C’est la jeune fille qui décide d’avoir une conversation sérieuse avec son petit ami, et le japonais sait déjà à quoi s’attendre. Mais il a beaucoup d’affection pour Karin, et ne la considère pas comme une simple nana indigne d’intérêt, stupide et casse pied, comme la plupart de ses semblables aux cheveux longs. C’est d’ailleurs pour ça qu’il lui demande un service, un énorme service qu’elle peut refuser bien sûr. Qu’ils cessent de faire semblant devant le monde entier il est d’accord, mais si son père pouvait être exclu de cette catégorie cela l’arrangerait bien. Ce qu’il lui demande clairement, c’est de jouer le jeu encore pendant quelques mois devant son père, juste le temps qu’il se casse de la maison familiale. Karin accepte, car elle connaît bien Mr Sakanoe et sait qu’il a une grande estime pour elle, même si mentir n’est pas dans ses habitudes. Jun mérite d’être aidé, mais elle ne comprend pas vraiment pourquoi il lui demande une telle faveur. N’est-il pas capable de se retrouver une autre copine, avec toutes les minettes qui lui tournent autour ? Non, le japonais n’en a pas envie. Il souhaite se concentrer sur ses études et exclure les femmes de sa vie quelques temps. Etre seul, cela lui fera le plus grand bien. C’est cette déclaration qui pousse la jeune anglaise à poser LA question qui tue, une interrogation qui était pourtant suspendue à ses lèvres depuis des mois.
« -Jun, je me demandais tu sais … Comme tu restes beaucoup avec Célestin et que vous vous connaissez depuis longtemps … Tu ne crois pas que tu … éprouves peut-être … -Tu penses que je suis un pédé, c’est ça ? »
C’est ça. Le plus étrange c’est que le garçon ne nie pas immédiatement, mais n’affirme pas non plus. Son père a toujours détesté Célestin, peut-être est-ce uniquement la raison pour laquelle il s’est attaché au jeune homme. Par pur esprit de contradiction. D’un autre côté il ne peut écarter le fait qu’un simple baiser lui ait fait carrément tourner la tête, mais à chaque fois qu’il y pense, il trouve une explication foireuse. C’est sûrement parce qu’il s’agit de Célestin que c’est arrivé, parce que c’est un garçon qu’il aime beaucoup, amicalement parlant. En fait cette question il se la pose aussi, de plus en plus souvent ces derniers temps. Il s’est énervé, s’est borné à nier, à ne plus y penser. Il a songé à cette ceinture qui avait hanté son esprit pendant son adolescence, et aux paroles de son père. Il ne veut pas être homosexuel, il ne veut pas décevoir l’homme qui l’a élevé seul toutes ces années. Il ne souhaite pas être rejeté, parce que c’est ce qui arrivera certainement s’il lui fait par de ses doutes. Son père ne lui adressera plus jamais un mot, et niera l’existence même d’un fils. Pourquoi serait-il différent des autres après tout ?
« Non. Je ne suis pas comme lui. »
Vingt-et un ans … un âge que nous croyons adulte. Mais nous ne sommes toujours que des enfants dépendants de nos parents. Et il est si difficile de lutter contre leurs décisions, aussi injustes soient-elles. La porte claque et Mr Sakanoe apparaît sur le seuil de la porte, une valise en main.
« -Cette valise est pour toi Jun. Monte dans ta chambre préparer tes affaires, on décolle pour les Etats-Unis demain à 8h. -Je ne quitterai pas Célestin Papa. -Et moi, je ne laisserais pas ce pédé gâcher la vie de mon fils en jouant les malades imaginaires ! »
C’est fou comme un homme peu devenir coléreux et méchant dans ses propos lorsqu’il s’agit du ‘bien’ de son enfant. Cet homme précisément a reçu une offre d’emploi aux Etats-Unis, et là-bas, il a trouvé pour son fils une école de journalisme qui rejoint ses études actuelles, un établissement réputé qui lui ouvrira de grandes portes en cas de succès. Bien sûr Jun ne veut pas suivre son père et sa sœur, il se fout éperdument de cette école. Mais il ne peut pas mentir à son géniteur en prétendant qu’il désire rester auprès de Karin, parce qu’il sait que c’est Célestin qu’il refuse d’abandonner. Il ne veut pas se retrouver dans un avion pris de remords, pensant à son ami malade sans pouvoir toquer à sa porte, lui parler, le toucher. L’état de ce dernier s’est gravement dégradé depuis deux ans. Célestin est cloué dans un fauteuil roulant à cause de ses jambes et devient fou, odieux. Mais Jun veut rester auprès de lui, parce qu’il est le seul qui parvient à le faire encore rire. Parce qu’il refuse d’apprendre la mort de son ami par téléphone. C’est pour toutes ces raisons qu’il prend cette valise et qu’il la remplie de toutes ses affaires. Pourtant sa destination n’est pas l’aéroport, et son père le comprend bien. Sa sœur aussi visiblement, car elle a les larmes au bord des yeux. Cela lui fait du mal de laisser partir sa cadette, mais il la reverra quand tout ici sera terminé, il lui en fait la promesse. Le voilà marchant dans une rue qui lui est désormais très familière, et s’arrêtant devant la porte d’un immeuble chic. Un ascenseur, trois marches et quelques pas plus tard, il se retrouve finalement dans l’appartement de Célestin, posant sa lourde valise sur le sol en souriant.
« Tu m’héberges ? »
Vingt-deux ans … l’âge où la vie prend une tout autre dimension. Des nouvelles terribles nous accablent. Des choix sont faits. Des solutions sont recherchées. Nous grandissons, tout simplement.
Un choix Célestin est encore de mauvaise humeur ce matin. Sept heure trente, et il commence déjà à gueuler. Les œufs brouillés sont ratés, la confiture est périmée, les assiettes sont mal lavées … Tout est un bon prétexte pour le faire marmonner des injures toutes plus charmantes les unes que les autres, mais Jun garde sa sérénité et sa gaité malgré les reproches de son ami. Il a appris à vivre avec, même si les premières semaines ces crises de colère ont été difficile à supporter. Il a compris que la meilleure chose à faire est d’attendre qu’il se calme, parce qu’il finit toujours par regretter et excuser son comportement. Il n’aime pas être comme ça. Mais comme tous les malades qui souffrent, il est parfois instable. Célestin s’est rendu près du feu après le petit déjeuner, et il a attendu que le japonais finisse de se préparer pour, une fois de plus, lui demander pardon pour son attitude. Jun sourit, comme il le fait d’habitude, et pose ses deux mains sur les accoudoirs pour regarder son ami dans le blanc des yeux. Ce n’est pas important qu’il s’énerve, le principal est qu’il redevienne le Célestin qu’il connaît. D’ailleurs, il devrait l’accompagner à la FAC, mais sa tentative est une fois de plus un échec. Le français ne voit pas l’intérêt de poursuivre les cours alors qu’il peut profiter des jours qui lui reste en se prélassant devant ce feu, en se faisant des parties de foot virtuelles interminables, ou en finissant tous les livres de sa bibliothèque. Ce n’est pas tant pour les cours que Jun s’inquiète, plutôt pour la vie sociale désormais restreinte de Célestin. Il devient de plus en plus fermé au monde extérieur, et accepte rarement de la visite. Pour le convaincre, ou simplement parce qu’il en a envie, Jun glisse ses doigts dans les cheveux blonds de son ami. Ils sont doux, agréables à toucher, comme sa peau. Puis il sourit, et lui rend ce baiser qui ne s’était pas terminé d’une façon très heureuse. Long, délicieux, enivrant.
« -Tu sais, ce baiser est le plus incroyable que j’ai échangé de toute ma vie … -Et tu me dis ça maintenant, alors que j’vais crever ! »
C’est vrai. Il aurait pu lui dire il y a longtemps, bien longtemps. Mais il n’a plus peur maintenant. Son père n’est pas là pour surveiller et critiquer ses faits et gestes, pour lui servir de ‘Surmoi’ et l’empêcher par la pensée d’embrasser ou de toucher un homme. Il s’est voilé la face pendant trop de temps, mais il est prêt à accepter d’avoir une attirance pour un garçon. Il a beaucoup réfléchi, et il ne peut pas nier ces sentiments qui le submergent chaque fois qu’il plonge son regard dans celui de Célestin, chaque fois que ses doigts effleurent les siens ou qu’il songe à ce qui aurait pu se passer si seulement il avait eu le courage de s’assumer. Mais il n’est pas sûr d’être comme lui, d’être vraiment gay. Après tout il n’éprouve ça que pour son ami. Pourtant quand il pense au défilé de filles qu’il a eu dans sa vie, aux pilules bleues qu’un jour le français a découvert, aux innombrables baisers sans intérêt qu’il a donnés et reçus … Cela ne peut signifier qu’une chose. Il faut qu’il vive sa vie, et non pas celle que souhaite son père pour lui.
Une macabre découverte Mr Simhon leur a encore pondu un cours ennuyant à souhait, une longue et interminable explication sur les dangers du métier de journaliste. Cela aurait pu lui plaire, s’il n’avait pas prononcé une infinité de ‘Euh … alors … oui’, et si un éclat d’intérêt pour le sujet avait éveillé le regard morne de son professeur. Jun rentre donc de la FAC complètement vanné, mais il sait que la présence de Célestin lui rendra la motivation nécessaire pour terminer son compte rendu. Il tourne la clé dans la serrure en sifflotant, signale son arrivée en allumant la lumière du couloir et balance son sac dans l’escalier, mais son entrain est de courte durée. En pénétrant dans le salon son regard aperçoit le fauteuil roulant vide de son ami, et de nombreux flacons de médicaments éparpillés sur le sol, vides eux aussi. Son sang ne fait qu’un tour et son cœur rate un battement, mais il ne tarde pas à trouver Célestin, ou plutôt son corps inerte appuyé derrière le canapé. Jun tombe sur les genoux et il ne trouve rien de mieux à faire que de secouer le blond en espérant qu’il soit juste endormi, qu’il lui fasse une mauvaise blague et qu’il ouvre les yeux en riant. Mais ce n’est pas comme ça que ça se passe, et le jeune homme sait qu’il est déjà trop tard pour sauver Célestin. Sa peau est trop pâle et son corps trop froid pour qu’un souffle de vie l’habite encore. Pourtant Jun appelle les secours, juste au cas où, parce qu’après tout il ne connaît rien à la mort.
« Je t’en supplie … je t’en supplie … me laisse pas ... »
Ses supplications sont vaines, et le garçon finit par serrer Célestin dans ses bras, aussi fort qu’il lui est possible de le faire. Puis il se met à pleurer … Pourquoi ? Pourquoi son ami a choisi de l’abandonner, volontairement, alors que lui est resté ? Egoïste … A cet instant précis Jun regrette d’avoir un cœur. Il aimerait que le sien soit fait de pierre pour ne pas avoir à éprouver cette douleur, cette incompréhension, cet amour retenu depuis si longtemps. Célestin lui a laissé une lettre sur la table. Pas une longue lettre d’adieu dans laquelle il lui aurait fourni toutes les explications, où il se serait fondu en excuses et où il aurait dévoilé ses dernières émotions. Non, simplement deux mots que seul Jun peut comprendre : « Moi aussi. »
Une solution toute indiquée Sous la lettre que Célestin a déposée avant sa mort, un billet d’avion pour les Etats-Unis, Seattle, attend sagement l’arrivée de son futur propriétaire, ainsi qu’un papier indiquant que la vente de l’appartement a été effectuée deux jours plus tôt. Un mince soulagement pour Jun, qui se sent terriblement coupable de la révélation qu’il lui a faite le matin de son suicide, mais une souffrance supplémentaire pour n’avoir pas senti que Célestin avait pris cette décision bien avant qu’il n’agisse. Une semaine plus tard le japonais prend donc ce fameux vol qui le conduira auprès de son père et de sa sœur, encore rempli du souvenir des obsèques tristes à mourir de son ami. Il faudra bien qu’il arrive à contenir son chagrin, et se concentrer sur ce qu’il va trouver en se rendant dans ce pays inconnu l’aide à détourner ses pensées. Personne ne l’accueille à l’aéroport bien entendu, car il a choisi l’effet de surprise à l’engueulade téléphonique. S’il avait prévenu son père, il aurait sans doute changé d’avis au cours de la conversation. Une heure plus tard Jun Sakanoe sonne à l’adresse indiquée sur un vieux morceau de papier qu’a griffonné sa sœur avant de partir, mais ce n’est pas un membre de sa famille qui lui ouvre la porte. C’est une femme, grande, américaine, blonde, bronzée, enceinte. Elle s’appelle Dorothy, Dorothy Sakanoe. A l’annonce de son nom de famille Jun est pris d’une quinte de toux, s’étouffant avec sa propre salive. S A K A N O E ? Comme lui ? Trop étrange pour être une coïncidence … Son père est à l’intérieur de la maison, et semble très surpris de voir son fils, mais très heureux. Quel hypocrite … Et Kim, où est-elle ? Elle a commencé la FAC au Japon, et loge chez la sœur de leur mère. Dommage, il l’a ratée de peu. De toute façon Jun n’est pas venu pour des retrouvailles émouvantes, il veut mettre les choses au clair avec son géniteur, et pour ça il a besoin de se vider le cœur. Il sait qu’il repartira seul et sûrement les mains vides, mais il veut que son père sache qui il est vraiment, et ce qu’il sera toujours. |
|  | | Jun Sakanoe Lofteur ( 23 ans )

Inscrit le : 05 Jan 2008 Messages : 9
| Sujet: Re: Jun Sakanoe Sam 12 Jan - 20:07 | |
| « -Papa, Célestin est mort. -Oh, je vois … Je suis désolé que cette maladie ait fini par l’emporter … -Il s’est suicidé en fait. -Ah … -Mais … ce que je voulais surtout te dire c’est que … je suis gay. Et je sais que tu auras du mal à l’accepter … mais peut-être que si tu fais des efforts. Enfin je voulais juste que tu saches qui je suis au cas où tu … -Enfin Jun, tu es totalement idiot ou quoi ? Ce garçon t’a complètement monté la tête ma parole ! Tu veux vraiment être une pédale ? Attraper le Sida ? -Je savais que tu dirais ça, mais au moins j’ai essayé. -Tu es vraiment un petit con. Tu reviens uniquement pour me dire ça ?! -Et c’est toi qui m’accuse ? En seulement un an tu te tapes une nana que tu fous en cloque, tu lui passes la bague au doigt et tu vires Kim de votre vie. Félicitations, c’est toi qui obtiens la médaille du plus gros connard que la terre ait jamais porté ! » Cette fois-ci leur relation est définitivement morte. Ce mec n’est pas son père, c’est impossible. Cet homme est un pauvre imbécile à l’esprit étroit, incapable de sentiment. L’épreuve traumatisante de sa vie à lui, ce serait d’avoir eu un père comme ce crétin. Il parvient quand même à soutirer quelques billets à son géniteur avant de quitter leur beau petit nid douillet, et prend un train en direction de Los Angeles, la ville des anges. Là bas un ami de Karin pourra l’héberger, c’est en tout cas ce qu’elle lui a dit. Il s’appelle Jordan, il est super canon et en plus … il est gay.
Vingt-deux ans … un âge un peu tardif pour des premières expériences. Mais selon l’adage bien connu, mieux vaut tard que jamais. Attention tout de même à l’inconnu, car il peut apporter des mauvaises surprises sous son bras. Karin n’a pas menti. Jo est un garçon vraiment super, et cela fait maintenant cinq mois qu’il a initié son colocataire aux plaisirs de la chair entre hommes, une délicieuse expérience que Jun aura du mal à oublier. Mais l’américain est aussi ce genre de mec qui finit saoul chaque fois qu’il sort, recherche le nirvana à travers de la poudre blanche, et ramène un garçon différent chaque soir dans son pieu. Bref, pas le genre à entretenir une relation, et ce n’est pas non plus ce que désire le japonais. Son origine ethnique est un véritable coup de pouce dans cette ville, et Jun découvre avec étonnement les bars gays, les boîtes de nuit remplis de beaux jeunes hommes à la recherche d’un partenaire … Mais dans la foulée il intègre des soirées de folie rendues possible grâce à la drogue, et il n’échappe pas aux nuits où la dernière préoccupation est de penser à se protéger des éventuelles maladies sexuellement transmissibles. Le revers de la pièce, un revers qui peut tuer. Bien sûr l’un de ses amis tente toujours de raisonner les deux ‘inséparables’ comme on les appelle, c’est un garçon qui fait preuve de Modération dans chaque chose qu’il accomplit, et il a certainement raison. Le problème c’est que Jun a l’impression d’avoir gâché les huit dernières années de sa vie, et il en a marre de réfléchir, de se poser, de se brider. Le monde de la nuit est devenu son monde aussi, un milieu dans lequel il peut évoluer sans crainte, et n’en retirer que du plaisir. Pourtant c’est une toute autre facette qui va lui apparaître le 24 Septembre de l’année de ses vingt-deux-ans, alors qu’il fait entrer le garçon avec qui il a couché la semaine dernière dans l’appartement qu’il partage avec Jo. Il s’appelle Dean, c’est un mec sympa et sacrément culotté, mais pour le coup il semble abattu, effrayé, désemparé. Jun et Jordan l’entourent sur le canapé, lui jetant des regards interrogateurs pour qu’il crache le morceau, ce qu’il fait sans vraiment se faire prier.
« -Je veux d’abord que tu saches que je savais pas la semaine dernière Jun, sinon j’te jure que jamais j’aurais fait ça. -Tu me fais peur Dean … -Mon père tu sais … veut que je rentre dans l’armée, et si j’y passe un an il arrête de me casser les couilles, alors j’ai accepté. Le truc c’est qu’ils te font passer des tests pour voir si t’es en bonne santé, si tu vas pas leur claquer entre les doigts. -… Accouches putain ! -Ils ont dit que j’avais le virus … -Le VIH ? Tu te fous de ma gueule Dean ? Dis-moi que tu t’fous de ma gueule ! »
Il a beau le secouer comme un prunier, le garçon se contente de pleurer et de se fondre en excuses, lui faisant toutefois remarquer que lui non plus n’a pas pensé à prendre ses précautions, et que ce n’est pas entièrement de sa faute. Jun le sait bien sûr, mais pour le moment il a plutôt envie de lui tirer une balle dans la tête que de remettre ses choix en question. Jo est obligé de séparer les deux jeune hommes pour éviter qu’ils se retrouvent dans la tombe plus tôt que prévu, et tente de rassurer son ami en lui affirmant qu’il y a de grande chance pour qu’il ait échappé à la contamination, qu’il ne faut pas se mettre dans tous ses états sans savoir. Mais le truc, c’est que Jun crève de frousse, et qu’il redoute d’aller chercher ces putains de résultats. Imaginez qu’il soit positif … Si Dieu existe vraiment, c’est le moment pour lui de pointer le bout de son nez.
Vingt-trois ans … l’âge où il est parfois temps d’arrêter les conneries. Retrouver une sœur disparue, recommencer une nouvelle vie, c’est le souhait le plus cher de Jun Sakanoe. Le test était négatif, mais Jun a tiré une leçon de cette effrayante expérience. Plus jamais il ne baisera sans capote. Plus jamais il ne se défoncera à la cocaïne. Plus jamais il ne sera ivre avant de prendre la décision de coucher avec un mec. Des bonnes résolutions qu’il pourra tenir en retournant au Japon voir sa petite sœur Kim, ce qu’il a envie de faire depuis très longtemps. Cela fait presque deux ans qu’il ne l’a pas vue, mais sa joie à elle, n’est pas feinte. Il n’a jamais été si heureux de retrouver quelqu’un, une personne qu’il connaît bien, qui partage le même sang que lui et qui est tout simplement formidable. Sa tante se montre également très compréhensive en lui proposant le gîte et le couvert, et même si Jun est gêné d’accepter sa proposition il est bien obligé de le faire pour éviter de dormir sous les ponts. Cependant il se met vite en quête d’un autre endroit où il pourrait crécher, et surtout d’un petit boulot. Il refuse de poursuivre ses études en se faisant entretenir, et parvient à décrocher un travail au journal local. Mais le hic c’est que les individus de cette boîte se tirent tous entre les pattes, et l’un des rédacteurs le surprend un jour au bras d’un homme, sans que ce spectacle puisse signifier autre chose que : Jun le petit nouveau est Gay. Le voilà embarqué dans une histoire de chantage tordu, d’un homme rejetant les gars de son espèce, un autre Mr Sakanoe … Qu’il a horreur de ce genre de cons.
« Va te faire foutre »
Malheureusement cette réplique va lui coûter son boulot, car apparemment le boss n’a plus besoin de ses services. Il faut l’excuser, c’est que son affaire connaît quelques difficultés financières. Traduction : les pédés ne sont pas les bienvenues. Décidemment, il ferait peut-être mieux de refouler toute sa vie, de se trouver une fille qu’il n’aime pas et de lui faire des gosses un soir où il parviendrait à bander sous l’effet de l’alcool. Ou bien en prenant ces pilules qu’il avait l’habitude d’ingurgiter quand il était encore un adolescent. Il sourit toujours à cette pensée … mais elle lui rappelle indéniablement Célestin. Célestin … que son souvenir semble si lointain. Cette douleur lui serre le cœur chaque fois qu’il repense au blond, et c’est pour ça qu’il évite d’y penser tant qu’il le peut. Il se demande toujours ce qui se serait passé si son ami n’avait pas contracté la S.L.A. Sa vie aurait sans doute été totalement différente … Un ami gay lui parle alors de Kobe, cette ville voisine qui abrite selon lui, quantité d’homosexuels en quête d’un logement. Lui n’en a rien à foutre, parce qu’il a un copain, un appartement et une vie amoureuse sensationnelle. Mais Jun … cela pourrait grandement l’aider. La gratuité est le mot d’ordre, ce qui étonne le jeune homme bien entendu, puisqu’il ne croit pas vraiment cet ami dans les premiers temps. Il préfère jouer son argent dans des parties de poker qu’il remporte plus ou moins, jusqu’au jour où tout ses petits billets lui file entre les doigts. C’est ce jour là qu’il s’intéresse de plus près à ce refuge, qui serait une occasion pour lui de soulager sa tante de sa présence, tout en pouvant garder le contact avec sa sœur habitant une ville très proche de Kobe.
The End ! (Avouez, vous éprouvez un soulagement sans nom xD)
Description physique : Jun est un garçon qui ne s’entretient pas toujours très bien, et cela se voit. Cheveux en bataille, chemise mal boutonnée qui dépasse du pantalon, jean troué, chaussettes dépareillées. Bref, il n’est pas toujours attentif à son apparence, sans être totalement négligé. Il est quand même bien habillé, séduisant, sauf que quelques détails par-ci par-là traduisent son manque de concentration dans l’amélioration de son aspect physique. La perfection n’existe pas de toute façon, inutile donc de la rechercher. Après tout, comme on le lui a souvent répété, il est mignon et cela suffit largement. Il faut savoir qu’il a toutefois une préférence pour les beaux kimonos, qu’il enfile souvent lorsqu’il est seul, et qu’il adore se balader pieds nus. Il faut dire que son corps, lui, fait l’objet de ses attentions. Musclé, svelte, souple, sa silhouette est très agréable à l’œil et au toucher. Il est plutôt grand, sans être un géant, mais ne pèse pas bien lourd. Il mange bien sûr, mais a du mal à grossir, ce qui n’est pas spécialement un inconvénient pour le moment. Sa peau très pâle, caractéristique héritée de sa défunte mère coréenne, est d’une douceur que beaucoup de femmes pourraient lui envier, mais ce n’est pas vraiment rare pour un garçon de son origine et de son âge. Un piercing trônait sur sa langue il y a quelques années, mais il l’a enlevé deux ans plus tard et aucune trace d’une quelconque mutilation n’apparaît. Par contre, de faibles cicatrices marquent son corps ça et là, des endroits où son père n’y est pas allé de main morte. Sa peau garde ce genre de maltraitances, mais ce n’est pas non plus flagrant. Ses cheveux, d’une texture très agréable, sont d’un noir de jais. Ses mèches sombres arrêtent leur course au milieu de sa nuque, et viennent souvent gêner son regard sans qu’il n’ait jamais voulu les raccourcir. Elles encadrent un visage aux traits fins et réguliers, aux pommettes hautes et aux lèvres pâles mais sensuelles. Deux yeux d’un bleu étonnant, très clair, s’ajoutent à ce joli tableau, profonds, attentifs, charmeurs.
Relations humaines : Que dire du caractère de ce jeune homme … Eh bien d’abord il faut savoir que si vous traitez les gays comme des merdes, que vous le blâmez à cause de sa sexualité il ne vous fera pas de cadeau. S’il y a bien quelque chose qu’il ne supporte pas, ce sont les accusations incessantes dont on accable les homosexuels. La perte d’un père et d’un boulot l’ont poussé dans ses retranchements sur la question, et il n’y a pas moyen de l’en faire démordre. Il a essayé de comprendre ces imbéciles, mais il n’y est pas parvenu, et ils ont le chic pour le mettre en pétard. Pourtant, même s’il est très énervé par le comportement d’un individu, il garde généralement son calme et envoie des piques plus subtiles, cherchant la petite chose qui peut faire vraiment mal au lieu de monter la voix. C’est pour ça qu’il ne vaut mieux pas l’emmerder, car la vérité est son arme la plus efficace, et il n’a aucun scrupule à la balancer en pleine figure de quelqu’un qui le mérite. Pour les autres il est plutôt ‘normal’, ni trop niais et prêt à tout pour plaire, ni trop froid et silencieux. C’est un jeune homme fêtard qui aime sortir et voir du monde, ce qui n’est pas toujours très heureux puisqu’il a tendance à abuser des vices. L’alcool est son principal ennemi, car il a du mal à s’arrêter lorsqu’il commence, surtout si on lui propose des verres. Et il fait beaucoup de ravage chez Jun, parce qu’il ne supporte pas très bien ce dangereux liquide, le poussant à agir comme il ne le ferait jamais en temps normal, et à dévoiler des informations qui feraient mieux de rester secrètes. Il fume beaucoup aussi, mais il essaie d’arrêter. C’est ce qu’il vous dira toujours, pourtant ce n’est pas une grande vérité. La vérité, parlons-en. Jun y est très attaché, et même quand elle fait mal il préfère la connaître. Il ne tolère pas le mensonge, quel qu’il soit, ce qui peut être embêtant parfois. Lui ment rarement, il se contente d’omettre pour qu’on ne puisse rien lui reprocher. Mais c’est bien la seule vertu morale à laquelle il porte une si grande importance. On ne peut pas le qualifier de ‘saint’, et il ne peut donc pas blâmer les autres pour des actes qu’il accomplit lui-même. Concernant la religion d’ailleurs il n’est plus vraiment un fervent admirateur du Seigneur qui lui a pris sa mère, n’accueillera pas Célestin au ciel parce qu’il est gay et suicidé, et qu’il rend des gens très cons à propos l’homosexualité avec ses saintes paroles. Pourtant dans son adolescence, il y croyait dur comme fer, peut-être pour se persuader que sa mère était heureuse … Sinon il est tout à fait vivable, il s’adapte à tout, écoute beaucoup et donne pleins de conseils à ne pas toujours suivre. Son humour particulier le pousse parfois à faire des remarques ambigües que l’on ne sait pas comment prendre, mais généralement en cas de doute, mieux vaut ne pas les prendre au sérieux. Il fait de nombreux sous-entendus pour provoquer, sans jamais souhaité qu’on y accorde une importance capitale. Il se fout qu’on pense du mal de lui, qu’on l’insulte, qu’on crache derrière son dos. Il est tout à fait en paix avec lui-même. Mais si cela émane d’une personne qu’il apprécie, cela pourra peut-être le blesser. Les individus qu’il fréquente sont nombreux, ceux qu’il aime réellement sont plus rares. Il n’a généralement pas de mal à s’entourer, mais choisir ses amis les plus proches reste un exercice délicat. Une chose pourtant reste trouble pour tous : une grand partie de son passé.
Autres : Je crois que c’est tout ! |
|  | | Munoto Abe Mun a n'Em ( 21 ans )

Age : 22 Inscrit le : 07 Déc 2005 Messages : 999
| |  | | Jun Sakanoe Lofteur ( 23 ans )

Inscrit le : 05 Jan 2008 Messages : 9
| Sujet: Re: Jun Sakanoe Dim 13 Jan - 19:12 | |
| Olala xD Un grand merci à toi ^^ Si tu savais comme cette validation me fait plaisir ! Ah ben oui j'ai bataillé sur cette fiche Lol, j'ai du refaire chaque partie deux ou trois fois ... Bon en contrepartie le physique n'est pas trop développé mais bon, on a compris que c'est un bogoss quoi *s'étouffe* (je plaisante hein xD quoique ...) Il me tarde de jouer sur le fofo ^^ (enfin après mes charmantes partielles bien sûr )
Merci encore !! |
|  | | Faye Beaggan Lofteur ( 23 ans )

Inscrit le : 24 Aoû 2007 Messages : 66
| Sujet: Re: Jun Sakanoe Dim 13 Jan - 19:27 | |
| Ugh ami de l'alcoolisme *se fait frapper par Faye : fallait pas le dire* et bienvenue dans le monde de la débauche \^^/ (oupas...)
*s'en va flooder/squatter/boire/fairedeschosespascatho ailleurs* |
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